L’Arc­tique russe : des en­jeux avant tout éco­no­miques

Les Grands Dossiers de Diplomatie - - Sommaire - Fré­dé­ric Las­serre

Après avoir mi­sé sur l’ex­ploi­ta­tion de ses res­sources éner­gé­tiques comme le­vier de sa crois­sance éco­no­mique, la Russie se voit dans l’obli­ga­tion de dé­cou­vrir et de va­lo­ri­ser de nou­veaux gi­se­ments en Arc­tique, alors que les gi­se­ments si­bé­riens donnent des signes de stag­na­tion de leur pro­duc­tion.

Le prin­ci­pal en­jeu stra­té­gique de l’Arc­tique pour la Russie est d’ordre éco­no­mique.

L’Arc­tique consti­tue un ré­ser­voir im­por­tant de res­sources na­tu­relles sur les­quelles Mos­cou en­tend s’ap­puyer pour as­su­rer sa crois­sance éco­no­mique. Alors qu’elle ne compte qu’en­vi­ron 2 mil­lions d’ha­bi­tants, la ré­gion as­sure dé­jà 20 % du PIB russe. De plus, le bud­get fé­dé­ral russe dé­pend de ma­nière crois­sante de l’ex­ploi­ta­tion des res­sources, en par­ti­cu­lier des hy­dro­car­bures : en 2012, le sec­teur du pé­trole et du gaz a re­pré­sen­té 16 % du PIB, 52 % des re­ve­nus du bud­get fé­dé­ral et plus de 70 % du to­tal des ex­por­ta­tions. Or, l’ave­nir de cette pro­duc­tion d’hy­dro­car­bures dé­pend de plus en plus des gi­se­ments arc­tiques du pays.

L’Arc­tique est une source de res­sources

L’es­sen­tiel de la pro­duc­tion pé­tro­lière (60,3 % en 2015) et plus en­core ga­zière (88,5 %) pro­vient dé­sor­mais de Si­bé­rie oc­ci­den­tale (gi­se­ments de Ba­kou III et de Tiou­men) ; la Si­bé­rie orien­tale ne contri­bue que pour 1,8 % de la pro­duc­tion ga­zière et 4,2 % de la pro­duc­tion pé­tro­lière. Quant aux ré­serves connues ou pro­bables mais in­ex­ploi­tées, elles sont pour l’es­sen­tiel en mer et arc­tiques. L’étude de 2008 pu­bliée par le US Geo­lo­gi­cal Sur­vey (1) es­time que l’Arc­tique re­cèle en­vi­ron 30 % des ré­serves de gaz à dé­cou­vrir et 13 % des ré­serves de pé­trole à dé­cou­vrir ; elle at­tri­bue à la Russie et aux eaux qu’elle contrôle 30 % de ces ré­serves pé­tro­lières et 66 % en­vi­ron des ré­serves de gaz non en­core dé­cou­vertes dans l’Arc­tique, es­sen­tiel­le­ment en Si­bé­rie oc­ci­den­tale : pé­nin­sule de Ya­mal et eaux avoi­si­nantes ; dans une moindre me­sure en mer de Ba­rents orien­tale. Si ces es­ti­ma­tions at­tendent des cam­pagnes d’ex­plo­ra-

tion pour voir les ré­serves confir­mées, elles in­diquent néan­moins une forte pro­ba­bi­li­té de dé­cou­vrir de nou­veaux gi­se­ments dans la zone arc­tique, alors que les gi­se­ments plus au sud vont peu à peu en­ta­mer leur dé­clin. Compte te­nu de cette forte dé­pen­dance éco­no­mique et fi­nan­cière en­vers l’ex­ploi­ta­tion des res­sources, sur­tout les hy­dro­car­bures, et le dé­clin pré­vu des gi­se­ments mé­ri­dio­naux, la Russie voit s’exer­cer une forte pres­sion en fa­veur du main­tien de la pro­duc­tion, ce qui sup­pose la pour­suite de l’ex­plo­ra­tion en ré­gion arc­tique. La Russie a be­soin de ces nou­veaux gi­se­ments arc­tiques pour com­pen­ser la baisse de pro­duc­tion de ses gi­se­ments plus an­ciens, et main­te­nir le ni­veau de pro­duc­tion à en­vi­ron 10 mil­lions de ba­rils/jour au-de­là de 2020. La Russie et ses zones ma­ri­times re­cèlent l’es­sen­tiel des ré­serves po­ten­tielles d’hy­dro­car­bures de l’Arc­tique, et ces gi­se­ments re­pré­sen­te­ront une part crois­sante de la pro­duc­tion russe : il s’agit là d’un puis­sant res­sort de la stra­té­gie russe en Arc­tique.

