L’im­pôt à la source convainc deux Fran­çais sur trois

La ré­forme reste po­pu­laire pour une ma­jo­ri­té de Fran­çais, se­lon un son­dage Elabe pour « Les Echos ».

Les Echos - - FRANCE - Re­naud Ho­no­ré @r_­ho­nore

Le psy­cho­drame de sep­tembre n’a pas eu trop d’ef­fets. Mal­gré les in­quié­tudes d’Em­ma­nuel Ma­cron éta­lées sur la place pu­blique à la ren­trée, le pré­lè­ve­ment à la source de l’im­pôt sur le re­ve­nu reste po­pu­laire au­près des Fran­çais. Au to­tal, 65 % d’entre eux ac­cueillent fa­vo­ra­ble­ment cette ré­forme qui en­tre­ra en vi­gueur en jan­vier pro­chain, se­lon un son­dage Elabe pour « Les Echos ». « Le sou­tien reste éle­vé, alors même que le gou­ver­ne­ment a sem­blé prêt à un mo­ment à re­non­cer », note Vincent Thi­baut, char­gé d’études chez Elabe. Le nombre de par­ti­sans est en­core su­pé­rieur chez ceux dont le paie­ment de l’im­pôt sur le re­ve­nu est dé­jà men­sua­li­sé (78 %), et moindre chez ceux… ne payant pas l’im­pôt (60 %).

Autre preuve que l’hé­si­ta­tion pré­si­den­tielle n’a pas eu pour l’heure de consé­quence fâ­cheuse sur le ju­ge­ment po­pu­laire, le ni­veau d’in­quié­tude reste me­su­ré (36 % des Fran­çais) à l’ap­proche de ce big bang fis­cal. C’est un peu moins le cas pour le gros tiers de contri­buables qui ne sont pas men­sua­li­sés, pour les­quels l’in­quié­tude est plus forte (45 %).

« On voit que le pre­mier su­jet d’in­quié­tude (à 50 %) concerne de pos­sibles bugs tech­niques, de­vant le manque de confi­den­tia­li­té. Il faut peut-être y voir un ef­fet du ca­fouillage de sep­tembre, où l’on a beau­coup in­sis­té sur ces bugs », sou­ligne Vincent Thi­bault. La com­plexi­té pour les en­tre­prises est ci­tée en troi­sième mo­tif d’in­quié­tude (à 32 %). Chaque ca­té­go­rie de contri­buables a des su­jets de pré­oc­cu­pa­tion dif­fé­rents. Lo­gi­que­ment, pour ceux dé­jà men­sua­li­sés, la mo­di­fi­ca­tion du sys­tème de cré­dit d’im­pôt re­vient plus sou­vent (27 %, contre 22 % en moyenne). Pour les per­sonnes non men­sua­li­sées, c’est l’obli­ga­tion du paie­ment men­suel (30 %, contre 19 % en moyenne) qui sus­cite une plus grande in­quié­tude.

Pour fi­nir de convaincre tout le monde, le gou­ver­ne­ment se­rait peut-être ins­pi­ré de chan­ger les thèmes mis en avant dans sa com­mu­ni­ca­tion. Jus­qu’à pré­sent, il in­sis­tait beau­coup sur les bien­faits d’un im­pôt contem­po­rain per­mis par le pré­lè­ve­ment à la source, cen­sé s’adap­ter ra­pi­de­ment aux va­ria­tions de re­ve­nus. Mais cet avan­tage n’est que le se­cond per­çu par les Fran­çais (28 % le

A trois mois de l’en­trée en vi­gueur de la ré­forme, seule­ment 53 % des Fran­çais se jugent bien in­for­més.

citent), bien après… l’éta­le­ment du paie­ment de l’im­pôt sur douze mois (39 % de ci­ta­tions).

« Même pour les gens men­sua­li­sés sur dix mois, ce­la fait un avan­tage en termes de tré­so­re­rie qui né­ces­si­te­rait peut-être d’être mieux mis en avant », avance Vincent Thi­bault.

Quoi qu’il ar­rive, Ber­cy va de­voir ren­for­cer la com­mu­ni­ca­tion à trois mois de l’en­trée en vi­gueur de la ré­forme. Ain­si, seule­ment 53 % des Fran­çais se jugent bien in­for­més. « C’est un taux anor­ma­le­ment bas, alors même que les contri­buables ont dé­jà dû choi­sir leur taux de pré­lè­ve­ment pour l’an­née pro­chaine. Il fau­dra vé­ri­fier d’ici à quelques se­maines si les Fran­çais at­tendent le der­nier mo­ment pour réel­le­ment s’y in­té­res­ser », juge le son­deur. ■

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