San­jeev Gup­ta, une vi­sion à contre-cou­rant

Du Brexit aux pro­blèmes de com­pé­ti­ti­vi­té en Eu­rope, le mil­liar­daire an­glo-in­dien voit souvent une op­por­tu­ni­té là où d’autres ne ver­raient qu’une contrainte.

Les Echos - - INDUSTRIE & SERVICES - A. C.

Quelle est la re­cette ma­gique du nou­veau ba­ron de l’acier ? Le mil­liar­daire an­glo-in­dien San­jeev Gup­ta, dont le groupe est de­ve­nu le troi­sième pro­duc­teur en Eu­rope, a une vi­sion claire et des idées simples, souvent à contre-cou­rant du sec­teur.

La pre­mière est de com­bi­ner re­cy­clage et ali­men­ta­tion en éner­gie verte, en don­nant la prio­ri­té aux res- sources lo­cales pour ré­duire les coûts des fon­de­ries. « La du­rée de vie moyenne d’un pro­duit en acier est de qua­rante ans. Très ra­pi­de­ment, j’ai eu le sen­ti­ment qu’une mon­tagne d’acier était en train de s’ac­cu­mu­ler dans les pays dé­ve­lop­pés et que cet acier de­vait être re­cy­clé lo­ca­le­ment », ex­pli­quait-il aux « Echos » en dé­but d’an­née.

La se­conde est de rap­pro­cher des fon­de­ries les usines de pro­duits dé­ri­vés, en par­ti­cu­lier dans l’alu­mi­nium. GFG (Gup­ta Fa­mi­ly Group) dé­tient ain­si, en Ecosse, le site du Ben Ne­vis, le point culmi­nant des îles bri­tan­niques (1.344 mètres). Lui ap­par­tient, en par­ti­cu­lier, la cen­trale hy­drau­lique qui y est ins­tal­lée. Elle ali­mente en éner­gie la fon­de­rie qu’il pos­sède à quelques ki­lo­mètres de là, à Fort William. La­quelle des­ser­vi­ra l’usine de jantes au­to­mo­biles qu’il compte bâ­tir sur place – il vient tout juste d’ob­te­nir le per­mis de construire.

Ré­ou­ver­ture de site

San­jeev Gup­ta in­ves­tit en Eu­rope alors que ses ri­vaux s’en vont, mi­sant sur la tech­no­lo­gie pour pro­duire moins cher là où ils re­noncent à un com­bat qu’ils jugent per­du d’avance. Il voit dans le Brexit une op­por­tu­ni­té pour l’Eu­rope comme pour le Royaume-Uni, là où les pa­trons ne voient souvent qu’un dan­ger pour leur ac­ti­vi­té. Il dé­cen­tra­lise le pou­voir dans son groupe, là où d’autres crée­raient un en­semble plus struc­tu­ré mais lais­sant moins de place à l’ini­tia­tive.

Même en ma­tière de res­sources hu­maines, ses choix dé­tonnent. Comme lors­qu’il dé­cide de conti­nuer de ver­ser pen­dant deux ans la moi­tié de leur sa­laire aux ou­vriers de l’acié­rie gal­loise de New­port, même si cer­tains ont re­trou­vé un em­ploi après la fer­me­ture du site par le pré­cé­dent pro­prié­taire. Une ma­nière de conser­ver le lien… pour mieux les ré­em­bau­cher, avec l’aide des syn­di­cats, lors­qu’il choi­sit de rou­vrir l’usine en 2015. —

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.