Edu­ca­tion, santé : mieux vaut être por­tu­gais ou ita­lien que fran­çais

Le nou­vel in­dice du ca­pi­tal hu­main de la Banque mon­diale pré­sen­té jeu­di à Ba­li. Il me­sure la ri­chesse d’un pays et sa crois­sance éco­no­mique po­ten­tielle.

Les Echos - - MONDE - Ri­chard Hiault @RHIAULT

Pour être en bonne santé et ac­qué­rir un bon ni­veau sco­laire – les deux cri­tères re­te­nus par la Banque mon­diale pour dé­fi­nir le ca­pi­tal hu­main –, mieux vaut naître à Por­to ou à Rome qu’à Paris. Le nou­vel in­dice de ca­pi­tal hu­main pré­sen­té jeu­di à Ba­li me­sure la ri­chesse fu­ture d’un pays et sa crois­sance éco­no­mique po­ten­tielle. « S’ils ne dé­ve­loppent pas leur ca­pi­tal hu­main, les pays ne peuvent pas main­te­nir une crois­sance éco­no­mique du­rable, pré­pa­rer leur main-d’oeuvre aux em­plois plus qua­li­fiés de de­main et faire face à la concur­rence dans l’éco­no­mie mon­diale », juge l’ins­ti­tu­tion mul­ti­la­té­rale.

Bap­ti­sé « In­dice du ca­pi­tal hu­main » (ICH), ce nou­vel in­di­ca­teur éva­lue le ni­veau de ca­pi­tal hu­main qu’un en­fant né en 2018 at­tein­dra d’ici à ses 18 ans, compte te­nu des ser­vices de santé et d’édu­ca­tion de son pays. Au to­tal, la Banque a clas­sé 157 pays, sur une échelle com­prise entre 0 et 1. Un score de 0,70, par exemple, si­gni­fie que le ni­veau de re­ve­nu qu’un en­fant né au­jourd’hui peut es­pé­rer at­teindre à l’âge adulte se­ra in­fé­rieur de 30 % au ni­veau qu’il au­rait pu at­teindre s’il avait sui­vi une sco­la­ri­té com­plète et avait vé­cu en pleine santé, ex­plique la Banque.

Au­cun pays ne peut se tar­guer d’être un pa­ra­dis en af­fi­chant un in­dice de 1. Ce­lui qui s’en rap­proche le plus est Sin­ga­pour avec 0,88, sui­vi de la Co­rée du Sud et du Ja­pon (0,84 cha­cun) puis de Hong Kong (0,82). Sans sur­prise, les plus mal clas­sés sont si­tués en Afrique.

La France est à la 22e place Le Tchad ferme la marche avec un in­dice de 0,29. Le Sud-Sou­dan le pré­cède (0,30). La France (0,76) est à la 22e place de­vant les Etats-Unis (0,76) et l’Es­pagne (0,74), mais der­rière l’Ita­lie (0,77), le Por­tu­gal (0,78), le Royaume-Uni (0,78) ou en­core l’Al­le­magne (0,79).

Ce n’est pas tant le clas­se­ment qui im­porte, mais le ni­veau de l’in­dice lui-même. « Nous avons

La Banque a clas­sé 157 pays, sur une échelle com­prise entre 0 et 1.

réa­li­sé ces travaux pour mon­trer l’énorme fos­sé entre les pays. Les di­ri­geants po­li­tiques doivent se pré­oc­cu­per du ca­pi­tal hu­main de leur pays au re­gard de la com­plexi­fi­ca­tion à ve­nir des em­plois de de­main », té­moigne An­nette Dixon, vice-pré­si­dente de la banque en charge du dé­ve­lop­pe­ment hu­main. Et d’ajou­ter : « L’édu­ca­tion est pri­mor­diale pour la pro­duc­ti­vi­té de de­main. Les pays les plus dé­ve­lop­pés comme les pays pauvres n’échappent pas à cette règle. » L’ICH se dis­tingue de l’In­dice de dé­ve­lop­pe­ment hu­main (IDH) dé­ve­lop­pé par les Na­tions unies en 1990. L’IDH me­sure le ni­veau moyen at­teint dans les di­men­sions es­sen­tielles du dé­ve­lop­pe­ment hu­main (vivre long­temps et en bonne santé, ac­qué­rir des connais­sances et avoir un ni­veau de vie dé­cent).

L’ICH éta­blit un lien entre cer­tains ré­sul­tats re­la­tifs au ca­pi­tal hu­main et les ni­veaux de pro­duc­ti­vi­té et de re­ve­nu de la pro­chaine gé­né­ra­tion. Comme le re­con­naît la Banque mon­diale, son in­dice est per­fec­tible. « Il ne me­sure pas, par exemple, la ca­pa­ci­té à ap­prendre et à ac­qué­rir de nou­velles com­pé­tences après la sco­la­ri­sa­tion. Il ne prend pas non plus en compte les as­pects émo­tion­nels d’une per­sonne comme sa créa­ti­vi­té ou sa ca­pa­ci­té à ré­soudre des pro­blèmes dans le monde du tra­vail », in­dique An­nette Dixon. ■

Il vaut mieux naître à Naples qu’à Paris, se­lon l’in­dice ICH.

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