Le Maire pousse les en­tre­prises à ver­ser des primes

● Le mi­nistre de l’Eco­no­mie a in­vi­té, jeu­di, les pa­trons à ver­ser à leurs sa­la­riés une prime qui se­ra dé­fis­ca­li­sée. ● Ma­ti­gnon évoque des me­sures pour les bas sa­laires.

Les Echos - - FRANCE - Ma­rie Bel­lan @mbel­lan1

Nou­veau monde, vieilles re­cettes… Pour re­don­ner du pou­voir d’achat aux sa­la­riés, Bru­no Le Maire a in­vi­té, ce jeu­di, sur France 2, les en­tre­prises à ver­ser une prime à leurs sa­la­riés. Un dis­po­si­tif qui rap­pelle ce­lui mis en place par Ni­co­las Sar­ko­zy en 2011, alors que le mi­nistre de l’Eco­no­mie était dé­jà au gou­ver­ne­ment à l’époque.

Bap­ti­sé « prime de par­tage des pro­fits », ce dis­po­si­tif im­po­sait à toutes les en­tre­prises de plus de 50 sa­la­riés, dont les di­vi­dendes ver­sés l’an­née pré­cé­dente étaient en aug­men­ta­tion par rap­port à la moyenne des deux der­nières an­nées, de ver­ser à leurs sa­la­riés une somme pou­vant al­ler jus­qu’à 1.200 eu­ros dé­fis­ca­li­sés.

« Une prime to­ta­le­ment dé­fis­ca­li­sée, j’y suis fa­vo­rable, car ça per­met de sou­te­nir ceux qui tra­vaillent », a af­fir­mé Bru­no Le Maire. Cette fois-ci, la prime pour­rait être dé­fis­ca­li­sée jus­qu’à 1.000 eu­ros et ne se­rait ver­sée que si l’en­tre­prise le sou­haite. L’en­semble du pa­tro­nat, qui était re­çu ce jeu­di à Ber­cy, s’y est dé­cla­ré fa­vo­rable : « C’est une de nos pro­po­si­tions de­puis fort long­temps dé­jà », ex­plique Fran­çois As­se­lin, le pré­sident de la CPME. « Il faut que cette prime soit dis­tri­buée si l’en­tre­prise le peut », pré­cise-t-il.

« C’est une de nos pro­po­si­tions de­puis fort long­temps dé­jà. Il faut que cette prime soit dis­tri­buée si l’en­tre­prise le peut. » FRAN­ÇOIS AS­SE­LIN Pré­sident de la CPME

« Prime Sar­ko­zy »

Le ver­se­ment de la « prime Sar­ko­zy » était, elle, obli­ga­toire, sous ré­serve des condi­tions ci­tées plus haut, mais le mon­tant de la prime elle-même de­vait être fixé par ac­cord d’en­tre­prise, ou à dé­faut, uni­la­té­ra­le­ment par l’em­ployeur. Ce qui avait don­né des dif­fé­rences de trai­te­ment no­tables entre en­tre­prises. De 1.200 eu­ros pour les mieux lo­tis (ce fut le cas d’Her­mès en 2011) à quelques cen­taines d’eu­ros dans la plu­part des grands groupes (100 eu­ros par sa­la­rié chez AXA en 2011, 110 eu­ros pour Grou­pa­ma, 150 eu­ros pour Car­re­four, STMi­croe­lec­tro­nics ou en­core Re­nault). Très peu d’en­tre­prises sont al­lées au-de­là de 500 eu­ros, sans par­ler des PME dont une grande par­tie ne ren­trait pas dans les cri­tères d’at­tri­bu­tion. La prime avait été sup­pri­mée par Fran­çois Hol­lande en 2014.

Le Pre­mier mi­nistre, Edouard Phi­lippe, a éga­le­ment évo­qué, dans son dis­cours de­vant le Sé­nat ce jeu­di, des me­sures spé­ci­fiques pour les bas sa­laires : « Je suis prêt à exa­mi­ner toutes les me­sures qui per­met­traient d’aug­men­ter les ré­mu­né­ra­tions au ni­veau du SMIC sans pé­na­li­ser ex­ces­si­ve­ment la com­pé­ti­ti­vi­té de nos en­tre­prises », a-t-il in­di­qué.

Plu­sieurs dé­pu­tés de la ma­jo­ri­té plaident pour une re­va­lo­ri­sa­tion de la prime d’ac­ti­vi­té pour les sa­laires juste au-des­sus du SMIC, qui ne sont pour l’heure pas concer­nés par la hausse de 30 eu­ros par mois qui doit in­ter­ve­nir au 1er avril 2019. Autre op­tion : l’avan­ce­ment de cette hausse. Cô­té pa­tro­nat, on plaide aus­si pour un avan­ce­ment de la me­sure sur les heures sup­plé­men­taires déso­cia­li­sées qui doit en­trer en vi­gueur en sep­tembre 2019. Une me­sure mise en place par Ni­co­las Sar­ko­zy, là aus­si. ■

Pho­to Ha­mil­ton/RÉA

Le mi­nistre de l’Eco­no­mie, Bru­no Le Maire, a re­çu à Ber­cy jeu­di l’en­semble du pa­tro­nat.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.