Ces dé­penses contraintes qui grèvent le bud­get des Fran­çais

La part des dé­penses pré­en­ga­gées re­pré­sen­tait près de 30 % du bud­get des mé­nages en 2017, se­lon l’Insee. Un ra­tio qui grimpe à 60 % pour les plus pauvres.

Les Echos - - FRANCE - Guillaume de Ca­li­gnon @gca­li­gnon

Bon an, mal an, les dé­penses contraintes des Fran­çais ont ten­dance à aug­men­ter. Comme l’a dit le Pre­mier mi­nistre mer­cre­di à l’As­sem­blée, les dé­penses contraintes sont celles qui « grèvent le bud­get des mé­nages et pour les­quelles les Fran­çais pensent ne pas avoir le choix ».

L’Insee dé­fi­nit plus pré­ci­sé­ment ces dé­penses en les ap­pe­lant pré­en­ga­gées, c’est-à-dire les dé­penses « réa­li­sées dans le cadre d’un contrat dif­fi­ci­le­ment re­né­go­ciable à court terme ». Il s’agit des loyers, des fac­tures d’eau, de gaz, d’élec­tri­ci­té, frais de can­tines, as­su­rances ou en­core abon­ne­ments té­lé­pho­niques et In­ter­net. Or, « la part des dé­penses pré­en­ga­gées re­pré­sente une frac­tion crois­sante du bud­get des mé­nages : elle est pas­sée de 12,4 % de leur re­ve­nu dis­po­nible en 1959 à 29,4 % en 2017 », no­tait l’Insee dans une étude pa­rue en oc­tobre der­nier. Et les dé­penses liées au lo­ge­ment ex­pliquent plus des trois quarts de cette hausse.

D’où le sen­ti­ment des Fran­çais que leurs marges de ma­noeuvre bud­gé­taires se sont en fait ré­duites ces der­nières an­nées, mal­gré les sta­tis­tiques di­sant le contraire. En clair, les mé­nages ne dis­posent pas de beau­coup d’ar­gent une fois que les fac­tures sont payées.

Car­bu­rants ou trans­ports

D’au­tant que, dans ces dé­penses pré­en­ga­gées, le poste trans­ports – car­bu­rants ou trans­ports en com­muns – n’est pas pris en compte. Or, pour beau­coup de Fran­çais, l’achat d’es­sence à la pompe est le pas­sage obli­gé pour al­ler tra­vailler. En 2006, la part al­louée à l’éner­gie dans le bud­get d’un mé­nage, était près de deux fois plus faible dans l’ag­glo­mé­ra­tion pa­ri­sienne (5,7 %) qu’en zone ru­rale (11,3 %).

Deuxième pro­blème, les dé­penses pré­en­ga­gées ne pèsent pas le même poids se­lon le re­ve­nu du mé­nage. « La part des dé­penses pré­en­ga­gées dans le re­ve­nu dis­po­nible des mé­nages est d’au­tant plus forte que leur ni­veau de vie est faible : elle passe de 61 % pour les mé­nages pauvres à 23 % pour les mé­nages ai­sés », se­lon une étude du mi­nis­tère de la San­té. Ain­si, en te­nant compte du ni­veau de vie ar­bi­trable – ce qu’il reste après les dé­penses pré­en­ga­gées –, « les in­éga­li­tés ap­pa­raissent plus fortes » ■.

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