Un nou­veau rap­por­teur gé­né­ral du Bud­get à l’As­sem­blée

● Le nou­veau rap­por­teur gé­né­ral du bud­get, Laurent Saint-Mar­tin, pense que des gi­se­ments d’éco­no­mies sur la dé­pense pu­blique existent. ● Il ap­pelle à prendre son temps avant d’en­vi­sa­ger de nou­velles baisses d’im­pôts.

Les Echos - - LA UNE - In­grid Feuer­stein @In_Feuer­stein Re­naud Ho­no­ré @r_­ho­nore

Le nou­veau rap­por­teur gé­né­ral du bud­get à l’As­sem­blée, Laurent Saint-Mar­tin, prend ses fonc­tions ce mer­cre­di. L’élu du Val-deMarne pense que des gi­se­ments d’éco­no­mies sur la dé­pense pu­blique existent. Il ap­pelle à prendre son temps avant d’en­vi­sa­ger de nou­velles baisses d’im­pôts.

La ma­jo­ri­té par­le­men­taire pro­met un chan­ge­ment dans la conti­nui­té. Ce mer­cre­di, la com­mis­sion des Fi­nances de l’As­sem­blée na­tio­nale va voir le pas­sage de té­moin entre Joël Gi­raud et Laurent Saint-Mar­tin au poste stra­té­gique de rap­por­teur gé­né­ral du bud­get. De l’avis même d’Eric Woerth (LR), les deux dé­pu­tés LREM sont « tous deux at­ta­chés au sé­rieux bud­gé­taire ». « Je se­rai la vi­gie des en­ga­ge­ments du gou­ver­ne­ment en ma­tière de tra­jec­toire des fi­nances pu­bliques », as­sure Laurent Saint-Mar­tin.

Mais de quels en­ga­ge­ments bud­gé­taires est-il ques­tion ? Avec la crise des «gi­lets jaunes» et les mil­liards dé­ver­sés pour éteindre l’in­cen­die so­cial, les am­bi­tions avaient dé­jà été net­te­ment re­vues à la baisse, avec une dette at­ten­due en très lé­gère baisse sur le quin­quen­nat et un dé­fi­cit es­pé­ré à 1,5 % du PIB en 2022, loin des pro­messes ini­tiales. Une nou­velle loi de pro­gram­ma­tion des fi­nances pu­bliques est at­ten­due au prin­temps, et l’équa­tion s’an­nonce plus com­pli­quée en­core avec les mul­tiples pro­messes faites de­puis le dé­but du conflit au­tour de la ré­forme des re­traites. « Je suis fa­vo­rable à la re­va­lo­ri­sa­tion du trai­te­ment des en­sei­gnants, mais ce­la veut dire qu’il va nous fal­loir trou­ver des éco­no­mies en face pour te­nir le cap », sou­ligne Laurent Saint-Mar­tin.

Ef­forts à Ber­cy

Il es­time qu’il existe tou­jours des marges de ma­noeuvre pour di­mi­nuer la dé­pense pu­blique. « Des ef­forts sont en­core pos­sibles à Ber­cy et dans l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale, et je pense que cer­tains mi­nis­tères n’ont pas en­core été très of­fen­sifs sur cette ques­tion de­puis le dé­but du quin­quen­nat. L’exemple de ce qui a été fait sur le lo­ge­ment peut être re­pro­duit ailleurs », as­sure le dé­pu­té du Valde-Marne. Une pro­messe qui laisse scep­tique Eric Woerth. « Les éco­no­mies sont tou­jours pro­mises pour la fin des quin­quen­nats, et ja­mais réa­li­sées », per­sifle le pré­sident de la com­mis­sion des Fi­nances de l’As­sem­blée. Avec ces contrainte­s, la pour­suite de la baisse du dé­fi­cit pro­met d’être dif­fi­cile. « Il faut sor­tir du dé­bat au­tour du ra­tio de dé­fi­cit ex­pri­mé en pour­cen­tage du PIB, et se concen­trer plu­tôt sur l’évo­lu­tion de la dette ou de la dé­pense », juge Laurent Saint-Mar­tin.

Plus franche en­core, Emi­lie Ca­riou, la co­or­di­na­trice du groupe En marche au sein de la com­mis­sion des Fi­nances, ap­pelle à « te­nir compte de la crise so­ciale sans pré­cé­dent ». « Dans ce contexte, notre ob­jec­tif doit être au moins de conte­nir le dé­fi­cit, en tout cas évi­ter de le creu­ser comme entre 2007 et 2012 », es­time la dé­pu­tée de la Meuse. Celle-ci es­time que « la baisse de la dé­pense pu­blique ne doit pas né­ces­sai­re­ment pas­ser par des sup­pres­sions de postes de fonc­tion­naires, dont la pré­sence est né­ces­saire au ni­veau lo­cal ».

Concer­nant les im­pôts, l’ef­fort de l’exé­cu­tif a dé­jà été im­por­tant sur les trois pre­mières an­nées du quin­quen­nat, avec une baisse de près de 30 mil­liards des pré­lè­ve­ments obli­ga­toires. « A la mi-temps du quin­quen­nat, il est né­ces­saire de faire le point sur ce qui a dé­jà été en­ga­gé avant d’en­vi­sa­ger d’autres me­sures. Concer­nant les im­pôts de pro­duc­tion, j’y suis a prio­ri fa­vo­rable mais on ne pour­ra le faire qu’à hau­teur d’éco­no­mies de struc­ture préa­la­ble­ment ré­flé­chies », sou­ligne Laurent Saint-Mar­tin. Pour Emi­lie Ca­riou, « il faut d’abord ti­rer le bi­lan des nom­breuses baisses d’im­pôts dé­jà ac­tées pour les en­tre­prises avant d’ac­cé­der aux nou­velles de­mandes du pa­tro­nat sur les im­pôts de pro­duc­tion ». ■

« Je suis fa­vo­rable à la re­va­lo­ri­sa­tion du trai­te­ment des en­sei­gnants, mais ce­la veut dire qu’il va nous fal­loir trou­ver des éco­no­mies en face pour te­nir le cap. »

LAURENT SAINT-MAR­TIN Rap­por­teur gé­né­ral du bud­get

Pho­to Ch­ris­tophe Ar­cham­bault/AFP

Laurent Saint-Mar­tin, nou­veau rap­por­teur gé­né­ral du bud­get à l’As­sem­blée.

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