La Mai­son-Blanche prive d’ac­cré­di­ta­tion un jour­na­liste de CNN

Le re­por­ter Jim Acos­ta a eu un échange hou­leux avec Do­nald Trump.

Les Echos - - IDÉES & DÉBATS - Jean-Phi­lippe Louis @JPhLouis

Do­nald Trump n’a pas su­bi de dé­con­ve­nue aux « mid­terms », mais n’a pas ga­gné non plus. Alors, pour ce­lui qui consi­dère que son ad­mi­nis­tra­tion a fait « plus que n’im­porte quelle autre ad­mi­nis­tra­tion dans l’his­toire des Etats-Unis », l’af­faire passe mal.

La confé­rence de presse du pré­sident mer­cre­di soir en était la preuve. Re­mon­té, Do­nald Trump s’est en­ga­gé dans un échange hou­leux avec Jim Acos­ta, tra­vaillant pour CNN, à la suite du­quel la Mai­son-Blanche a tout bon­ne­ment sus­pen­du l’ac­cré­di­ta­tion du jour­na­liste. Le re­por­ter de CNN a su­bi les foudres du pré­sident, après lui avoir po­sé une ques­tion sur l’uti­li­sa­tion du terme « in­va­sion » pour qua­li­fier une ca­ra­vane de mi­grants ar­ri­vant sur le ter­ri­toire amé­ri­cain. Alors que Do­nald Trump ne sou­hai­tait pas ré­pondre, une jeune femme de l’équipe a ten­té de prendre le mi­cro des mains du jour­na­liste, en vain.

« Je rends les coups »

Se­lon la Mai­son-Blanche, ce n’est pas l’im­per­ti­nence de la ques­tion qui a été sanc­tion­née mais son com­por­te­ment vis-àvis de cette jeune femme qui ten­tait de ré­cu­pé­rer le mi­cro. « Le pré­sident Trump croit en une presse libre, et il at­tend et ac­cepte des ques­tions dures sur lui et sur son ad­mi­nis­tra­tion », a twee­té Sa­rah San­ders, la porte-pa­role de la pré­si­dence amé­ri­caine.

« Nous ne to­lé­re­rons ce­pen­dant ja­mais qu’un re­por­ter pose sa main sur une jeune femme qui es­saie sim­ple­ment de faire son tra­vail de sta­giaire à la Mai­sonB­lanche. Ce com­por­te­ment est ab­so­lu­ment in­ac­cep­table. »

Mais le jour­na­liste dé­ment avoir eu une ré­ac­tion dé­pla­cée.

« Dans son ex­pli­ca­tion, la por­te­pa­role Sa­rah San­ders a men­ti. Elle a four­ni des ac­cu­sa­tions fausses et ci­té un évé­ne­ment qui ne s’est ja­mais pas­sé », af­firme CNN dans un com­mu­ni­qué, qui main­tient son sou­tien à Acos­ta, alors que Do­nald Trump a dé­cla­ré que la chaîne de­vrait « avoir honte »

d’em­ployer un tel jour­na­liste. La dé­ci­sion « sans pré­cé­dent » de la Mai­son-Blanche re­pré­sente une « me­nace pour la dé­mo­cra­tie », dit CNN. La Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale des jour­na­listes a éga­le­ment ap­por­té son sou­tien à Jim Acos­ta.

Entre le pré­sident et la chaîne amé­ri­caine, les ten­sions ont tou­jours été hou­leuses, Do­nald Trump vi­tu­pé­rant à de nom­breuses re­prises contre le mé­dia qu’il consi­dère être un « en­ne­mi du peuple » et un pro­pa­ga­teur de « fake news ». A la suite de la confé­rence de presse où d’autres ac­cro­chages ont eu lieu avec d’autres jour­na­listes, le pré­sident a dit es­pé­rer que « le ton puisse s’amé­lio­rer » : « Je rends les coups et je ne me bats pas pour moi, mais pour le peuple de ce pays. » ■

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.