SM­teov­ned­niaA­lil­stam­tiaon ,: Opoù­peun­li­sem­rael:a mquoin­va­di­gaa­lig­snae­ti­ro?n dans vingt ans ?

Gio­van­ni Tria ré­af­firme un ob­jec­tif de dé­fi­cit de 2,4 % du PIB l’an pro­chain et une crois­sance de 1,5 %.

Les Echos - - MONDE - Ya­scha Mounk est en­sei­gnant à Har­vard. Il vient de pu­blier « Le peuple contre la dé­mo­cra­tie » (L’Ob­ser­va­toire) Oli­vier Tos­se­ri @oli­vier­tos­se­ri —Correspondant à Rome

L’an­née der­nière, je me suis ren­du dans une dou­zaine de pays et dans une cen­taine de villes pour par­ler de mon livre, « The People vs De­mo­cra­cy ». Très vite, je me suis aper­çu d’une chose : bien qu’il existe des res­sem­blances ma­ni­festes entre le Ras­sem­ble­ment na­tio­nal (ex-FN) et l’Al­ter­na­tive pour l’Al­le­magne (AfD), ou en­core entre Vik­tor Orbán et Do­nald Trump, les rai­sons de leur mon­tée en puis­sance sont presque tou­jours at­tri­buées à un contexte na­tio­nal. En Al­le­magne, par exemple, de nom­breux in­tel­lec­tuels at­tri­buent la ra­pide as­cen­sion de l’AfD à la po­li­tique cen­triste me­née par An­ge­la Mer­kel : en agis­sant ain­si, un vide consi­dé­rable s’est creu­sé à droite, lais­sant tout le loi­sir à l’AfD de se faire une place. A contra­rio, aux Etats-Unis, nom­breux sont les in­tel­lec­tuels à pen­ser que l’ar­ri­vée de Do­nald Trump est la consé­quence na­tu­relle de la ra­di­ca­li­sa­tion an­cienne du Par­ti ré­pu­bli­cain.

Comme po­li­to­logue, je ne peux me sa­tis­faire de ces ex­pli­ca­tions. Si le même phé­no­mène se pro­duit dans tant de lieux dif­fé­rents en même temps, c’est qu’une ori­gine com­mune existe. Dans le cas du po­pu­lisme, je crois que l’on peut dis­tin­guer trois causes com­munes. Tout d’abord, on re­trouve la stag­na­tion du ni­veau de vie des ci­toyens or­di­naires. Pen­dant les Trente Glo­rieuses, le mode de la vie (« Le­bens­welt ») du Fran­çais moyen a chan­gé du tout au tout : tout ce dont il rê­vait dans les an­nées 1950, il l’a eu dans les an­nées 1980. Par contraste, ces trois der­nières dé­cen­nies, le ni­veau de vie d’un grand nombre de ci­toyens des dé­mo­cra­ties li­bé­rales oc­ci­den­tales est res­té plu­tôt égal. La deuxième cause com­mune est la trans­for­ma­tion lente et in­ter­mit­tente d’un cer­tain nombre de so­cié­tés mo­no­eth­niques et mo­no­cul­tu­relles en na­tions mul­tieth­niques. En Eu­rope de l’Ouest, des dé­cen­nies d’im­mi­gra­tion mas­sive ont peu à peu re­mis en cause la vi­sion que la plu­part des so­cié­tés dé­mo­cra­tiques avaient d’elles-mêmes. On constate éga­le­ment un vé­ri­table re­tour­ne­ment à la fois contre les trans­for­ma­tions cultu­relles des der­nières dé­cen­nies, mais aus­si contre l’idée même que na­tio­na­li­té et eth­nie de­vraient être dis­so­ciées.

