La Rus­sie, puis­sance éner­gé­tique

As­sise sur un tré­sor de res­sources na­tu­relles, la Rus­sie consti­tue au­jourd’hui un ac­teur ma­jeur du sec­teur éner­gé­tique mon­dial. Si Mos­cou a su uti­li­ser cet atout comme le­vier d’in­fluence sur la scène in­ter­na­tio­nale, le pays est éga­le­ment for­te­ment dé­pen­da

Les Grands Dossiers de Diplomatie - - Sommaire - Pas­cal Mar­chand

En 2013, der­nière an­née du cycle haus­sier qui main­te­nait le pé­trole et le gaz à des prix éle­vés, la Rus­sie a at­teint son vo­lume re­cord d’ex­por­ta­tions, avec 452 mil­liards de dol­lars. Le pé­trole à lui tout seul en four­nis­sait 62,6 %, le gaz 14,6 % et le char­bon 3 %. Les trois com­bus­tibles fos­siles for­maient ain­si 80 % des ex­por­ta­tions russes. L’ef­fon­dre­ment des cours du pé­trole à par­tir de juin 2014 a donc été ca­tas­tro­phique pour elles (voir ta­bleau). Le re­dres­se­ment des cours à par­tir de 2016 a un peu amé­lio­ré les ex­por­ta­tions russes, qui ont at­teint 285 mil­liards de dol­lars entre jan­vier et oc­tobre 2017, en hausse de 25 % sur la pé­riode ana­logue de 2016 (1). Sur ce flux fi­nan­cier, l’État a un contrôle va­riable se­lon le pro­duit. Ses marges de ma­noeuvre dé­pendent du poids de la Rus­sie sur le mar­ché mon­dial, mais éga­le­ment de ce­lui, va­riable aus­si, du mar­ché in­té­rieur, et de l’im­por­tance de la part de l’État dans le sec­teur (voir ta­bleau page sui­vante).

Un sec­teur pé­tro­lier qui de­meure ma­jo­ri­tai­re­ment pri­vé

Avec l’ef­fon­dre­ment de l’URSS, dans les an­nées 1990, cadres du pé­trole, hommes d’af­faires, au­to­ri­tés lo­cales se sont ap­pro­prié les gi­se­ments de pé­trole, pro­duit fa­ci­le­ment trans­por­table,

pour l’ex­por­ter sur les mar­chés in­ter­na­tio­naux à leur bé­né­fice ex­clu­sif. En 2000, 132 com­pa­gnies se par­ta­geaient la pro­duc­tion. Onze as­su­raient 88 % de la pro­duc­tion, dont une seule d’État (au sep­tième rang). Une grosse cen­taine étaient de pe­tites voire mi­cro-en­tre­prises (2). Pour gar­der un mi­ni­mum de contrôle sur l’ex­por­ta­tion du pé­trole, l’État a main­te­nu son mo­no­pole sur le ré­seau d’oléo­ducs. Mais en Rus­sie, la ma­jo­ri­té du pé­trole cir­cule par voie fer­rée, autre mo­no­pole d’État, mais moins fa­cile à contrô­ler. Grâce aux trains ve­nus de Rus­sie, les pays baltes ont dé­ve­lop­pé for­te­ment leurs ex­por­ta­tions de pé­trole russe dans les an­nées 1990. At­ten­du les re­la­tions avec ces pays, cette si­tua­tion dé­plai­sait au Krem­lin, mais la Rus­sie n’avait au­cun port pé­tro­lier sur la Bal­tique.

Une des pre­mières dé­ci­sions de V. Pou­tine fut d’en créer sur l’étroit lit­to­ral bal­tique russe : Pri­morsk a été ou­vert dès 2001, sui­vi par Vys­sotsk et Lou­js­kaïa Gou­ba. De nou­veaux oléo­ducs ont été construits et en sep­tembre 2016, le gou­ver­ne­ment russe a pu dé­ci­der de rendre l’ex­por­ta­tion de pé­trole par les ports russes obli­ga­toire après 2018. Le gou­ver­ne­ment a par ailleurs raf­fer­mi son contrôle sur le sec­teur dans les an­nées 2000. En 2016, les deux grandes en­tre­prises d’État as­su­raient 46 % de la pro­duc­tion (Ros­neft, 39 % ; Gaz­promNeft, 7 %).

