Le pa­ra­pé­tro­lier Bour­bon dans une im­passe fi­nan­cière

Le groupe fran­çais a cinq mois pour trou­ver un ac­cord avec ses créan­ciers.

Les Echos - - INDUSTRIE & SERVICES - Vincent Col­len @Vin­centCol­len

Bour­bon ne par­vient pas à sor­tir de la crise dans la­quelle il est plon­gé de­puis la chute des cours du pé­trole, il y a quatre ans. Le groupe pa­ra­pé­tro­lier fran­çais a pu­blié jeu­di des chiffres qui dé­notent une ac­ti­vi­té très dé­pri­mée au troi­sième tri­mestre. Le chiffre d’af­faires a re­cu­lé de 17 % par rap­port au même tri­mestre de l’an­née der­nière, à 160 mil­lions d’eu­ros. Tous les in­di­ca­teurs sont au rouge : la flotte de 500 na­vires opé­rée par Bour­bon n’est uti­li­sée qu’à hau­teur de 52 %, les ta­rifs fac­tu­rés aux clients re­culent de près de 10 % en moyenne sur un an… L’en­tre­prise de ser­vices ma­ri­times à l’in­dus­trie pé­tro­lière en­tre­voit tou­te­fois une cer­taine sta­bi­li­sa­tion par rap­port au tri­mestre pré­cé­dent. « C’est peut-être la pre­mière fois que l’on sent une re­prise du mar­ché, avance Thier­ry Ho­choa, le di­rec­teur fi­nan­cier. Mais cette re­prise reste pré­caire et les prix sont du­ra­ble­ment dé­pri­més. »

Les com­pa­gnies pé­tro­lières clientes de Bour­bon par­vien- nent tou­jours à né­go­cier des ta­rifs « de crise » car le mar­ché mon­dial des ser­vices ma­ri­times est en sur­ca­pa­ci­té. Bour­bon peine d’ailleurs à vendre les 41 na­vires qu’il veut cé­der sans les « bra­der » : seuls sept d’entre eux ont été ven­dus à ce jour.

Spé­cia­li­sée dans les ser­vices en mer pour les com­pa­gnies pé­tro­lières et leurs four­nis­seurs, l’en­tre­prise ba­sée à Mar­seille est co­tée en Bourse et dé­te­nue à 60 % par Jacques de Cha­teau­vieux. Elle a dé­jà dras­ti­que­ment ré­duit ses coûts – les ef­fec­tifs sont pas­sés de 12.000 à 8.400 per­sonnes de­puis 2014 – mais ce­la ne suf­fit pas.

Pro­cé­dures

Les créan­ciers de Bour­bon, dé­ten­teurs d’une dette nette de 1,3 mil­liard d’eu­ros, perdent pa­tience. La se­maine der­nière, le groupe a an­non­cé qu’ils ris­quaient de re­fu­ser de re­nou­ve­ler la dis­pense qui lui per­met­tait d’ar­rê­ter de payer les in­té­rêts de sa dette. Il a ob­te­nu du tri­bu­nal de com­merce de Mar­seille l’ou­ver­ture de pro­cé­dures de conci­lia­tion au pro­fit de ses 22 fi­liales, ce qui em­pê­che­ra les créan­ciers de sai­sir des ac­tifs : « Cette dé­ci­sion nous donne cinq mois pour trou­ver un ac­cord avec nos créan­ciers », pour­suit Thier­ry Ho­choa. Bour­bon se dit « ou­vert à toutes les so­lu­tions » pour sur­vivre. Ce qui sous-en­tend qu’une aug­men­ta­tion de ca­pi­tal n’est pas ex­clue. ■

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