En­fin, nous avons as­sis­té à la trans­for­ma­tion to­tale des struc­tures de com­mu­ni­ca­tion dans nos so­cié­tés. Il y a vingt-cinq ans, nous vi­vions en­core dans un monde ré­gi par la com­mu­ni­ca­tion de groupe : une per­sonne s’adres­sait à plu­sieurs in­di­vi­dus. Pour at­teindre un large pu­blic, il fal­lait re­cou­rir aux chaînes de té­lé­vi­sion na­tio­nales, aux ca­naux de ra­dio, aux jour­naux ou aux maisons d’édi­tion, ce qui li­mi­tait la por­tée des idées di­vul­guées de fa­çon dé­con­cer­tante et, par consé­quent, mi­ni­mi­sait la dif­fu­sion des opi­nions ou­ver­te­ment ra­cistes et des men­songes éhon­tés. Au­jourd’hui, l’es­sor d’In­ter­net et des ré­seaux so­ciaux a le­vé ces res­tric­tions. A l’ère de la com­mu­ni­ca­tion de masse, tout in­di­vi­du fai­sant par­tie d’un ré­seau so­cial peut at­teindre un large pu­blic s’il dif­fuse un conte­nu suf­fi­sam­ment vi­ral. C’est éga­le­ment le cas, voire plus en­core, si le conte­nu en ques­tion est faux ou hai­neux.

La ques­tion de sa­voir si les EtatsU­nis au­ront trou­vé le moyen de contrer le po­pu­lisme d’ici à 2038 est donc double. Un, le pays doit être ca­pable de s’as­su­rer que Do­nald Trump ne dé­trui­ra pas les ins­ti­tu­tions de la dé­mo­cra­tie li­bé­rale de la même fa­çon que Vik­tor Orbán, son ho­mo­logue po­li­tique, l’a fait en Hon­grie. De ce cô­té, je reste plu­tôt op­ti­miste, en par­tie car Do­nald Trump est un po­pu­liste bien moins stra­té­gique et dis­ci­pli­né : si les Jeux Olym­piques du po­pu­lisme exis­taient, le pré­sident amé­ri­cain ne mon­te­rait pas sur le po­dium. Se­lon moi, il est donc peu pro­bable qu’il réus­sisse à dé­truire les ins­ti­tu­tions pu­re­ment et

Trump n’est pas le plus grand dan­ger pour la dé­mo­cra­tie amé­ri­caine.

sim­ple­ment. Avec un peu de chance, les pro­chaines élec­tions de mi-man­dat per­met­tront de contre­ba­lan­cer le pou­voir des ré­pu­bli­cains au Congrès. De plus, le pré­sident res­tant ex­trê­me­ment im­po­pu­laire (même s’il n’at­teint pas le ni­veau d’im­po­pu­la­ri­té de Ma­cron), les dé­mo­crates ont de grandes chances de l’écar­ter de la Mai­son-Blanche en 2020 s’ils mènent une bonne cam­pagne.

La se­conde tâche est un peu plus ar­due. Il se peut que Trump ne re­pré­sente pas le plus grand dan­ger pour la dé­mo­cra­tie amé­ri­caine. Mais un éven­tuel suc­ces­seur plus avi­sé le se­rait. Ce­la si­gni­fie que qui­conque sou­hai­tant mettre en échec le po­pu­lisme mon­tant ne doit pas avoir pour seule am­bi­tion de battre Do­nald Trump, cette per­sonne doit éga­le­ment ré­soudre les trois causes sous-ja­centes à l’es­sor du po­pu­lisme. L’in­té­gra­li­té du texte sur le­se­chos.fr Il ne reste que quelques jours aux équipes du mi­nis­tère de l’Eco­no­mie ita­lien pour fi­na­li­ser les dé­tails du pro­jet de bud­get qui doit être re­mis lun­di à la Com­mis­sion eu­ro­péenne. Pour trou­ver les res­sources né­ces­saires aux pro­messes élec­to­rales de la Ligue et du M5S, elles tra­vaillent sur des coupes sèches de 6,9 mil­liards d’eu­ros dans les dé­penses pu­bliques.