Les autres res­sources mi­né­rales de l’Arc­tique russe sont éga­le­ment im­por­tantes. Il faut ci­ter en par­ti­cu­lier le gi­se­ment de ni­ckel, de pal­la­dium et d’autres mé­taux de No­rilsk, à l’ori­gine no­tam­ment de près de la moi­tié de la pro­duc­tion mon­diale de pal­la­dium, du cin­quième de celle de ni­ckel et du dixième de celle de co­balt. La ré­gion arc­tique as­sure 99 % de la pro­duc­tion russe de dia­mants, 98 % de pla­tine, 90 % de chrome et de man­ga­nèse, 80 % de ni­ckel et de co­balt, 60 % de cuivre. D’im­por­tants gi­se­ments sont ex­ploi­tés éga­le­ment dans la pres­qu’île de Ko­la, tan­dis que la Si­bé­rie orien­tale de­meure en­core mal ex­plo­rée (dia­mants, étain, bauxite).

Ce­pen­dant, ces ré­gions sont très iso­lées et les condi­tions arc­tiques de­meurent très ri­gou­reuses. Le coût d’ex­ploi­ta­tion des res­sources y de­meure très éle­vé, plu­sieurs es­ti­ma­tions fixent par exemple le seuil de ren­ta­bi­li­té pour le pé­trole arc­tique à 115120 dol­lars le ba­ril. En mai 2017, le ba­ril de Brent se né­go­ciait à 49 dol­lars : les faibles cours mon­diaux sapent donc l’in­té­rêt pour l’ex­plo­ra­tion et la ren­ta­bi­li­té de l’ex­ploi­ta­tion des gi­se­ments arc­tiques. De plus, les condi­tions d’ex­ploi­ta­tion dif­fi­ciles, sur­tout pour les gi­se­ments en mer, ont ame­né Mos­cou à en­cou­ra­ger les ac­cords de par­te­na­riat avec des com­pa­gnies pé­tro­lières étran­gères. ExxonMo­bil, To­tal, Shell, BP, ENI, Sta­toil, et Chi­na Na­tio­nal Pe­tro­leum Cor­po­ra­tion (CNPC) ont conclu des ac­cords avec les so­cié­tés russes Ros­neft et Gaz­prom afin d’ex­plo­rer les gi­se­ments arc­tiques. Ce­pen­dant, du fait des sanc­tions oc­ci­den­tales contre la Russie suite au conflit en Ukraine, et du re­la­tif dés­in­té­rêt des en­tre­prises oc­ci­den­tales pour les res­sources arc­tiques de­puis 2015, la plu­part des ac­cords de par­te­na­riat ont été an­nu­lés : les en­tre­prises chi­noises consti­tuent donc les par­te­naires les plus ac­tifs à ce jour, sur­tout pour le pro­jet ga­zier de Ya­mal. Alors que la Chine s’est po­si­tion­née comme un par­te­naire in­dis­pen­sable du pro­jet Ya­mal, ce n’est pas un par­te­naire pri­vi­lé­gié par Mos­cou, qui de­meure mal à l’aise avec la dé­pen­dance en­vers la Chine que son iso­le­ment pro­voque. Si les sanc­tions sont le­vées, il est pro­bable que Gaz­prom et Ros­neft cher­che­ront ra­pi­de­ment à re­nouer des par­te­na­riats stra­té­giques avec les en­tre­prises pé­tro­lières oc­ci­den­tales.

As­su­rer le dé­ve­lop­pe­ment de la Route ma­ri­time du Nord

Co­rol­laire de la stra­té­gie du dé­ve­lop­pe­ment des res­sources arc­tiques, Mos­cou cherche à va­lo­ri­ser le dé­ve­lop­pe­ment de la Route ma­ri­time du Nord (RMN). Ou­verte au com­merce in­ter­na­tio­nal de­puis 1991, son es­sor per­met­trait de ré­duire l’iso­le­ment des ré­gions cô­tières si­bé­riennes, source de couts d’ex­ploi­ta­tion très éle­vés, tout en en­gran­geant des re­ve­nus sub­stan­tiels qui as­su­re­raient le fi­nan­ce­ment des in­fra­struc­tures et des brise-glaces

La Russie a be­soin de ces nou­veaux gi­se­ments arc­tiques pour com­pen­ser la baisse de pro­duc­tion de ses gi­se­ments plus an­ciens, et main­te­nir le ni­veau de pro­duc­tion à en­vi­ron 10 mil­lions de ba­rils par jour au-de­là de 2020.

