Vers un chan­ge­ment de gou­ver­ne­ment au Luxem­bourg

Les élec­tions lé­gis­la­tives de di­manche, dans le Grand-Du­ché, pour­raient faire chu­ter la coa­li­tion ac­tuelle et son Pre­mier mi­nistre, Xa­vier Bet­tel.

Les Echos - - MONDE - Ca­the­rine Cha­ti­gnoux @cha­ti­gnoux

On s’était ha­bi­tué à le re­pé­rer au sein de ce qua­tuor de jeunes di­ri­geants eu­ro­péens, sym­boles, réels ou sup­po­sés, d’une nou­velle fa­çon de faire de la po­li­tique. A qua­rante-cinq ans, le frin­gant Xa­vier Bet­tel, qui s’af­fi­chait sou­vent avec ses ho­mo­logues belge, Charles Mi­chel, néer­lan­dais, Mark Rutte, et fran­çais, Em­ma­nuel Ma­cron, pour­rait bien de­voir pas­ser la main à l’is­sue des élec­tions lé­gis­la­tives de di­manche. La coa­li­tion qu’il avait mise sur pied en 2013 avec les so­cia­listes et les Verts pour se dé­bar­ras­ser de l’in­dé­bou­lon­nable Pre­mier mi­nistre, Jean-Claude Jun­cker, res­té au pou­voir pen­dant dix-huit ans, n’est plus ma­jo­ri­taire. Les der­niers son­dages ne la cré­ditent plus que de 26 élus – dont seule­ment 10 pour le Par­ti dé­mo­cra­tique de Xa­vier Bet­tel – pri­vant cette al­liance peu na­tu­relle de la ma­jo­ri­té dans un Par­le­ment qui compte 60 sièges.

Le scru­tin de­vrait mar­quer le grand re­tour du Par­ti so­cial-ch­ré­tien (CSV) dont l’an­cien lea­der, JeanC­laude Jun­cker, est de­ve­nu pré­sident de la Com­mis­sion eu­ro­péenne : il ga­gne­rait 26 sièges et pour­rait gou­ver­ner avec les Verts (7 sièges pos­sibles se­lon les son­dages).

C’est moins sur l’éco­no­mie par­mi les plus pros­pères de la zone eu­ro avec une crois­sance de 3,7 % cette an­née et un taux de chô­mage faible (5,2 %), que les 250.000 élec­teurs du Grand-Du­ché vont se pro­non­cer, que sur les ques­tions iden­ti­taires qui ta­raudent le pe­tit pays comme le reste des pays du conti­nent eu­ro­péen. Au Luxem­bourg, 48 % de la po­pu­la­tion est étran­gère et les na­tifs en­tendent dé­fendre leurs va­leurs et leur culture. Le par­ti ARD, conser­va­teur, veut gé­né­ra­li­ser l’ap­pren­tis­sage de la langue et pro­met une ré­duc­tion de l’im­mi­gra­tion. S’il fait un bon score di­manche, il de­vrait pro­po­ser ses ser­vices au Par­ti so­cial-ch­ré­tien, qui avait lui aus­si dé­fen­du le « non » lors du ré­fé­ren­dum de 2015, qui vi­sait à ou­vrir le droit de vote aux étran­gers aux élec­tions lé­gis­la­tives.

Dossier brû­lant

Le dé­part de Xa­vier Bet­tel, s’il se confirme, pour­rait contra­rier les pro­jets eu­ro­péens du pré­sident fran­çais. Em­ma­nuel Ma­cron avait conclu dé­but sep­tembre un pacte avec ses trois par­te­naires du Be­ne­lux pour consti­tuer une « plate-forme pro­gres­siste » en vue des élec­tions européennes au­tour de so­lu­tions et de va­leurs com­munes pour mieux com­battre les « na­tio­na­listes » ré­tifs à la co­opé­ra­tion et à la so­li­da­ri­té.

Un autre dossier brû­lant, ce­lui de la taxa­tion des ac­ti­vi­tés nu­mé­riques au ni­veau eu­ro­péen, est en sus­pens. Le pré­sident fran­çais es­père pou­voir ral­lier à cette dé­ci­sion les 28 pays eu­ro­péens d’ici à la fin de l’an­née. Xa­vier Bet­tel avait fait une ou­ver­ture à la fin de l’été, en an­non­çant qu’il ne s’op­po­sait plus à une telle taxe sur les Ga­fa. Rien ne dit qu’un nou­veau gou­ver­ne­ment luxem­bour­geois main­tien­drait cet ac­cord de prin­cipe. ■

Pho­to Joe Kla­mar/AFP

Le dé­part de Xa­vier Bet­tel, s’il se confirme, pour­rait contra­rier les pro­jets eu­ro­péens du pré­sident fran­çais.

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