Com­ment va se dé­rou­ler le nou­veau bac

Le mi­nis­tère de l’Edu­ca­tion vient d’en­voyer aux rec­teurs et aux pro­vi­seurs le mode d’em­ploi du nou­veau bac. Une banque na­tio­nale de su­jets se­ra ou­verte à par­tir du 1er dé­cembre. Les élèves pas­se­ront les épreuves de contrôle conti­nu dans leur ly­cée.

Les Echos - - LA UNE - Ma­rie-Ch­ris­tine Cor­bier @mc­cor­bier

Ce sont les ré­ponses que tous les ly­céens de pre­mière et leurs pa­rents at­ten­daient : dans une note que « Les Echos » ont pu consul­ter, le mi­nis­tère de l’Edu­ca­tion pré­cise quand, com­ment et où se dé­rou­le­ront les pre­mières épreuves de contrôle conti­nu du nou­veau bac. Une banque na­tio­nale de su­jets se­ra no­tam­ment ou­verte à par­tir du 1er dé­cembre.

Ce sont les ré­ponses que tous les ly­céens de pre­mière et leurs pa­rents at­ten­daient : dans une note que « Les Echos » ont pu consul­ter, le mi­nis­tère de l’Edu­ca­tion pré­cise quand, com­ment et où se dé­rou­le­ront les pre­mières épreuves de contrôle conti­nu du nou­veau bac.

Le mode d’em­ploi vient d’être en­voyé aux rec­teurs et aux pro­vi­seurs, alors que le prin­ci­pal syn­di­cat du se­cond de­gré, le SNES-FSU, très cri­tique en­vers la ré­forme du bac­ca­lau­réat, a ré­cla­mé mer­cre­di l’an­nu­la­tion de la pre­mière sé­rie d’épreuves – pré­vue pour jan­vier – en dé­non­çant « la plus grande in­cer­ti­tude » et « un ni­veau in­édit d’im­pré­pa­ra­tion ». Avec l’en­voi d’une note ex­pli­ca­tive « sur la­quelle les rec­teurs et les syn­di­cats ont tra­vaillé, y com­pris la FSU, les choses sont dé­sor­mais par­fai­te­ment cla­ri­fiées », af­firme au contraire Edouard Gef­fray, nu­mé­ro deux du mi­nis­tère.

1 Quand au­ront lieu les épreuves de contrôle conti­nu ? Pour les élèves qui sont ac­tuel­le­ment en pre­mière, les épreuves com­munes de contrôle conti­nu se dé­rou­le­ront entre jan­vier et mi­mars. Seules quelques ma­tières sont concer­nées : l’his­toire-géo­gra­phie, les langues vi­vantes A et B et, pour la voie tech­no­lo­gique, les ma­thé­ma­tiques. Entre avril et mi-juin, les élèves pas­se­ront une deuxième sé­rie d’épreuves : les mêmes dis­ci­plines sont concer­nées ain­si que le troi­sième en­sei­gne­ment de spé­cia­li­té qu’ils aban­don­ne­ront en ter­mi­nale, de même que l’en­sei­gne­ment scien­ti­fique de la voie gé­né­rale. « L’idée est que les élèves ne jouent pas tout leur bac sur une se­maine et qu’ils puissent ti­rer pro­fit de chaque épreuve, ex­plique Edouard Gef­fray. Pour ce­la, ils pour­ront ré­cu­pé­rer les cor­ri­gés an­no­tés afin de pro­gres­ser dès la ses­sion sui­vante. »

2 Que se pas­se­ra-t-il du­rant l’an­née de ter­mi­nale ?

Les élèves qui se­ront en ter­mi­nale en 2021 pas­se­ront une troi­sième sé­rie d’épreuves de contrôle conti­nu, entre mai et juin : ce­la vau­dra pour l’his­toire-géo­gra­phie, les langues vi­vantes A et B, l’en­sei­gne­ment scien­ti­fique dans la voie gé­né­rale et, pour la voie tech­no­lo­gique, les ma­thé­ma­tiques.

Dans le nou­veau bac, les épreuves de contrôle conti­nu comp­te­ront pour 30 % de la note fi­nale, à la­quelle s’ajou­te­ra la prise en compte des bul­le­tins sco­laires à hau­teur de 10 %.