né­ces­saires à la na­vi­ga­tion, sa­chant qu’elle pré­lève un droit de péage sur tout na­vire qui en­tre­prend le voyage. Si ce po­ten­tiel est sans doute lar­ge­ment exa­gé­ré par les mé­dias – les routes arc­tiques ne consti­tuent pas un concur­rent sé­rieux pour Suez ou Pa­na­ma (2) – le trafic lo­cal, à des­ti­na­tion ou au dé­part de l’Arc­tique russe a aug­men­té, pas­sant de 2 mil­lions de tonnes en 2010 à 6,9 Mt en 2016 ; mais le tran­sit de­meure très faible, pas­sant de 110 000 t en 2010 avec 13 tran­sits, à 1,2 Mt et 71 tran­sits en 2013, pour seule­ment 214 500 t et 19 tran­sits en 2016. On ob­serve une crois­sance, lente mais réelle, du trafic de tan­kers vers les ports chi­nois ; trafic en­core très li­mi­té mais qui per­met à Mos­cou d’en­vi­sa­ger une di­ver­si­fi­ca­tion des routes d’ex­por­ta­tion de ses hy­dro­car­bures arc­tiques. Mos­cou, à la dif­fé­rence du Ca­na­da, cherche ac­ti­ve­ment à dé­ve­lop­per le trafic ma­ri­time par la RMN.

Sé­cu­ri­ser les es­paces ma­ri­times

Dans cette op­tique de sé­cu­ri­ser des gi­se­ments po­ten­tiels dont l’im­por­tance est ma­jeure pour la Russie, Mos­cou a en­tre­pris de con­so­li­der ses es­paces ma­ri­times, dans le cadre du droit de la mer, et de né­go­cier des fron­tières ma­ri­times avec ses voi­sins. Le 3 août 2015, la Russie a dé­po­sé un nou­veau dos­sier de re­ven­di-

ca­tion de pla­teau con­ti­nen­tal éten­du au­près de la Com­mis­sion des li­mites du pla­teau con­ti­nen­tal (CLPC), l’or­ga­nisme des Na­tions Unies char­gé d’éva­luer ces de­mandes. Cette nou­velle de­mande fai­sait suite au re­jet, le 14 juin 2002, d’une pre­mière de­mande russe dé­po­sée le 20 dé­cembre 2001. La re­ven­di­ca­tion de 2015 re­prend l’es­sen­tiel de la de­mande de 2001 ; elle vise un vaste es­pace ma­ri­time jus­qu’au pôle Nord. Cette de­mande a été cri­ti­quée par les autres États cir­cum­po­laires, mais il est vrai que Mos­cou peut s’ap­puyer sur un pla­teau con­ti­nen­tal phy­sique (le seul cri­tère va­lide se­lon la CNUDM) très éten­du au large de la Si­bé­rie. Pa­ral­lè­le­ment, la Nor­vège a dé­po­sé sa propre de­mande de pla­teau con­ti­nen­tal éten­du en no­vembre 2006, et celle-ci a été ac­cep­tée par la CLPC en no­vembre 2007. Fal­lait-il y voir la marque d’une course à l’ap­pro­pria­tion des es­paces ma­ri­times ? En fait, pas du tout : au-de­là des zones éco­no­miques ex­clu­sives (ZEE), éten­dues sur 200 milles ma­rins (320 km) à par­tir des côtes et qui sont im­pres­crip­tibles, les pla­teaux conti­nen­taux éten­dus, dans les­quels les États ne sont pas sou­ve­rains mais ne dis­posent que de droits sur les res­sources du sous-sol, doivent faire l’ob­jet d’une re­ven­di­ca­tion par l’État cô­tier au plus tard 10 ans après la date de ra­ti­fi­ca­tion de la CNUDM. Si course il y a, c’est contre la montre. Certes,lors­qu’en­dé­cembre2013,leCa­na­daaan­non­cé­vou­loir­por­ter sa re­ven­di­ca­tion de pla­teau con­ti­nen­tal éten­du jus­qu’au pôle Nord, Mos­cou a pro­tes­té et rap­pe­lé le ca­rac­tère russe de ce point. Mais, pour les gou­ver­ne­ments russe comme ca­na­dien, la dé­fense de ce­lui-ci re­vêt sur­tout une di­men­sion de politique in­té­rieure : la rhé­to­rique vise bien da­van­tage à convaincre l’élec­to­rat que les in­té­rêts na­tio­naux sont fer­me­ment dé­fen­dus, qu’elle ne tra­duit un réel in­té­rêt stra­té­gique. Au contraire, la pos­ture russe semble mo­dé­rée : Mos­cou a choi­si de ne pas faire por­ter sa re­ven­di­ca­tion au-de­là du pôle Nord le long de la dor­sale de Lo­mo­nos­sov, alors que le Danemark, dans sa de­mande de pla­teau con­ti­nen­tal éten­du dé­po­sée le 11 dé­cembre 2014, a choi­si une voie plus po­lé­mique en éten­dant son es­pace ma­ri­time re­ven­di­qué très au-de­là du pôle, jus­qu’à la li­mite de la zone éco­no­mique ex­clu­sive russe. De plus, des né­go­cia­tions ont pu abou­tir : alors que bon nombre d’ob­ser­va­teurs s’en­ten­daient pour qua­li­fier de très com­plexe le dif­fé­rend ma­ri­time rus­so-nor­vé­gien en mer de Ba­rents, Os­lo et Mos­cou ont si­gné un trai­té en sep­tembre 2010, qui met­tait fin à une dis­pute vieille de plus de 40 ans. Le trai­té par­tage à peu près en deux la zone li­ti­gieuse et prouve que les conflits ma­ri­times im­pli­quant la Russie en Arc­tique n’étaient pas in­so­lubles ou mar­qués par un rai­dis­se­ment crois­sant de la part de Mos­cou. Au contraire, en mai 2008, la Russie avait si­gné la dé­cla­ra­tion d’Ilu­lis­sat ré­di­gée par les cinq États ri­ve­rains de l’Arc­tique (Russie, États-Unis, Ca­na­da, Danemark et Nor­vège), la­quelle ma­ni­fes­tait l’en­ga­ge­ment des si­gna­taires à ré­soudre les éven­tuels dif­fé­rends fron­ta­liers se­lon les prin­cipes de la CNUDM. Mos­cou a tou­jours res­pec­té le jeu de la co­opé­ra­tion au sein du Con­seil de l’Arc­tique, de­puis sa fon­da­tion en 1996. De fait, dans le concert mé­dia­tique sur les scé­na­rios de guerre froide en Arc­tique, on ou­blie de men­tion­ner que la plu­part des li­tiges fron­ta­liers y ont dé­jà été ré­glés par la né­go­cia­tion.

