L’ou­ra­gan Mi­chael ne ra­len­tit pas la cam­pagne

En Flo­ride, les coups pleuvent entre les can­di­dats aux élec­tions de mi-man­dat.

Les Echos - - OPINIONS - Ni­co­las Rau­line @nrau­line — Bu­reau de New York

L’ou­ra­gan Mi­chael a pris le pays de court. En seule­ment deux jours, cette tem­pête s’est ren­for­cée dans le golfe du Mexique, de­ve­nant un ou­ra­gan de ca­té­go­rie 4, le plus violent qu’ait connu la pé­nin­sule de­puis 167 ans. Mer­cre­di, quand il a com­men­cé à frap­per les côtes, il ap­por­tait avec lui des vents de près de 250 km/h.

Jeu­di ma­tin, alors qu’il se di­ri­geait vers la Ca­ro­line du Sud en per­dant de son in­ten­si­té, le bi­lan pou­vait ain­si sem­bler mi­ra­cu­leux. On dé­nom­brait deux vic­times, l’une en Flo­ride et l’autre en Géor­gie, et le bi­lan ma­té­riel de­vrait être moindre qu’Ir­ma, qui a frap­pé la même ré­gion l’an der­nier. Dans un rap­port, Wells Far­go éva­lue à 10 mil­liards de dol­lars les pertes, alors que la fac­ture d’Ir­ma était mon­tée au­de­là des 50 mil­liards.

375.000 éva­cués

Mi­chael a en ef­fet épar­gné la plu­part des grandes villes de Flo­ride, au contraire d’Ir­ma. Les ordres d’éva­cua­tion n’ont concer­né que 375.000 per­sonnes, loin du vé­ri­table exode or­ches­tré l’an der­nier (6,5 mil­lions d’ha­bi­tants étaient alors concer­nés).

Mais ce bi­lan mo­dé­ré n’em­pêche pas les po­lé­miques de pros­pé­rer. La Flo­ride, un « swing state » qui penche tan­tôt en fa­veur des dé­mo­crates, tan­tôt en fa­veur des ré­pu­bli­cains, est en ef­fet l’ob­jet d’une âpre ba­taille en vue des élec­tions de mi-man­dat, dé­but novembre.

Et si les can­di­dats avaient mis leur cam­pagne en veille sur le ter­rain, leurs spots té­lé­vi­sés ont conti­nué à être dif­fu­sés ces jours-ci. Des mes­sages par­ti­cu­liè­re­ment vi­ru­lents dans une cam­pagne qui op­pose sou­vent des can­di­dats aux opi­nions tran­chées. C’est le cas pour le poste de gou­ver­neur, où le maire de Tal­la­has­see, An­drew Gillum, proche de Ber­nie San­ders, af­fronte le ré­pu­bli­cain Ron DeSan­tis, sou­tien in­con­di­tion­nel de Do­nald Trump.

Les ha­bi­tants ont ain­si pu voir, ces der­nières heures, les ap­pels à la pru­dence et à la so­li­da­ri­té pro­fes­sés par An­drew Gillum et par l’ac­tuel gou­ver­neur ré­pu­bli­cain, Rick Scott, en course pour un siège au Sé­nat… et, quelques mi­nutes plus tard, des spots leur ex­pli­quant à quel point ces hommes étaient in­com­pé­tents ! Le « cô­té obs­cur » de l’ou­ra­gan, comme l’af­firme le « Mia­mi He­rald ». Une maigre conso­la­tion pour les 359.000 per­sonnes pri­vées d’élec­tri­ci­té en Flo­ride jeu­di ma­tin : ils ont été pri­vés de ce triste spec­tacle.

Quant à Do­nald Trump, il a pré­vu de vi­si­ter la ré­gion di­manche. Mais il n’a pas an­nu­lé son mee­ting de cam­pagne, mer­cre­di soir, en Penn­syl­va­nie, comme ses dé­trac­teurs le lui de­man­daient… Et s’il a af­fir­mé que « tout [de­vait] être mis en oeuvre pour ve­nir en aide aux vic­times », il reste per­sua­dé que le chan­ge­ment cli­ma­tique n’y est pour rien. ■

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