Des doutes sont sou­vent émis sur l’im­por­tance des ré­serves russes de pé­trole. La Si­bé­rie oc­ci­den­tale (Ba­kou III) as­sure 63 % de la pro­duc­tion, la ré­gion de la Vol­ga (Ba­kou II) 24 %. Elles étaient dé­jà les pi­liers de la pro­duc­tion so­vié­tique. De nou­velles ré­gions se sont dé­ve­lop­pées de­puis cette époque (Pet­cho­ra, Lé­na, Sa­kha­line), mais au­cune n’offre un po­ten­tiel digne de l’ap­pel­la­tion « Ba­kou IV », pour as­su­rer la re­lève. Ceux qui se sont em­pa­ré des gi­se­ments dans le chaos des an­nées 1990 ont en fait pous­sé la pro­duc­tion sans in­ves­tir dans la pros­pec­tion. Ils n’ont pas da­van­tage en­tre­te­nu les ins­tal­la­tions. Il en est ré­sul­té un ef­fon­dre­ment de la pro­duc­tion, pas­sée de 512 mil­lions de tonnes en 1992 à 301 mil­lions de tonnes en 1996. Le ni­veau de 1992 n’a été re­trou­vé qu’en 2011, grâce à l’im­pli­ca­tion mas­sive de tech­no­lo­gies oc­ci­den­tales qui ont amé­lio­ré le taux de ré­cu­pé­ra­tion… mais tou­jours de gi­se­ments d’époque so­vié­tique. Cette si­tua­tion in­con­for­table né­ces­site un ef­fort de pros­pec­tion.

De­vant l’am­pleur de l’in­ves­tis­se­ment, les par­te­naires étran­gers étaient plus que bien­ve­nus. Sur­tout qu’il s’agit de s’at­ta­quer à des types de gi­se­ments né­ces­si­tant des tech­no­lo­gies que l’in­dus­trie russe ne four­nit pas. To­tal était as­so­cié pour la mise en va­leur des gi­se­ments de pé­trole de schiste de la couche du Ba­je­nov. Exxon était as­so­cié à Ros­neft pour la pros­pec­tion de pé­trole off­shore, as­so­cia­tion cou­ron­née de suc­cès puis­qu’à l’été 2014, elle a dé­cou­vert le pre­mier gi­se­ment de la classe des « su­per-géants » en mer de Ka­ra, une zone où l’on n’avait jus­qu’alors trou­vé que du gaz.

C’est le mo­ment où les sanc­tions oc­ci­den­tales sont tom­bées. L’ex­por­ta­tion de tech­no­lo­gies des­ti­nées au pé­trole de schiste ou off­shore a été in­ter­dite par les États-Unis et l’Union eu­ro­péenne (UE), qui en ont le mo­no­pole. L’UE a in­ter­dit l’ac­cès des groupes pé­tro­liers d’État russes aux places fi­nan­cières. Wa­shing­ton a fait de même en éten­dant la me­sure aux grands groupes pri­vés. Exxon a dû ar­rê­ter ses ac­ti­vi­tés en mer de Ka­ra. Compte te­nu de l’im­por­tance du pé­trole pour la Rus­sie et de son pro­blème de re­cons­ti­tu­tion des ré­serves, on peut dire que les sanc­tions ont été bien ci­blées pour la gê­ner.

In­dus­tries russe et chi­noise s’ac­tivent pour mettre au point les tech­no­lo­gies pour re­mé­dier aux sanc­tions, mais il leur fau­dra du temps. L’obs­tacle fi­nan­cier peut quant à lui être contour­né en im­pli­quant des par­te­naires asia­tiques, mais la par­tie russe est en po­si­tion de fai­blesse dans la né­go­cia­tion. Des en­tre­prises in­diennes ont pris des parts im­por­tantes des gi­se­ments de Van­kor en 2016. Il n’y a pas en­core d’im­por­tants in­ves­tis­se­ments chi­nois dans le pé­trole russe.

