Pre­mière avan­cée sur la fis­ca­li­té des en­tre­pôts

La com­mis­sion des Fi­nances de l’As­sem­blée a re­tou­ché le pro­jet du gou­ver­ne­ment sur la dé­fi­ni­tion d’un bâ­ti­ment in­dus­triel. Cette amé­lio­ra­tion ne met pas fin à l’in­sé­cu­ri­té ju­ri­dique.

Les Echos - - FRANCE - In­grid Feuer­stein @In_Feueur­stein

Le su­jet dé­li­cat de la taxa­tion des en­tre­pôts de­vrait connaître quelques éclair­cis­se­ments dans la loi de fi­nances pour 2019. Les dé­pu­tés de la com­mis­sion des Fi­nances ont amen­dé le pro­jet du gou­ver­ne­ment vi­sant à cla­ri­fier la no­tion d’éta­blis­se­ment in­dus­triel, dé­ter­mi­nante dans le cal­cul de la taxe fon­cière. De­puis une di­zaine d’an­nées, plu­sieurs mil­liers d’en­tre­pôts, jus­qu’ici consi­dé­rés comme des éta­blis­se­ments com­mer­ciaux, ont été re­qua­li­fiés en éta­blis­se­ments in­dus­triels par l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale, faute d’une lé­gis­la­tion claire. Avec, à la clef, un dou­ble­ment, voire un tri­ple­ment, de la taxe fon­cière.

Après avoir consti­tué un groupe de tra­vail réunis­sant élus lo­caux, in­dus­triels et re­pré­sen­tants de l’ad­mi­nis­tra­tion, Ber­cy a pro­po­sé de fixer un seuil mi­ni­mum en des­sous du­quel une ins­tal­la­tion ne peut être qua­li­fiée d’in­dus­trielle. Ex­pri­mé en « va­leur des moyens tech­niques », il a été fixé à 300.000 eu­ros dans le pro­jet de loi de fi­nances, un ni­veau consi­dé­ré comme lar­ge­ment in­suf­fi­sant par les pro­fes­sion­nels (gros­sistes, lo­gis­ti­ciens, ex­ploi­tants agri­coles, etc.) qui au­raient sou­hai­té un seuil à 1 mil­lion d’eu­ros.

Dans une op­tique de com­pro­mis, la com­mis­sion des Fi­nances a re­le­vé ce plan­cher à 500.000 eu­ros lors d’un vote mer­cre­di soir. Les dé­pu­tés ont aus­si adop­té un lis­sage plus fa­vo­rable en cas de chan­ge­ment d’af­fec­ta­tion, sur six ans, au lieu de trois dans le pro­jet ini­tial. Mal­gré ces évo­lu­tions, le texte ne ré­pond pas aux at­tentes des en­tre­prises concernées, qui au­raient sou­hai­té une dé­fi­ni­tion pré­cise d’un bâ­ti­ment in­dus­triel. Avec l’au­to­ma­ti­sa­tion crois­sante des en­tre­pôts, la fron­tière est de­ve­nue plus té­nue. Là aus­si, la ligne de crête est étroite. « Tous les amen­de­ments qui visent à re­ve­nir sur la dé­fi­ni­tion des lo­caux in­dus­triels re­viennent à don­ner un avan­tage fis­cal à la vente à dis­tance », a mis en garde le dé­pu­té LREM Joël Gi­raud. Or le lé­gis­la­teur cherche l’in­verse, en ré­ta­blis­sant l’équi­té fis­cale entre le com­merce tra­di­tion­nel et l’e-com­merce. ■

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