Pé­ni­caud main­tient un tem­po éle­vé sur la ré­forme

Les coûts uni­fiés par di­plôme se­ront ar­rê­tés dé­but avril. A temps pour que les CFA an­ti­cipent leur offre de for­ma­tion et la pré­sentent lors des Sa­lons du prin­temps.

Les Echos - - FRANCE - A. R.

La mé­tal­lur­gie qui pro­met d’aug­men­ter de 40 % le nombre d’ap­pren­tis d’ici à la fin du quin­quen­nat, soit 25.000 de plus. Les ar­ti­sans de 40 % éga­le­ment (+60.000 places). Ou en­core les travaux pu­blics de 50 % (+4.000). La ré­forme de l’ap­pren­tis­sage n’a pas ac­cou­ché de son pre­mier dé­cret, mais la mi­nistre du Tra­vail, Mu­riel Pé­ni­caud, peut se mon­trer op­ti­miste.

Ces en­ga­ge­ments sont de bon au­gure, même s’ils ne sont pas sur- pre­nants : la conjonc­ture éco­no­mique les rend plus fa­ciles et la ré­forme donne aux branches pro­fes­sion­nelles le rôle qu’elles ap­pe­laient de leurs voeux.

Meilleure image

Autre signe en­cou­ra­geant, le nombre de jeunes, de plus en plus nom­breux, à op­ter pour l’ap­pren­tis­sage. C’est vrai dans le su­pé­rieur et ça re­com­mence à être le cas dans le se­con­daire, ce qui montre que cette forme d’en­sei­gne­ment com­mence à re­do­rer son image.

Reste le troi­sième étage de la fu­sée, les centres de for­ma­tion d’ap­pren­tis. Le mi­nis­tère du Tra­vail, Mu­riel Pé­ni­caud en tête, s’est fixé comme ob­jec­tif de ren­con­trer 90 % des 965 di­rec­teurs de CFA de France d’ici à la fin de l’an­née. L’en­jeu ? Pré­ci­ser le ca­len­drier et les mo­da­li­tés du nou­veau sys­tème de fi­nan­ce­ment qui les im­pacte for­te­ment.

Avec la fin des conven­tions ré­gio­nales, tout CFA se­ra libre d’ou­vrir une sec­tion. Il re­ce­vra une somme pour chaque jeune sous contrat en fonc­tion du di­plôme pour­sui­vi. Les branches de­vront avoir fixé ces « coûts-contrats » d’ici au 1er fé­vrier (la mé­tal­lur­gie, l’au­to­mo­bile et le BTP ont dé­jà bien avan­cé sur le su­jet). Un tra­vail de vé­ri­fi­ca­tion se­ra en­suite me­né par la fu­ture agence France com­pé­tences, les ba­rèmes étant ar­rê­tés dé­but avril.

Le ca­len­drier est am­bi­tieux. C’est la condi­tion obli­ga­toire pour que les CFA puissent an­ti­ci­per leur offre de for­ma­tion suf­fi­sam­ment tôt pour les sa­lons de re­cru­te­ment d’ap­pren­tis du prin­temps.

Cette li­bé­ra­li­sa­tion de l’offre de for­ma­tion va de pair avec une ga­ran­tie lé­gale de fi­nan­ce­ment. En clair : l’argent ne man­que­ra pas, même si les CFA dé­bordent d’ap­pren­tis. La cen­tra­li­sa­tion de la taxe d’ap­pren­tis­sage via l’Urs­saf per­met­tra de ré­cu­pé­rer plu­sieurs cen­taines de mil­lions d’eu­ros non em­ployés au­jourd’hui par cer­taines ré­gions , sou­ligne-t-on dans l’en­tou­rage de Mu­riel Pé­ni­caud. L’éta­blis­se­ment d’un prix unique par for­ma­tion de­vrait dé­ga­ger en plus d’im­por­tantes marges de ma­noeuvre, sa­chant par exemple qu’un CAP de cui­si­nier est fac­tu­ré de 2.500 à 14.000 eu­ros au­jourd’hui. —

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