Des in­ves­tis­se­ments mi­li­taires sur­tout dé­fen­sifs

Les mé­dias sou­lignent vo­lon­tiers le ré­in­ves­tis­se­ment mi­li­taire russe dans l’Arc­tique. Il est vrai que des uni­tés ter­restres spé­ci­fiques ont été créées, que les pa­trouilles aériennes et na­vales ont re­pris en 2007, que plu­sieurs bases arc­tiques aban­don­nées peu après la chute de l’URSS ont été rou­vertes. Mais la pos­ture russe, en Arc­tique, reste es­sen­tiel­le­ment dé­fen­sive : les ca­pa­ci­tés d’at­taque à longue dis­tance à par­tir des aé­ro­dromes arc­tiques sont très li­mi­tées, tan­dis que la flotte du Nord pour­suit son dé­clin pour être de plus en plus com­po­sée de sous-ma­rins stra­té­giques (dis­sua­sion nu­cléaire) et de fré­gates de dé­fense cô­tière (3), es­sen­tiel­le­ment des­ti­nées à dé­fendre ce qui, aux yeux du gou­ver­ne­ment, consti­tue de plus en plus la base de la crois­sance éco­no­mique russe.

C’est à cette aune qu’il faut com­prendre la stra­té­gie russe en Arc­tique : pas d’agres­si­vi­té autre que rhé­to­rique, mais, d’une part, fi­nan­cer l’ex­plo­ra­tion et l’ex­ploi­ta­tion de nou­veaux gi­se­ments, et, d’autre part, faire pré­va­loir les re­ven­di­ca­tions sur d’im­por­tants es­paces ma­ri­times, se­lon les mé­ca­nismes pré­vus par la CNUDM, afin d’ac­croitre les chances d’y dé­cou­vrir de nou­veaux gi­se­ments.

Dans le concert mé­dia­tique sur les scé­na­rios de guerre froide en Arc­tique, on ou­blie de men­tion­ner que la plu­part des li­tiges fron­ta­liers y ont dé­jà été ré­glés par la né­go­cia­tion.

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Notes (1) US Geo­lo­gi­cal Sur­vey, Cir­cum-Arc­tic Re­source Ap­prai­sal: Es­ti­mates of Un­dis­co­ve­red Oil and Gas North of the Arc­tic Circle, 2008 (http://pubs.usgs. gov/fs/2008/3049/fs2008-3049.pdf). (2) F. Las­serre et al., « Po­lar Sea­ways? Ma­ri­time Trans­port...

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