La Fed main­tient son cap

Mal­gré les « mid­terms » et les pres­sions de Do­nald Trump, la banque cen­trale amé­ri­caine de­vait confir­mer sa po­li­tique jeu­di, à l’is­sue de sa réunion, sans aug­men­ter ses taux pour le mo­ment.

Les Echos - - MONDE - N. Ra.

Outre la nou­velle com­po­si­tion du Con­grès, Do­nald Trump va de­voir gé­rer un autre dos­sier chaud, dans les pro­chaines se­maines : sa re­la­tion avec Je­rome Po­well. La réunion de la Fed, conclue jeu­di, de­vrait lui lais­ser le temps d’y ré­flé­chir : la ré­serve fé­dé­rale de­vait lais­ser ses taux in­chan­gés, avant une qua­trième hausse an­nuelle pré­vue pour le mois de dé­cembre. Do­nald Trump avait ac­cen­tué la pres­sion ré­cem­ment sur le pré­sident de la Fed, le con­si­dé­rant res­pon­sable du ra­len­tis­se­ment de la crois­sance. « A chaque fois qu’on fait quelque chose de bien, il re­lève les taux », avait-il dé­cla­ré au « Wall Street Jour­nal », après avoir ju­gé que la Fed était de­ve­nue « folle ». Plu­sieurs per­son­na­li­tés avaient ap­pe­lé à main­te­nir l’in­dé­pen­dance de l’ins­ti­tu­tion.

Je­rome Po­well, sou­te­nu par l’en­semble des gou­ver­neurs de la Fed, reste, lui, droit dans ses bottes. Lors du der­nier co­mi­té de po­li­tique mo­né­taire, la banque cen­trale amé­ri­caine avait confir­mé la pour­suite de son res­ser­re­ment mo­né­taire. Pour lui, au­cune rai­son de chan­ger de stra­té­gie : le mar­ché du tra­vail est tou­jours aus­si so­lide, avec 250.000 nou­veaux em­plois créés en oc­tobre et un taux de chô­mage au plus bas de­puis qua­rante-neuf ans, à 3,7 %. Les sa­laires, eux, ont com­men­cé à re­mon­ter (+3,1 % le mois der­nier), même si rien ne per­met de dire pour l’ins­tant que l’in­fla­tion s’éloigne des ni­veaux vi­sés par la Fed.

In­cer­ti­tude

Les « mid­terms » ne de­vraient rien chan­ger. Si la pers­pec­tive de nou­velles baisses d’im­pôts s’est éloi­gnée, la crois­sance pour­rait être por­tée par un ac­cord sur le plan in­fra­struc­tures, ré­cla­mé par les dé­mo­crates. Du fait de l’in­cer­ti­tude en­tou­rant les af­faires et de la re­mise en cause de la po­li­tique de dé­ré­gu­la­tion de Trump, « peut-être y au­ra-t-il un im­pact sur les obli­ga­tions, mais il se­ra faible », es­ti­mait ré­cem­ment Mi­chel Schu­ma­cher, di­rec­teur de la stra­té­gie de taux chez Wells Far­go.

Reste que la Fed de­vrait conti­nuer de sur­veiller de près deux su­jets in­quié­tants pour la crois­sance : le ra­len­tis­se­ment de l’im­mo­bi­lier (la construc­tion de lo­ge­ments neufs est au plus bas de­puis deux ans) et les in­ves­tis­se­ments des en­tre­prises, étran­ge­ment bas lors du troi­sième tri­mestre. —

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