L’exé­cu­tif cor­rige le tir sur la prime d’ac­ti­vi­té

Le gou­ver­ne­ment a fait vo­ter jeu­di une re­va­lo­ri­sa­tion.

Les Echos - - FRANCE - Sol­veig Go­de­luck @sol­wii

Bonne sur­prise pour les tra­vailleurs mo­destes. Jeu­di après­mi­di, à l’As­sem­blée, la se­cré­taire d’Etat au Han­di­cap, So­phie Clu­zel, a an­non­cé que la bo­ni­fi­ca­tion de la prime d’ac­ti­vi­té créée par le pro­jet de loi de Fi­nances pour 2019 at­tein­drait non plus 20 eu­ros au ni­veau du SMIC, mais 30 eu­ros. Cet amen­de­ment gou­ver­ne­men­tal a été adop­té dans le cadre du vote des cré­dits des mis­sions San­té et So­li­da­ri­té, en pre­mière lec­ture dans l’hé­mi­cycle. Une dé­ci­sion qui tombe à pic alors que le gou­ver­ne­ment est at­ta­qué sur l’aug­men­ta­tion des taxes sur les car­bu­rants et la baisse du pou­voir d’achat des classes moyennes et mo­destes. Ce cor­rec­tif per­met en réa­li­té de res­pec­ter la pro­messe pré­si­den­tielle de re­va­lo­ri­ser la prime de 50 % au ni­veau du SMIC, soit 80 eu­ros d’ici à 2022.

La se­cré­taire d’Etat a éga­le­ment an­non­cé que cette re­va­lo­ri­sa­tion ex­cep­tion­nelle de la prime d’ac­ti­vi­té in­ter­vien­drait en avril 2019, en même temps que les autres re­va­lo­ri­sa­tions gé­rées par les Caisses d’al­lo­ca­tions fa­mi­liales, et non en août. Ce­la amor­ti­ra un peu le choc de la sous-in­dexa­tion d’une grande par­tie des al­lo­ca­tions, qui n’aug­men­te­ront que de 0,3 %.

2,66 mil­lions de mé­nages concer­nés

Les re­va­lo­ri­sa­tions de 20 eu­ros en 2020 et 2021, ci­blées sur la même bo­ni­fi­ca­tion et non pas sur l’en­semble de la pres­ta­tion, ce qui per­met d’en li­mi­ter le coût, se­ront, elles aus­si, avan­cées à avril, mais leur mon­tant ne chan­ge­ra pas.

La bo­ni­fi­ca­tion de la prime d’ac­ti­vi­té créée par le pro­jet de loi de Fi­nances pour 2019 at­tein­dra non plus 20 eu­ros au ni­veau du SMIC, mais 30 eu­ros.

Cette re­va­lo­ri­sa­tion in­ter­vien­dra en avril 2019, et non en août.

Em­ma­nuel Ma­cron avait pro­mis lors de sa cam­pagne de re­va­lo­ri­ser la prime d’ac­ti­vi­té « pour que le tra­vail paie ». De plus, il est moins coû­teux pour la com­pé­ti­ti­vi­té na­tio­nale d’ac­croître ce com­plé­ment de re­ve­nu que le sa­laire mi­ni­mum lui­même. Ce­pen­dant, le suc­cès de cette pres­ta­tion créée en 2016, qui concer­nait 2,66 mil­lions de mé­nages en juin, coûte très cher. Les 5,1 mil­liards d’eu­ros pré­vus en 2018 ne suf­fi­ront pas.

Pour évi­ter un dé­ra­page trop pro­non­cé des coûts, le gou­ver­ne­ment a fait vo­ter il y a un an un ré­équi­li­brage des règles de cu­mul entre le re­ve­nu et la prime. En­tré en vi­gueur en oc­tobre, il per­met d’éco­no­mi­ser 290 mil­lions d’eu­ros en an­née pleine. Du coup, le ca­deau de 20 eu­ros en oc­tobre 2018 a été di­vi­sé par deux. D’où le coup de pouce sup­plé­men­taire an­non­cé jeu­di, dont le coût pour le bud­get est es­ti­mé à 116 mil­lions d’eu­ros en 2019. ■

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