Sa­fran prêt à faire tour­ner ses usines en­core plus vite

Les Echos - - ENTRPRISES & MARCHÉS - Bru­no Tré­vi­dic @Bru­noT­re­vi­dic

Si 2018 se­ra sans doute une an­née re­cord pour Sa­fran, 2019 s’an­nonce dé­jà comme une an­née dé­ci­sive pour l’équi­pe­men­tier. Au terme d’une mon­tée en ca­dence sans pré­cé­dent, Sa­fran et son par­te­naire amé­ri­cain GE de­vraient avoir ré­sor­bé les re­tards de li­vrai­son de mo­teurs LEAP des­ti­nés aux Airbus A320 et aux Boeing 737. De quoi leur per­mettre de se pro­je­ter au-de­là de l’ob­jec­tif des 2.000 li­vrai­sons par an à l’ho­ri­zon 2020 et de pou­voir éven­tuel­le­ment s’en­ga­ger sur de nou­velles hausses de pro­duc­tion au­près d’Airbus et de Boeing. C’est ce qui res­sort des dé­cla­ra­tions du di­rec­teur gé­né­ral de Sa­fran, Phi­lippe Pe­tit­co­lin, à l’oc­ca­sion de l’inau­gu­ra­tion d’une usine d’in­té­gra­tion de nacelles de mo­teurs, jeu­di à Ham­bourg.

« Le 1er tri­mestre 2019 se­ra pro­ba­ble­ment le bon ti­ming pour dé­ci­der d’al­ler au­de­là des ob­jec­tifs ac­tuels », a-t-il dit. « Mais nous ne pour­rons nous en­ga­ger à pro­duire da­van­tage que si nous sommes en me­sure d’at­teindre nos ob­jec­tifs ac­tuels, de li­vrer 1.100 mo­teurs LEAP en 2018, 1.800 en 2019 et 2.000 en 2020.»

Pour l’heure, les li­vrai­sons de mo­teurs LEAP ac­cusent tou­jours un re­tard d’un « mois en moyenne », re­con­naît Phi­lippe Pe­tit­co­lin. Mais le rat­tra­page est en cours. « Nous li­vrons de 14 à 15 mo­teurs LEAP par se­maine chez Airbus et 16 chez Boeing, dit-il. Notre ob­jec­tif est de ré­sor­ber ces re­tards d’ici à la fin de l’an­née, en mon­tant à 16 mo­teurs par se­maine pour Airbus et 20 pour Boeing. » Après quoi, Sa­fran et GE au­ront une grande marche à fran­chir pour pas­ser de 1.100 à 1.800 li­vrai­sons en 2019.

Ce cap de 2019 est d’au­tant plus im­por­tant qu’une autre op­por­tu­ni­té de­vrait se pré­sen­ter pour CFM, la co­en­tre­prise de Sa­fran et GE. Boeing de­vrait an­non­cer l’an pro­chain si son pro­jet de nou­veau mo­dèle de mi­lieu de gamme – dé­jà bap­ti­sé « 797 » ou « NMA » (« new middle air­craft ») par la presse amé­ri­caine – ver­ra le jour ou pas. Si c’est « yes », Sa­fran et GE ré­pon­dront à l’appel d’offres pour les mo­teurs.

Ce­lui-là pour­rait être lan­cé en dé­cembre, pour une dé­ci­sion en fé­vrier. « Nous ne sa­vons pas en­core quelle se­ra la dé­ci­sion de Boeing et quelle se­rait la puis­sance de­man­dée », as­sure Phi­lippe Pe­tit­co­lin. « On parle d’une puis­sance de 45.000 à 53.000 livres de pous­sée. L’ac­cord pas­sé entre Boeing et CFM in­tègre tous les mo­teurs de 18.000 à 50.000 livres de pous­sée. Mais Boeing a dé­jà pré­ci­sé que, même si les be­soins du NMA ex­cèdent les 50.000 livres de pous­sée, CFM ne se­ra pas ex­clu. » En cas de suc­cès, quelques mil­liers de mo­teurs des­ti­nés au nou­veau Boeing vien­draient s’ajou­ter aux plus de 16.300 com­mandes dé­jà en­gran­gées par le mo­teur LEAP. De quoi tendre en­core une chaîne de sous-trai­tants au bord de la rup­ture. Mais pas de quoi in­quié­ter le pa­tron de Sa­fran. « Nous ne fe­rons pas né­ces­sai­re­ment appel aux mêmes sous­trai­tants et nous pren­drons ceux qui vou­dront ve­nir, sou­ligne-t-il. ■

Les li­vrai­sons de mo­teurs Leap à Airbus et Boeing ac­cusent un re­tard d’un « mois en moyenne », mais le rat­tra­page est en cours.

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