Les pays pauvres peuvent-ils pro­fi­ter des tech­no­lo­gies ?

Les Echos - - IDÉES & DÉBATS -

Les tech­no­lo­gies sont sou­vent pré­sen­tées comme des ou­tils bé­né­fiques pour les pays en dé­ve­lop­pe­ment. Mais le ta­bleau de­mande à être nuan­cé, ex­plique Da­ni Ro­drik, pro­fes­seur de po­li­tique in­ter­na­tio­nale à Har­vard.

RAT­TRA­PAGE. « Les té­lé­phones por­tables sont un exemple clair de l’im­pact que peuvent avoir cer­taines nou­velles tech­no­lo­gies. Cas évident de rat­tra­page tech­no­lo­gique, ils ont four­ni aux per­sonnes pauvres dans les pays en dé­ve­lop­pe­ment l’ac­cès aux com­mu­ni­ca­tions [...] longue dis­tance, sans de­voir pas­ser par des in­ves­tis­se­ments coû­teux dans des lignes fixes. »

NUANCE. « Ce­pen­dant, pour que la tech­no­lo­gie ap­porte une contri­bu­tion réelle et du­rable au dé­ve­lop­pe­ment, elle ne doit pas seule­ment four­nir des pro­duits meilleurs et moins chers ; elle doit aus­si gé­né­rer plus d’em­plois mieux ré­mu­né­rés. »

TRANS­FERT. « Com­pa­rez les nou­velles tech­no­lo­gies avec le mo­dèle d’in­dus­tria­li­sa­tion tra­di­tion­nel. Tout d’abord, les pro­duits in­dus­triels sont né­go­ciables, ce qui si­gni­fie que la pro­duc­tion in­té­rieure n’est pas contrainte par la de­mande (et les re­ve­nus) do­mes­tique. En se­cond lieu, le sa­voir-faire in­dus­triel a été re­la­ti­ve­ment fa­cile à trans­fé­rer entre les pays. Troi­siè­me­ment, l’in­dus­trie n’a pas été très exi­geante en com­pé­tences. »

IN­CER­TI­TUDE. « Ces trois ca­rac­té­ris­tiques font de l’in­dus­tria­li­sa­tion un as­cen­seur fan­tas­tique vers des re­ve­nus plus éle­vés pour les pays en dé­ve­lop­pe­ment. Les nou­velles tech­no­lo­gies pré­sentent une image très dif­fé­rente en termes de fa­ci­li­té de trans­fert du sa­voir-faire et des com­pé­tences re­quises qu’elles im­pliquent. Par consé­quent, leur im­pact net sur les pays à faibles re­ve­nus semble beau­coup plus in­cer­tain. »

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