Le socle élec­to­ral du chef de l’Etat va­cille

Seuls 23 % des Fran­çais font confiance à Em­ma­nuel Ma­cron et à Edouard Phi­lippe pour af­fron­ter les pro­blèmes du pays, se­lon notre ba­ro­mètre Elabe.

Les Echos - - FRANCE - Isa­belle Fi­cek @Isa­bel­leFi­cek

La cote de confiance d’Em­ma­nuel Ma­cron n’en fi­nit pas de dé­grin­go­ler. Non seu­le­ment au­près de l’en­semble des Fran­çais, mais plus in­quié­tant en­core pour lui, elle chute aus­si lour­de­ment au­près de son élec­to­rat du pre­mier tour de la pré­si­den­tielle. Se­lon le ba­ro­mètre Elabe pour « Les Echos » et Ra­dio Clas­sique, seuls 23 % des Fran­çais « font confiance » à Em­ma­nuel Ma­cron « pour af­fron­ter ef­fi­ca­ce­ment les pro­blèmes du pays ». Une baisse de 4 points en un mois.

C’est son plus bas ni­veau de­puis le dé­but du quin­quen­nat et c’est 1 point de moins que Fran­çois Hol­lande à la même pé­riode de son man­dat. Signe, s’il en était be­soin en pleine crise des « gi­lets jaunes », que la dé­fiance s’est en­core ac­crue, le taux de Fran­çais as­su­rant ne pas faire « du tout confiance » a bon­di de 7 points, pas­sant la barre sym­bo­lique des 50 %, à 51 %.

Cette dé­fiance touche toutes les ca­té­go­ries de la po­pu­la­tion, et en par­ti­cu­lier les classes po­pu­laires, vi­vier des « gi­lets jaunes », où sa cote perd en­core 7 points, à 13 % ou en­core les classes moyennes (25 %, en baisse de 4 points). Dans les ver­ba­tim libres, « le mot “peuple” ar­rive très for­te­ment », rap­porte Ber­nard Sananès, pré­sident d’Elabe, avec des son­dés qui disent que le chef de l’Etat « n’écoute pas le peuple, ne connaît pas le peuple, ne le com­prend pas ».

Phé­no­mène qui s’ac­cé­lère, le chef de l’Etat perd ce mois-ci 9 points au­près de ses élec­teurs de pre­mier tour de la pré­si­den­tielle, à 59 %. De­puis mai, Em­ma­nuel Ma­cron a aban­don­né 28 points – dont 17 ces trois der­niers mois – dans son socle élec­to­ral. « La re­mise en cause n’est pas seu­le­ment celle de sa po­li­tique, mais aus­si de sa per­son­na­li­té, ana­lyse le pré­sident d’Elabe. Il y a bien, dans son im­po­pu­la­ri­té, une double di­men­sion : celle de ses ré­formes qui sont per­çues comme étant ni justes ni ef­fi­caces, et celle d’un pré­sident trop éloi­gné des pré­oc­cu­pa­tions des Fran­çais. »

La com­mu­ni­ca­tion du pré­sident a aus­si été, es­time Ber­nard Sananès, un « ac­cé­lé­ra­teur » avant la crise des « gi­lets jaunes » et un fac­teur ag­gra­vant pen­dant, puisque sa seule prise de pa­role pu­blique – avec le dis­cours sur la tran­si­tion éco­lo­gique et la pro­gram­ma­tion plu­ri­an­nuelle de l’éner­gie (PPE) –, a « don­né l’im­pres­sion de ne pas ré­pondre à la ques­tion po­sée ».

« Un ag­gior­na­men­to »

Jeu­di, l’Ely­sée a an­non­cé que le chef de l’Etat ne s’ex­pri­me­rait pas « avant au moins sa­me­di in­clus ». « Il ne peut par­ler que s’il montre, non pas seu­le­ment une in­flexion ou un ra­len­tis­se­ment du rythme, mais un ag­gior­na­men­to com­plet de sa po­li­tique et de sa per­sonne, avance le pré­sident d’Elabe. Il doit en­voyer des signes ex­trê­me­ment forts pour es­pé­rer être à nou­veau au­dible au­près de son élec­to­rat de se­cond tour et ras­su­rer ses élec­teurs de pre­mier tour qui montrent des signes de fai­blesse et se posent la ques­tion du lea­der­ship. »

La cote de confiance d’Edouard Phi­lippe est ali­gnée sur celle du chef

« La re­mise en cause n’est pas seu­le­ment celle de sa po­li­tique, mais aus­si de sa per­son­na­li­té. » BER­NARD SANANÈS Pré­sident d’Elabe

de l’Etat, à 23 % aus­si, en baisse éga­le­ment de 4 points. En dé­pit des ca­fouillages de com­mu­ni­ca­tion entre Ma­ti­gnon et l’Ely­sée au su­jet de l’an­nu­la­tion de la hausse de la taxe car­bone sur les car­bu­rants, qui ont don­né l’im­pres­sion de désac­cords, « pour les Fran­çais, c’est la même po­li­tique », sou­ligne Ber­nard Sananès. ■

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