La Rus­sie est un ac­teur ma­jeur du mar­ché mon­dial du pé­trole puis­qu’en 2017,

Ceux qui se sont em­pa­rés des gi­se­ments dans le chaos des an­nées 1990 ont en fait pous­sé la pro­duc­tion sans in­ves­tir dans la pros­pec­tion. Ils n’ont pas da­van­tage en­tre­te­nu les ins­tal­la­tions.

elle li­vrait 5,1 mil­lions de ba­rils par jour (deuxième rang mon­dial der­rière l’Ara­bie saou­dite – 7,5 mil­lions – et de­vant l’Irak – 3,8) (3). De­puis 2016, Mos­cou et Riyad co­opèrent ef­fi­ca­ce­ment pour sou­te­nir les cours.

Le Krem­lin est conscient de la vul­né­ra­bi­li­té liée au poids des hy­dro­car­bures dans les ex­por­ta­tions russes. Il est ins­truc­tif à cet égard que dans un rap­port sur l’éner­gie ré­di­gé par l’Aca­dé­mie des Sciences et le Centre d’ana­lyse au­près du gou­ver­ne­ment, éla­bo­ré en 2013, donc avant la crise d’Ukraine, les au­teurs aient ju­gé utile d’in­tro­duire un pa­ra­graphe spé­cial in­ti­tu­lé « L’in­fluence de pos­sibles sanc­tions sur l’ex­por­ta­tion d’hy­dro­car­bures russes » (4). Il en­vi­sa­geait l’éven­tua­li­té où l’UE in­ter­di­rait l’im­por­ta­tion de gaz ou de pé­trole russes et concluait que ce n’était pas un « scé­na­rio réa­liste ». Par­tant du constat que 75 % des ex­por­ta­tions russes de pé­trole étaient des­ti­nées à l’Eu­rope, le rap­port sug­gé­rait d’éga­li­ser les des­ti­na­tions Eu­rope et Asie d’ici 2040. Ce qui sup­po­se­ra des in­ves­tis­se­ments d’État en oléo­ducs et ins­tal­la­tions por­tuaires.

Gaz­prom, un ac­teur in­con­tour­nable du sec­teur ga­zier

« Gaz­prom », « sec­teur ga­zier » et « Krem­lin » sont sou­vent fu­sion­nés dans les men­ta­li­tés oc­ci­den­tales. Les liens entre ces trois en­ti­tés ne sont pas aus­si sim­plistes qu’on le pense.

En 1989, le mi­nistre du Gaz, Vik­tor Tcher­no­myr­dine, a trans­for­mé son mi­nis­tère en une so­cié­té par ac­tion contrô­lant toute la pro­duc­tion et la dis­tri­bu­tion : Gaz­prom. Il en a at­tri­bué 40 % à l’État, dis­tri­bué le reste à des ac­teurs russes et étran­gers et s’est nom­mé pré­sident du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion (5). Gaz­prom était donc une en­tre­prise ma­jo­ri­tai­re­ment pri­vée. Les choses sont ce­pen­dant de­ve­nues moins claires à par­tir de 1992, lorsque Tcher­no­myr­dine de­vient Pre­mier mi­nistre, poste qu’il oc­cu­pe­ra jus­qu’en mars 1998, soit presque toute la pé­riode Elt­sine, tout en gar­dant la haute main sur la di­rec­tion de l’en­tre­prise.

En 2005, l’État a ra­che­té les ac­tions né­ces­saires pour avoir 50 % du ca­pi­tal plus une ac­tion. Le Krem­lin au­rait pu na­tio­na­li­ser sim­ple­ment un bien dont il avait été spo­lié en 1989. Mais compte te­nu de la di­men­sion in­ter­na­tio­nale du groupe, il a pré­fé­ré une so­lu­tion « conforme au droit », même si l’ac­tion de 1989 ne l’avait pas été. Ce­pen­dant 50 % des ac­tions (moins une) ap­par­tiennent tou­jours à des ac­teurs pri­vés. Et ce­ci n’est pro­ba­ble­ment pas sans rap­port avec le fait que, pen­dant toute la dé­cen­nie 2000, Gaz­prom a dé­ployé de gros ef­forts pour ac­qué­rir des ré­seaux de dis­tri­bu­tion en Eu­rope cen­trale et oc­ci­den­tale. Cette po­li­tique ser­vait les ac­tion­naires en amé­lio­rant la cap­ta­tion de la marge. Elle était cri­ti­quée en Rus­sie, Gaz­prom y né­gli­geant les in­ves­tis­se­ments. Ain­si, la pres­qu’ile de Ya­mal, qui de­vait en­trer en pro­duc­tion en 1995, était tou­jours vierge en 2010.

