Quand les grandes sé­ries té­lé tentent le pa­ri du film

● Ce ven­dre­di, le film adap­té de la sé­rie té­lé­vi­sée « Brea­king Bad » dé­barque sur Net­flix. ● De­puis près de trois se­maines, « Down­ton Ab­bey » est dif­fu­sé au ci­né­ma, et ce pas­sage du pe­tit au grand écran est une réus­site com­mer­ciale.

Les Echos - - LA UNE - Ni­co­las Ri­chaud @Ni­coRi­chaud

Le film adap­té de la sé­rie culte « Brea­king Bad » dé­barque sur Net­flix ce ven­dre­di. En salle, « Down­ton Ab­bey » est un suc­cès com­mer­cial. Et d’autres sé­ries phares vont aus­si pas­ser du pe­tit au grand écran, comme

« The So­pra­nos ».

C’est le grand re­tour de « Brea­king Bad ». Six ans après l’ul­time épi­sode de cette sé­rie ico­nique qui avait vu plus de 10 mil­lions d’Amé­ri­cains se mas­ser de­vant leur pe­tit écran pour as­sis­ter au dé­noue­ment, le film va dé­bar­quer sur Net­flix ce ven­dre­di ain­si que dans 68 ci­né­mas in­dé­pen­dants aux Etats-Unis. Il se­ra en­suite dis­po­nible dé­but 2020 sur la chaîne câ­blée amé­ri­caine AMC, son dif­fu­seur his­to­rique entre 2008 et 2013.

In­ti­tu­lé « El Ca­mi­no : A Brea­king Bad Mo­vie », le film re­prend l’his­toire là où la sé­rie l’avait lais­sée avec une grande par­tie du cas­ting, dont l’ac­teur Aa­ron Paul. Cette pro­duc­tion est l’oeuvre de Vince Gilli­gan, le créa­teur de la fran­chise met­tant en scène Wal­ter White, un pro­fes­seur de chi­mie at­teint d’un can­cer qui se lance dans la fa­bri­ca­tion et le tra­fic de mé­tham­phé­ta­mine afin d’as­su­rer un ave­nir fi­nan­cier à sa fa­mille.

« De belles marques avec une base de fans »

Il y a près de trois se­maines, une autre sé­rie très po­pu­laire a fait le grand saut du pe­tit au grand écran : « Down­ton Ab­bey ». Avec suc­cès et ren­ta­bi­li­té. Tou­jours en cours d’ex­ploi­ta­tion dans les salles obs­cures, le film a dé­jà gé­né­ré près de 140 mil­lions de dol­lars de re­cettes au box-of­fice, se­lon Com­score, pour un bud­get de pro­duc­tion (ne com­pre­nant ni les frais de mar­ke­ting ni ceux de dis­tri­bu­tion) es­ti­mé à moins de 20 mil­lions.

« Les So­pra­no », « The Wal­king Dead » : ces sé­ries au suc­cès mon­dial vont aus­si avoir droit à leur adap­ta­tion en film dans les pro­chaines an­nées. Un phé­no­mène qui est en train de s’ac­cé­lé­rer. La rai­son ? « Les grands stu­dios sont fri­leux à l’idée de pro­duire des films à par­tir de concepts ori­gi­naux et pré­fèrent mi­ser sur des fran­chises qui ont dé­jà une no­to­rié­té. Or, de nom­breuses sé­ries sont de belles marques avec une base de fans dé­jà très large. Ce­la vaut le coup de ten­ter le pa­ri du film », ex­plique Eric Mar­ti, di­rec­teur gé­né­ral de Com­score France. « D’ailleurs, “Brea­king Bad” et “Down­ton Ab­bey” sont de vraies ex­ten­sions de sé­ries ré­centes. Alors que dans les an­nées 2000, il y a eu une vague d’adap­ta­tion au ci­né­ma de sé­ries da­tant des an­nées 1960-1970. Mais ces li­cences étaient in­con­nues des jeunes, il a fal­lu re­créer tout l’uni­vers, les ac­teurs n’étaient pas les mêmes et ce­la s’est tra­duit par beau­coup d’échecs. Le seul vrai suc­cès a été “Mis­sion Im­pos­sible” . » Cette sé­rie de six films sor­tis entre 1996 et 2018 a dé­ga­gé plus de 3,5 mil­liards de dol­lars de re­cettes.

En deux dé­cen­nies, le pay­sage de la pro­duc­tion au­dio­vi­suelle a aus­si été to­ta­le­ment bou­le­ver­sé et les sé­ries sont de­ve­nues cultes. De « Mad Men » à « The Wire » en pas­sant par « Game of Th­rones », la qua­li­té des pro­duc­tions s’est consi­dé­ra­ble­ment éle­vée et cer­taines sé­ries n’ont plus rien à en­vier aux films. « Le saut créa­tif n’est plus si grand à faire. Et il y a long­temps eu un dis­tin­guo fort entre ama­teurs de sé­ries et ci­né­philes. Ce n’est plus le cas au­jourd’hui, les deux for­mats s’adressent au même pu­blic », note Eric Mar­ti.

Choi­sir le meilleur mo­ment

Reste la ques­tion du meilleur mo­ment pour sor­tir le film. Elle re­lève du sa­vant do­sage. L’idéal est de lais­ser un peu de temps entre la fin de la sé­rie et la sor­tie du film pour nour­rir le sen­ti­ment de nos­tal­gie chez les fans… A condi­tion de ne pas trop tar­der non plus, si­non la no­to­rié­té de la sé­rie peut s’ef­fi­lo­cher. En 2008, le film « Sex and the Ci­ty », lan­cé quatre ans après la fin de la sé­rie, a gé­né­ré 415 mil­lions de dol­lars au box-of­fice. Une réus­site. Sor­tie la même an­née, la deuxième adap­ta­tion au ci­né­ma de la sé­rie « X-Files » (conclue en 1998) a été un flop, avec 68 mil­lions de re­cettes.

En France, « Kaa­me­lott » va avoir droit à son adap­ta­tion au ci­né­ma ; le film a été an­non­cé pour oc­tobre 2020. Très po­pu­laire, la sé­rie s’était ter­mi­née en 2009. L’ave­nir di­ra si les ama­teurs des aven­tures du roi Ar­thur et de sa bande les ont ou­bliés ou sont im­pa­tients de les re­trou­ver dans les salles obs­cures. ■

Pho­to Ben Roth­stein/Net­flix

« El Ca­mi­no : A Brea­king Bad Mo­vie » re­prend l’his­toire là où la sé­rie l’avait lais­sée avec une grande par­tie du cas­ting, dont l’ac­teur Aa­ron Paul.

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