La syn­di­ca­li­sa­tion re­flue dans la fonc­tion pu­blique

● Entre 2013 et 2016, le taux de syn­di­ca­li­sa­tion des sa­la­riés fran­çais a lé­gè­re­ment bais­sé, montre une étude du mi­nis­tère du Tra­vail. ● Le mou­ve­ment de désen­ga­ge­ment a été plus mar­qué dans la pu­blique que dans le sec­teur pri­vé. fonc­tion

Les Echos - - FRANCE - Leï­la de Co­mar­mond @lei­la­de­co

Le 6 dé­cembre, dans moins de deux mois main­te­nant, les fonc­tion­naires sont ap­pe­lés aux urnes pour dé­si­gner leurs re­pré­sen­tants. L’une des in­con­nues du scru­tin ré­side dans l’évo­lu­tion du taux de par­ti­ci­pa­tion, qui était de 52,8 % en 2014.

Les der­nières don­nées sur l’état de la syn­di­ca­li­sa­tion que vient de pu­blier sur son site In­ter­net la Di­rec­tion de la re­cherche du mi­nis­tère du Tra­vail sont à cet égard in­quié­tantes. Elles montrent, en ef­fet, un in­flé­chis­se­ment si­gni­fi­ca­tif de la pro­por­tion de sa­la­riés adhé­rant à une or­ga­ni­sa­tion syn­di­cale, entre 2013 et 2016, signe d’un désen­ga­ge­ment qui pour­rait se tra­duire dans les urnes aus­si.

Di­mi­nu­tion in­quié­tante

Le taux de syn­di­ca­li­sa­tion reste tou­jours net­te­ment su­pé­rieur dans la fonc­tion pu­blique que dans le sec­teur pri­vé puis­qu’il at­tei­gnait, en 2016, 19,1 %, contre 8,4 %. Mais c’est 0,7 point de moins qu’en 2013, pre­mière an­née sur la­quelle a por­té la sé­rie sta­tis­tique du mi­nis­tère du Tra­vail.

Cette di­mi­nu­tion est d’au­tant plus si­gni­fi­ca­tive qu’elle a été très ci­blée. Elle a ain­si concer­né pour l’es­sen­tiel les plus jeunes et, en par­ti­cu­lier, les tren­te­naires, alors que, d’or­di­naire, c’est dans cette tranche d’âge que l’adhé­sion à un syn­di­cat se fait. Elle a épar­gné les quin­qua­gé­naires, par­mi les­quels le taux de syn­di­ca­li­sa­tion en­re­gistre une lé­gère pro­gres­sion (+0,5 point) et les qua­dra­gé­naires, chez qui il est stable.

Cette baisse s’est en outre concen­trée sur les hommes fonc­tion­naires, dont le taux de syn­di­ca­li­sa­tion s’est réduit de qua­si­ment 2 points, à 21,7 %, tan­dis que ce­lui des femmes fonc­tion­naires res­tait stable, à 17,5 %. Elle a éga­le­ment été ci­blée sur les em­ployés et pro­fes­sions in­ter­mé­diaires. Ces ca­té­go­ries, dé­jà un peu moins syn­di­quées que les autres, sont pas­sées sous la barre des 18 %, alors que le taux de syn­di­ca­li­sa­tion des cadres et des ou­vriers de la fonc­tion pu­blique est res­té stable, à 23,5 % et 20,7 %.

Les em­ployés plus syn­di­qués

L’évo­lu­tion du taux de syn­di­ca­li­sa­tion dans le sec­teur pri­vé (mar­chand et as­so­cia­tif) n’a pas com­pen­sé la baisse consta­tée dans la fonc­tion pu­blique, si bien que le taux de syn­di­ca­li­sa­tion glo­bal a lé­gè­re­ment

11,2 % à 11 %.

Fait no­table dans les sec­teurs mar­chand et as­so­cia­tif, la syn­di­ca­li­sa­tion des jeunes a pro­gres­sé, se­lon les don­nées pu­bliées par le mi­nis­tère du Tra­vail. Le taux chez les moins de 30 ans reste certes très bas, à 3,3 % en moyenne, mais c’est 0,3 point de plus qu’en 2013. Chez les tren­te­naires, il a aug­men­té de 0,8 point. Il a, a contra­rio, bais­sé chez les plus âgés. Lorsque l’on re­garde les ca­té­go­ries so­cio­pro­fes­sion­nelles, la baisse est en re­vanche qua­si gé­né­ra­li­sée. Seule ex­cep­tion, les em­ployés, où le taux de syn­di­ca­li­sa­tion a lé­gè­re­ment pro­gres­sé, de 0,5 point en trois ans. ■ bais­sé, pas­sant de

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