Face à cette po­li­tique, qu’elle juge né­faste à ses in­té­rêts, l’UE a adop­té en 2009 le « troi­sième pa­quet éner­gé­tique », in­ter­di­sant no­tam­ment à un pro­duc­teur de gaz de pos­sé­der des ré­seaux de dis­tri­bu­tion, sauf à les ou­vrir aux concur­rents. Cette me­sure a beau­coup dé­plu à l’en­tre­prise, mais pas for­cé­ment en Rus­sie. Gaz­prom a en ef­fet re­pris les in­ves­tis­se­ments dans le pays et en­fin mis en ser­vice le pre­mier gi­se­ment de Ya­mal, Bo­va­nen­ko, en 2012.

Cette même an­née, le Krem­lin a au­to­ri­sé les quelques en­tre­prises re­cé­lant des gi­se­ments de gaz en Rus­sie à ex­por­ter leur pro­duc­tion. Au­pa­ra­vant, elles ne pou­vaient que vendre sur le mar­ché in­té­rieur, en ayant re­cours aux ga­zo­ducs, mo­no­pole de Gaz­prom. Le deuxième grand ac­teur du gaz russe, No­va­tek, est donc de­puis en si­tua­tion d’ex­por­ter. Mais, pour s’af­fran­chir des ga­zo­ducs, il ne peut le faire qu’en créant des usines de li­qué­fac­tion pour ex­por­ter sous forme de GNL (gaz na­tu­rel li­qué­fié).

Pour le gaz na­tu­rel, la ques­tion des ré­serves ne se pose pas, la Rus­sie dis­po­sant des plus im­por­tantes res­sources du monde. La pro­duc­tion re­pose à 87 % sur le nord de la plaine de Si­bé­rie oc­ci­den­tale. Mais trois autres pro­vinces ga­zières aus­si im­por­tantes étaient connues dès 1990 : la pres­qu’ile de Ya­mal, la mer de Ka­ra, et la mer de Ba­rents. D’autres gi­se­ments très im­por­tants ont été dé­cou­verts de­puis au sud de la Si­bé­rie cen­trale et au­tour de Sa­kha­line.

La ma­jeure par­tie de la pro­duc­tion de gaz est des­ti­née au mar­ché in­té­rieur : en 2016, la Rus­sie n’a ex­por­té que 199 mil­liards de mètres cubes sur une pro­duc­tion de 641 mil­liards de mètres cubes. Gaz­prom en as­sure tou­jours l’es­sen­tiel (75 %). Les prix in­té­rieurs, cal­cu­lés sur un prix de

base à la pro­duc­tion aug­men­té des couts de tran­sport, sont dic­tés par l’État. En 2016, au plus loin des zones de pro­duc­tion vers l’ouest, dans l’oblast de Smo­lensk, le prix de vente était de 83,5 dol­lars les 1000 mètres cubes. De l’autre cô­té de la fron­tière, en Bié­lo­rus­sie, il était de 130 dol­lars, et un peu plus à l’ouest, Gaz­prom ven­dait le gaz à la Po­logne 575 dol­lars les 1000 mètres cubes (6). Pers­pec­tive mo­rose pour Gaz­prom : dans le cadre du mar­ché unique eur­asia­tique, les prix pour la Bié­lo­rus­sie se­ront ali­gnés sur le mar­ché in­té­rieur russe à par­tir de 2018.