3 Qui choi­si­ra les su­jets ?

Le choix se­ra fait par le pro­vi­seur, sur pro­po­si­tion de l’équipe des pro­fes­seurs de la dis­ci­pline, en fonc­tion des avan­cées réa­li­sées dans le pro­gramme. Le pro­vi­seur, ou son ad­joint, se connec­te­ra à une banque na­tio­nale de su­jets et y don­ne­ra ac­cès aux pro­fes­seurs concer­nés. « Cette banque d’épreuves se­ra ou­verte le 1er dé­cembre, confie aux « Echos » Edouard Gef­fray. Tous les en­sei­gnants concer­nés au­ront donc six se­maines à deux mois pour faire le choix des su­jets de la pre­mière sé­rie. »

A ceux qui s’in­quiètent d’un nombre de su­jets in­suf­fi­sant, il ré­torque au contraire qu’il « se comp­te­ra en di­zaines et di­zaines pour per­mettre aux équipes pé­da­go­giques de choi­sir les su­jets qui cor­res­pondent à leur propre pro­gres­sion pé­da­go­gique ».

4 Où se dé­rou­le­ront les épreuves ?

Elles doivent se te­nir, se­lon le mi­nis­tère, « du­rant le cours nor­mal de la sco­la­ri­té ». Elles sont or­ga­ni­sées par le ly­cée dans le­quel les élèves sont sco­la­ri­sés ou, à dé­faut, dans un éta­blis­se­ment proche si plu­sieurs ly­cées dé­cident de mutualiser l’or­ga­ni­sa­tion du nou­veau bac.

Ces épreuves se dé­roulent sur deux heures – sauf pour les langues. Elles au­ront lieu dans la salle de classe ha­bi­tuelle, sur­veillées par un pro­fes­seur de la classe ou une autre per­sonne de l’éta­blis­se­ment. Les élèves de­vront avoir été convo­qués de ma­nière no­mi­na­tive et in­di­vi­duelle au moins huit jours avant la date de l’épreuve.

5 Tous les élèves d’un même ly­cée pas­se­ront-ils les épreuves en même temps ?

Pas for­cé­ment. Tout ne se dé­rou­le­ra pas de la même ma­nière se­lon les éta­blis­se­ments. Le mi­nis­tère a lais­sé une as­sez grande la­ti­tude aux ly­cées.

Pre­mière op­tion : soit l’en­semble des classes d’une même voie (gé­né­rale ou tech­no­lo­gique) planche sur un même su­jet, le même jour, à la même heure. Deuxième op­tion : les classes com­posent sur des jours ou des cré­neaux dif­fé­rents, sur des su­jets qui évi­dem­ment ne se­ront pas les mêmes.

« Dans la me­sure du pos­sible, la com­po­si­tion sur le même su­jet à la même date doit être pri­vi­lé­giée par l’éta­blis­se­ment », af­firme le mi­nis­tère. Mais rien n’in­ter­dit de faire dif­fé­rem­ment. Par exemple, si tous les élèves de pre­mière qui ont choi­si l’al­le­mand ont cours le lun­di ma­tin entre 10 heures et 12 heures, l’épreuve peut être or­ga­ni­sée sur ce cré­neau. Mais un ly­cée à 15 classes n’au­ra pas la même or­ga­ni­sa­tion qu’un ly­cée qui en a 3. D’où cette « marge de ma­noeuvre lais­sée aux éta­blis­se­ments dans l’or­ga­ni­sa­tion concrète », jus­ti­fie le mi­nis­tère.

6 Les élèves de se­conde et de ter­mi­nale au­ront-ils cours pen­dant les épreuves des élèves de pre­mière ?

Oui. « Le bon fonc­tion­ne­ment des éta­blis­se­ments ne doit pas être re­mis en cause par l’or­ga­ni­sa­tion des épreuves com­munes de contrôle conti­nu », as­sure le mi­nis­tère de l’Edu­ca­tion dans sa note adres­sée aux rec­teurs et aux pro­vi­seurs. « On n’im­pose pas une confi­gu­ra­tion de salle de type exa­men, et donc tous les en­sei­gnants de l’éta­blis­se­ment ne se­ront pas mo­bi­li­sés pour la sur­veillance », dé­taille Edouard Gef­fray.

