La sta­ture de Mé­len­chon écor­née dans l’opi­nion

Après ses em­por­te­ments contre la jus­tice et les jour­na­listes, le lea­der de La France in­sou­mise perd 9 points chez les sym­pa­thi­sants de gauche dans le ba­ro­mètre Elabe.

Les Echos - - FRANCE - — P.-A. F.

Il fut un temps où Em­ma­nuel Ma­cron et Jean-Luc Mé­len­chon se plai­saient à ins­tal­ler leur bras de fer. Mais l’af­fron­te­ment a per­du de sa su­perbe. Comme le chef de l’Etat, le pa­tron de La France in­sou­mise est au­jourd’hui af­fai­bli dans l’opi­nion. Sa cote dans le ba­ro­mètre Elabe pour « Les Echos » et Ra­dio Clas­sique re­cule de 4 points en un mois, 21 % des Fran­çais (contre 68 %) di­sant avoir de lui « une image po­si­tive ». En mai 2017, ils étaient 34 %.

Le dé­pu­té des Bouches-duR­hône tombe de la hui­tième à la qua­tor­zième place dans le pal­ma­rès des per­son­na­li­tés po­li­tiques. Il est de­van­cé par Fran­çois Hol­lande, Ni­co­las Du­pont-Ai­gnan comme par Ma­rine Le Pen. Et il est très loin der­rière Alain Jup­pé, qui ca­ra­cole en tête du clas­se­ment (avec 42 % d’avis fa­vo­rables). Au­près des seuls sym­pa­thi­sants de gauche, il oc­cupe la troi­sième place (der­rière Sé­go­lène Royal, qui fait son en­trée dans le ba­ro­mètre, et Be­noît Ha­mon), mais chute de 9 points, à 53 %, son point le plus bas de­puis le dé­but du quin­quen­nat. Sa po­pu­la­ri­té connaît le même sort chez ses élec­teurs du pre­mier tour de la pré­si­den­tielle : une baisse de 13 points en un mois, à 65 % de bonnes opi­nions.

Jean-Luc Mé­len­chon pâ­tit de l’image qu’il a ren­voyée lors des per­qui­si­tions à son do­mi­cile et au siège de son mou­ve­ment, criant à l’« opé­ra­tion de po­lice po­li­tique », hur­lant « ma per­sonne est sa­crée » ou « la Ré­pu­blique, c’est moi », ap­pe­lant à « pour­rir par­tout » les jour­na­listes qui ont en­quê­té sur ses comptes de cam­pagne. Des « men­teurs », des « tri­cheurs » et des « abru­tis », a-t-il égre­né. Outre sa ca­pa­ci­té à ras­sem­bler, « ce qui est at­teint, c’est sa sta- ture pré­si­den­tielle. Ce­la laisse des traces. Son lea­der­ship à gauche est fra­gi­li­sé », ob­serve Ber­nard Sananès, le pré­sident d’Elabe, tout en pré­ve­nant que « le pic est peut-être pas­sé » pour lui dans la me­sure où sa chute dans l’opi­nion était plus pro­non­cée en­core dans des son­dages pu­bliés la se­maine der­nière.

Le lea­der in­sou­mis pâ­tit de l’image qu’il a ren­voyée lors des per­qui­si­tions à son do­mi­cile et au siège de sa for­ma­tion.

« La ques­tion, ce n’est pas ma co­lère. Ça suf­fit, les le­çons de com­por­te­ment de ces mes­sieurs et dames bien éle­vés. Une meute s’est je­tée sur nous avec une joie gla­pis­sante », s’est dé­fen­du la se­maine der­nière Jean-Luc Mé­len­chon lors d’un mee­ting à Lille. Une réunion pu­blique au cours de la­quelle il s’est sur­tout pro­je­té vers les élec­tions eu­ro­péennes. Une ten­ta­tive pour re­prendre la main en ré­ac­ti­vant le duel avec Em­ma­nuel Ma­cron, ac­cu­sé d’avoir « hu­mi­lié » et « ap­pau­vri le peuple ».

Pho­to Fré­dé­rick Flo­rin/AFP

Jean-Luc Mé­len­chon passe de la 8e à la 14e place dans le pal­ma­rès des per­son­na­li­tés po­li­tiques.

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