L’en­jeu de la li­qué­fac­tion du gaz

No­va­tek s’est spé­cia­li­sé dans l’ex­por­ta­tion de GNL. Il pour­suit la construc­tion de l’usine de Ya­mal, dont To­tal est par­te­naire ini­tial. L’in­ves­tis­se­ment a dû évi­ter l’usage du dol­lar pour pa­rer à toute ap­pli­ca­tion du prin­cipe d’ex­tra­ter­ri­to­ria­li­té des lois amé­ri­caines. Il s’en est trou­vé re­tar­dé, mais l’im­pli­ca­tion fi­nan­cière de groupes chi­nois a per­mis sa me­née à bien. Trois lignes de li­qué­fac­tion de 5,5 mil­lions de tonnes vont être ins­tal­lées, dont la pre­mière est en­trée en ser­vice en dé­cembre 2017. De tech­no­lo­gie fran­çaise, elles ont été pro­duites et ins­tal­lées par les Chi­nois, en rai­son des sanc­tions.

No­va­tek a an­non­cé fin 2017 qu’il al­lait ajou­ter une qua­trième ligne, d’une ca­pa­ci­té de 900 000 tonnes. Ce se­ra la pre­mière ligne de li­qué­fac­tion de tech­no­lo­gie en­tiè­re­ment russe, com­man­dée par No­va­tek. La ca­pa­ci­té fi­nale de Ya­mal se­ra donc de 17,4 mil­lions de tonnes. Dans la pres­qu’ile de Gy­dan, sur l’autre rive de l’Ob, il va construire une deuxième usine, Arc­tique 2, dont To­tal se­ra aus­si par­te­naire. Trois lignes de 6,1 mil­lions de tonnes sont pré­vues, dont une de nou­velle tech­no­lo­gie russe, à l’ho­ri­zon 2026-30. Au to­tal, No­va­tek pro­jette une ca­pa­ci­té de 36 mil­lions de tonnes de GNL sur les rives de l’Ob.

À re­bours de ce qu’on pense sur la li­ber­té d’ex­pres­sion en Rus­sie, Gaz­prom a émis de sé­vères cri­tiques à l’en­contre de la po­li­tique ga­zière du gou­ver­ne­ment, ap­puyé en ce­la par plu­sieurs ins­ti­tuts.

Se­lon eux, l’ex­por­ta­tion de GNL n’est pas dans l’in­té­rêt de la Rus­sie. Gaz­prom avance que chaque mil­lier de mètres cubes de gaz qu’il ex­porte par ga­zo­duc rap­porte en moyenne 4100 roubles (un peu plus de 65 eu­ros) au bud­get de l’État sous forme de taxes. Avec sa ca­pa­ci­té ini­tiale de 16,5 mil­lions de tonnes pour Ya­mal, ce sont 23 mil­liards de mètres cubes de gaz qui par­ti­ront par mer au lieu de pas­ser par les ga­zo­ducs. Le manque à ga­gner an­nuel pour le bud­get avoi­si­ne­ra les 1,5 mil­liard d’eu­ros. Plus en réa­li­té, puisque No­va­tek va bé­né­fi­cier pour 12 ans d’une exemp­tion qua­si-to­tale de taxes. Au to­tal, ajoute Gaz­prom, la charge pour l’État est consi­dé­rable, puisque c’est lui qui fi­nance la construc­tion du port ga­zier de Sab­bet, fi­nan­ce­ra ce­lui d’Arc­tique 2, ain­si que la construc­tion et la ges­tion du parc de brise-glaces nu­cléaires né­ces­saires à la cir­cu­la­tion arc­tique du GNL de No­va­tek. En­fin, une par­tie de ce gaz va ve­nir concur­ren­cer ce­lui que Gaz­prom vend en Eu­rope oc­ci­den­tale, au bout de ga­zo­ducs qu’il a fi­nan­cés, et dont l’amor­tis­se­ment se­ra ain­si ren­du plus dif­fi­cile. Gaz­prom sug­gère donc, a mi­ni­ma, que le GNL de No­va­tek s’oriente prio­ri­tai­re­ment vers l’Asie et ne crée pas une concur­rence rus­so-russe nui­sible en Eu­rope oc­ci­den­tale.