La dé­fense de­vrait ain­si su­bir une ré­duc­tion de près d’un de­mi-mil­liard d’eu­ros de son bud­get. Mais c’est sur­tout l’aug­men­ta­tion du dé­fi­cit qui fi­nan­ce­ra le re­ve­nu ci­toyen, la « flat tax » ou en­core les 400.000 dé­parts an­ti­ci­pés à la re­traite. Il se­ra bien por­té à 2,4 % du PIB l’an pro­chain. Les aver­tis­se­ments de Bruxelles et la fé­bri­li­té des mar­chés n’in­flé­chi­ront pas la fer­me­té du gou­ver­ne­ment. Seul un écart des taux avec l’Al­le­magne at­tei­gnant 400 points base pour­rait lui faire chan­ger sa po­si­tion sur son pro­jet de loi de fi­nances. Le « spread » os­cille pour l’ins­tant au­tour de 300 points de base, ni­veau au­quel il res­te­ra veut croire Mat­teo Sal­vi­ni.

Bais­ser le ton

Pour s’en as­su­rer, plu­sieurs mi­nistres re­prennent l’appel du pré­sident de la République de « bais­ser d’un ton les po­lé­miques avec Bruxelles ». Un conseil que la Ligue et le M5S ne sont pas dis­po­sés à suivre. La baisse de la note de l’Ita­lie de la part des agences de no­ta­tion est en re­vanche in­évi­table. Moo­dy’s et S&P doivent rendre leur ver­dict à la fin du mois et Fitch a dé­jà ju­gé que le pro­jet de bud­get en­traî­ne­ra « des risques ac­crus » pour les fi­nances pu­bliques trans­al­pines.

« Nous vou­lons être pro­mus par les ci­toyens, a ré­agi Lui­gi Di Maio. C’est une bonne chose que ceux qui ont pro­mu les gou­ver­ne­ments pré­cé­dents re­jettent l’ac­tuel. » Il n’y a pas que les agences de no­ta­tions et la Com­mis­sion eu­ro­péenne qui émettent des cri­tiques. On re­trouve à leurs cô­tés Ban­ki­ta­lia, la Sé­cu­ri­té so­ciale mais aus­si le bu­reau par­le­men­taire du bud­get (UPB). Cet or­ga­nisme in­dé­pen­dant char­gé de vé­ri­fier la confor­mi­té des ob­jec­tifs bud­gé­taires aux pa­ra­mètres fixés par l’Union eu­ro­péenne juge « trop op­ti­mistes » les pré­vi­sions de 1,5 % de crois­sance an­non­cées par Gio­van­ni Tria. L’UPB es­time qu’elle se­ra com­prise entre 1,1 et 1,3 % en 2019, tan­dis que la plu­part des ins­ti­tu­tions, comme le FMI, l’éta­blissent au­tour de 1 %.

La di­rec­trice de ce der­nier de­mande ain­si à l’Ita­lie de se confor­mer aux en­ga­ge­ments bud­gé­taires sous­crits avec l’UE. « Quand on ap­par­tient à un club et qu’on dé­cide d’y res­ter, alors il faut res­pec­ter les règles du club », a dé­cla­ré jeu­di Ch­ris­tine La­garde. Elle es­père qu’il y au­ra « une dis­tance » entre la « rhé­to­rique » du gou­ver­ne­ment ita­lien et « les chiffres dé­fi­ni­tifs » du bud­get. ■

« Quand on ap­par­tient à un club et qu’on dé­cide d’y res­ter, alors il faut res­pec­ter les règles du club. » CH­RIS­TINE LA­GARDE Di­rec­trice gé­né­rale du FMI

Pho­to Giu­lio Na­po­li­ta­no/Bloom­berg

Le mi­nistre de l’Eco­no­mie ita­lien, Gio­van­ni Tria.

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