Na­tixis ren­force le con­trôle des risques

● La fi­liale de BPCE bous­cule son or­ga­ni­sa­tion et an­nonce plu­sieurs no­mi­na­tions stra­té­giques. ● Ses per­for­mances tri­mes­trielles marquent par ailleurs une nette amé­lio­ra­tion.

Les Echos - - LA UNE - Ro­main Gueu­gneau @ro­main­gueu­gneau et Bas­tien Bou­chaud @Bas­tienBou­chaud

La fi­liale du groupe BPCE bous­cule son or­ga­ni­sa­tion et an­nonce plu­sieurs no­mi­na­tions dans le con­trôle des risques. Elle ap­porte une ré­ponse aux in­ci­dents sur­ve­nus de­puis un an. Au troi­sième tri­mestre, ses ré­sul­tats pro­gressent.

Place à l’ac­tion. Na­tixis a ti­ré les en­sei­gne­ments des in­ci­dents sur­ve­nus lors des douze der­niers mois. A l’oc­ca­sion de la pu­bli­ca­tion des ré­sul­tats du troi­sième tri­mestre, la fi­liale du groupe BPCE a an­non­cé une ré­or­ga­ni­sa­tion des­ti­née à ren­for­cer le con­trôle et la pré­ven­tion des risques. L’ac­ci­dent de mar­ché à 260 mil­lions d’eu­ros, sur­ve­nu en Asie fin 2018, et les pro­blèmes liés à son af­fi­lié bri­tan­nique H2O dans la ges­tion d’ac­tifs, ré­vé­lés en juin, ont créé une cer­taine émo­tion chez Na­tixis, ses clients mais aus­si chez les su­per­vi­seurs.

La banque nomme donc un nou­veau di­rec­teur des risques, Oli­vier Vi­gne­ron, qui entre au co­mi­té de di­rec­tion gé­né­rale. Re­cru­té chez JP Mor­gan, il se­ra ba­sé à Pa­ris et suc­cé­de­ra à Pierre De­bray, nom­mé conseiller du di­rec­teur gé­né­ral. Un poste de res­pon­sable des risques et de la confor­mi­té des ac­ti­vi­tés aux Etats-Unis est éga­le­ment créé. Il se­ra oc­cu­pé par Sté­phane Mo­rin, l’ac­tuel di­rec­teur de la « com­pliance ». Cette créa­tion de poste ré­pond à la ré­gle­men­ta­tion aux Etats-Unis, où Na­tixis réa­lise plus de la moi­tié de ses re­ve­nus en ges­tion d’ac­tifs et un quart en banque d’in­ves­tis­se­ment. La di­rec­trice des res­sources hu­maines, Anne Le­bel, voit pour sa part ses fonc­tions élar­gies avec la res­pon­sa­bi­li­té « du dé­ve­lop­pe­ment de la culture d’en­tre­prise ». Au-de­là des va­leurs com­munes, le vo­let culture d’en­tre­prise en­globe aus­si une cer­taine culture du risque, qui a pu faire dé­faut chez Na­tixis. C’était en tout cas un su­jet d’at­ten­tion pour les su­per­vi­seurs ban­caires.

Sa fi­liale de ges­tion d’ac­tifs, Na­tixis In­vest­ment Ma­na­gers (NIM), est concer­née au pre­mier chef par la re­fonte de la ges­tion des risques. Il faut dire que les dé­boires de sa bou­tique H2O, épin­glée pour l’ex­po­si­tion de cer­tains de ses fonds à des ac­tifs illi­quides, avaient fait plon­ger le cours de Bourse de Na­tixis cet été.

La banque a ain­si an­non­cé la no­mi­na­tion pro­chaine d’un di­rec­teur des risques chez NIM, dis­tinct du di­rec­teur de la confor­mi­té, quelques jours après avoir créé un poste de di­rec­teur des opé­ra­tions. Na­tixis va éga­le­ment im­po­ser la sé­pa­ra­tion des fonc­tions de di­rec­teur de la confor­mi­té et de di­rec­teur des risques chez tous ses af­fi­liés.

At­ta­che­ment au mo­dèle mul­ti­bou­tique

Na­tixis in­siste sur son at­ta­che­ment au mo­dèle mul­ti­bou­tique, qui laisse à ses gé­rants af­fi­liés une au­to­no­mie im­por­tante. « Ces no­mi­na­tions ren­forcent la ro­bus­tesse et l’agi­li­té de Na­tixis dans un contexte qui évo­lue ra­pi­de­ment », com­mente le di­rec­teur gé­né­ral, Fran­çois Ria­hi. Mais elles re­pré­sentent la plus im­por­tante évo­lu­tion du mo­dèle de­puis sa mise en place. « Nous avons be­soin de ren­for­cer le dis­po­si­tif et de l’adap­ter à la forte crois­sance de notre ac­ti­vi­té », ex­plique-t-on du cô­té de Na­tixis, qui sou­haite aus­si in­di­rec­te­ment se pré­mu­nir contre le risque de ré­pu­ta­tion. Les bou­tiques de Na­tixis IM gèrent au­jourd’hui 920 mil­liards d’eu­ros d’en­cours, contre plus de 500 mil­liards en 2009. Reste à faire ac­cep­ter cette évo­lu­tion par les af­fi­liés, dont cer­tains res­tent très at­ta­chés à leur in­dé­pen­dance. Chez Na­tixis, on as­sure que la nou­velle or­ga­ni­sa­tion a été construite avec les af­fi­liés, qui ont été consul­tés après l’af­faire H2O.

L’ac­ti­vi­té du troi­sième tri­mestre va­lide en tout cas la per­ti­nence du mo­dèle Na­tixis dans un contexte de taux bas. Le pro­duit net ban­caire a pro­gres­sé de 6 %, à 2,28 mil­liards d’eu­ros, por­té par la dy­na­mique de la ges­tion d’ac­tifs et de for­tune (+12 %). Le ré­sul­tat net bon­dit de 16 %, à 415 mil­lions d’eu­ros. ■

Pho­to Ro­main Gaillard/RÉA

Les in­ci­dents de mar­ché liés à H2O, ré­vé­lés en juin, ont créé une cer­taine émo­tion au siège de Na­tixis, chez ses clients mais aus­si chez les su­per­vi­seurs.

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