L’en­sei­gnant ha­bi­tuel de la dis­ci­pline concer­née par l’épreuve de contrôle conti­nu pour­ra, se­lon le mi­nis­tère, sur­veiller l’épreuve. Mais que se pas­se­ra-t-il s’il a cours, sur ce cré­neau, avec des élèves de se­conde ou de ter­mi­nale ? Cer­tains pro­fes­seurs s’en sont in­quié­tés. « Et com­ment fai­saient-ils lors­qu’il y avait des bacs blancs ? s’agace Phi­lippe Vincent, à la tête du prin­ci­pal syn­di­cat de chefs d’éta­blis­se­ment, le SNPDEN. Les en­sei­gnants ont tou­jours pra­ti­qué des échanges de ser­vices. Il ne faut pas faire d’une tau­pi­nière une mon­tagne. »

7 Qui cor­ri­ge­ra les co­pies ?

Une fois les épreuves ter­mi­nées, les co­pies se­ront nu­mé­ri­sées puis ré­par­ties en lots et en­voyées aux cor­rec­teurs dé­si­gnés.

Ces cor­rec­teurs se­ront des pro­fes­seurs de l’éta­blis­se­ment ou d’autres éta­blis­se­ments de l’aca­dé­mie. Si ce sont des en­sei­gnants de l’éta­blis­se­ment, alors ils ne de­vront pas cor­ri­ger les co­pies de leurs élèves de l’an­née en cours, « ni, le cas échéant, celles de leurs proches sco­la­ri­sés dans l’éta­blis­se­ment », se­lon le do­cu­ment du mi­nis­tère. Les co­pies sont « ano­ny­mi­sées » et sont di­rec­te­ment cor­ri­gées en ligne par les cor­rec­teurs.

Sur les ques­tions de nu­mé­ri­sa­tion et d’en­voi des co­pies, le SNPDEN es­time tou­te­fois qu’il reste des pro­grès à faire en termes « d’in­ter­con­nexion » des bases in­for­ma­tiques.

8 Qui har­mo­ni­se­ra les notes ?

Pour évi­ter un ef­fet « cor­rec­teur » ou « éta­blis­se­ment », une com­mis­sion d’har­mo­ni­sa­tion se réuni­ra, dans chaque aca­dé­mie, après chaque pé­riode de contrôle conti­nu. Les com­mis­sions se­ront com­po­sées d’ins­pec­teurs pé­da­go­giques et de pro­fes­seurs nom­més chaque an­née par le rec­teur. En cas de « dis­cor­dances ma­ni­festes », la com­mis­sion peut mo­di­fier la no­ta­tion d’un en­semble de co­pies.

Une fois cor­ri­gées, les co­pies se­ront dis­po­nibles pour les can­di­dats sur leur es­pace per­son­nel, après har­mo­ni­sa­tion. Les co­pies pa­pier se­ront ar­chi­vées jus­qu’à la fin de la ses­sion.

9 Que se pas­se­ra-t-il en cas de contes­ta­tion ?

Sauf er­reur ma­té­rielle, au­cun re­cours n’est pos­sible au­près du chef d’éta­blis­se­ment. Comme au­jourd’hui, les re­cours ju­ri­diques ne se­ront pos­sibles qu’au­près du rec­teur.

10 Le bac va-t-il res­ter un exa­men na­tio­nal ?

« Si on adhère à la lo­gique du contrôle conti­nu, qui est l’un des élé­ments de la ré­forme, on constate que le bac com­bine la di­men­sion na­tio­nale avec l’or­ga­ni­sa­tion dans la vie quo­ti­dienne de l’élève », plaide Edouard Gef­fray.

Il évoque la banque na­tio­nale d’épreuves, le fait que les cor­rec­teurs n’aient pas les can­di­dats comme élèves ou en­core qu’il y ait une com­mis­sion aca­dé­mique d’har­mo­ni­sa­tion comme au­tant d’élé­ments qui vont per­mettre de « pré­ser­ver le ca­rac­tère na­tio­nal de l’exa­men ». Ce­la ne suf­fi­ra pas à évi­ter « un bac lo­cal », dé­plorent au contraire les syn­di­cats contes­ta­taires, au pre­mier rang des­quels le SNES-FSU. ■

Les épreuves de contrôle conti­nu du nou­veau bac comp­te­ront pour 30 % de la note fi­nale. La prise en compte des bul­le­tins sco­laires s’ajou­te­ra à hau­teur de 10 %.

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