Ré­formes : sept Fran­çais sur dix pour une « pause »

Se­lon un son­dage Elabe, une écra­sante ma­jo­ri­té de Fran­çais jugent les ré­formes in­ef­fi­caces pour le pou­voir d’achat.

Les Echos - - FRANCE - In­grid Feuer­stein @In_Feuer­stein

Les images de vio­lence du week-end der­nier et la crise po­li­tique qui en a ré­sul­té ont leurs ef­fets sur l’opi­nion. Se­lon un son­dage Elabe pour « Les Echos », Ra­dio clas­sique et l’Ins­ti­tut Mon­taigne, 69 % des Fran­çais de­mandent au gou­ver­ne­ment de « faire une pause » dans les ré­formes. A peine 18 % des per­sonnes in­ter­ro­gées es­timent qu’il faut « ra­len­tir le rythme » mais « gar­der le cap ». Et seuls 8 % des son­dés pensent qu’il faut « suivre l’agen­da » pré­vu. Il ne plus reste qu’une toute pe­tite mi­no­ri­té de Fran­çais (4 %) fa­vo­rable à une ac­cé­lé­ra­tion.

Frac­ture ter­ri­to­riale

Le re­tour­ne­ment en quelques mois est spec­ta­cu­laire. Dé­but juillet, 41 % des Fran­çais ju­geaient que le rythme des ré­formes était sa­tis­fai­sant, dans un son­dage cette fois réa­li­sé par l’Ifop. Seuls 37 % le ju­geaient trop lent, et 22 % vou- laient une ac­cé­lé­ra­tion. « On est pas­sé de la bien­veillance à la dé­cep­tion et de la dé­cep­tion à l’hos­ti­li­té. Au mo­ment où les gens com­men­çaient à trou­ver qu’il n’y avait pas de ré­sul­tats, Em­ma­nuel Ma­cron est ap­pa­ru en­core plus sûr de lui », ana­lyse Ber­nard Sananès, le pré­sident d’Elabe.

La frac­ture ter­ri­to­riale ap­pa­raît dans ce son­dage. C’est dans les com­munes ru­rales que l’ap­pel à une « pause » dans les ré­formes est le plus fort (76 % des per­sonnes in­ter­ro­gées), alors qu’il ne s’ex­prime que chez 63 % des ha­bi­tants de grandes villes (plus de 100.000 ha­bi­tants). Les ou­vriers sont sur­re­pré­sen­tés dans ce sou­hait de pause (80 %), alors que les cadres n’y sont fa­vo­rables qu’à 58 %.

Le ju­ge­ment sur les ré­formes pas­sées est par­ti­cu­liè­re­ment sé­vère. Pas moins de 87 % des Fran­çais trouvent qu’elles ne sont « pas ef­fi­caces » pour le pou­voir d’achat. Ils sont aus­si 87 % à es­ti­mer que les ef­forts ne sont « pas équi­ta­ble­ment ré­par­tis ». Le ju­ge­ment est éga­le­ment très né­ga­tif sur la ca­pa­ci­té des ré­formes à ré­duire les dé­fi­cits ou à re­lan­cer la com­pé­ti­ti­vi­té. Le seul point qui est ju­gé de fa­çon un peu moins né­ga­tive, c’est la confor­mi­té aux en­ga­ge­ments de cam­pagne.

Par­mi les pistes pour sor­tir de la crise, les Fran­çais sont par­ta­gés. La pro­po­si­tion qui re­cueille le plus d’ap­pro­ba­tion est celle d’une re­mise à plat de la fis­ca­li­té, de­vant la hausse des sa­laires ou l’aug­men­ta­tion des moyens pour les ser­vices pu­blics. « C’est peut-être la piste de sor­tie de crise », sug­gère Ber­nard Sananès. En tout cas, c’est celle pri­vi­lé­giée pour l’ins­tant par l’exé­cu­tif. Le Pre­mier mi­nistre a an­non­cé mar­di une vaste concer­ta­tion sur les im­pôts et les dé­penses pu­bliques. ■

Par­mi les pistes pour sor­tir de la crise, les Fran­çais sont re­la­ti­ve­ment par­ta­gés.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.