D’autres ana­lyses font re­mar­quer, d’une part que Gaz­prom bé­né­fi­cie lui aus­si d’avan­tages fis­caux pour son ga­zo­duc en construc­tion Force de Si­bé­rie, et qu’il pro­jette d’autre part lui aus­si de construire avec Shell une usine de GNL des­ti­née au mar­ché ouest-eu­ro­péen sur les rives russes de la Bal­tique. Par ailleurs, les 27 mil­liards de dol­lars in­ves­tis dans l’usine GNL de Ya­mal viennent ser­vir le pro­jet de Route ma­ri­time du Nord du Krem­lin, pro­jet dont l’am­bi­tion géo­po­li­tique dé­passe le seul mar­ché mon­dial du gaz.

Il y a donc pour la Rus­sie un in­té­rêt su­pé­rieur à dé­ve­lop­per la li­qué­fac­tion du gaz en Arc­tique. Ce se­ra l’af­faire du groupe pri­vé No­va­tek, qui vise un rôle d’ac­teur mon­dial. Le dés­in­té­rêt de Gaz­prom pour le GNL dans l’Arc­tique s’ex­plique aus­si en par­tie par le fait que le groupe est en­ga­gé dans plu­sieurs très gros pro­jets de ga­zo­ducs in­ter­na­tio­naux : Force de Si­bé­rie vers la Chine, North Stream 2 en Bal­tique, Tur­kish Stream en mer Noire, et en­vi­sage d’en en­ga­ger en­core un autre, Po­séï­don, en Adria­tique (7). Or, pour tous ces pro­jets, les par­te­naires ex­té­rieurs hé­sitent à s’en­ga­ger en dol­lars, par crainte de re­pré­sailles de Wa­shing­ton (fer­me­ture du mar­ché amé­ri­cain, ac­tion en jus­tice au nom de l’ex­tra­ter­ri­to­ria­li­té des lois amé­ri­caines). Gaz­prom doit donc sup­por­ter seul l’es­sen­tiel de la charge de pro­jets qui sont dans l’in­té­rêt géo­po­li­tique de la Rus­sie.

Un sec­teur char­bon­nier en ex­pan­sion

Avec 395 mil­lions de tonnes en 1990, la pro­duc­tion char­bon­nière avait at­teint des som­mets à la fin de l’époque so­vié­tique. Mais à Mos­cou, les di­ri­geants de la Rus­sie post­so­vié­tique ont vite consi­dé­ré le char­bon comme une sur­vi­vance du XIXe siècle, une charge in­utile pour le bud­get. Les sub­ven­tions d’État sont donc pas­sées de 25 % du prix de vente en­core en 1996, à 3,5 % en 2002 (8). La pro­duc­tion est tom­bée à 258 mil­lions de tonnes en 2000.

Les 27 mil­liards de dol­lars in­ves­tis dans l’usine GNL de Ya­mal viennent ser­vir le pro­jet de Route ma­ri­time du Nord du Krem­lin.

Les en­tre­prises pri­vées qui s’étaient for­mées dans les bas­sins char­bon­niers ex-so­vié­tiques ne l’en­ten­daient pas ain­si, sou­te­nues par les au­to­ri­tés po­li­tiques ré­gio­nales, no­tam­ment dans le prin­ci­pal bas­sin du pays, le Kouz­bass. Elles se sont donc tour­nées vers l’ex­por­ta­tion pour ob­te­nir les de­vises né­ces­saires à leur sur­vie et aux in­ves­tis­se­ments. L’ex­por­ta­tion, qui ne por­tait que sur 18 mil­lions de tonnes en 1990, at­tei­gnait ain­si dé­jà 46 mil­lions de tonnes en 2000.

Après 2000, la vi­sion de Mos­cou a chan­gé. En 2011, le Plan 2030 a fixé un ob­jec­tif de 450 mil­lions de tonnes (9). La pro­duc­tion a at­teint 322 mil­lions de tonnes en 2010, 386 en 2016. Les ex­por­ta­tions ont pro­gres­sé à 118 mil­lions de tonnes en 2010, 173 en 2016. Ac­tuel­le­ment, 97 % du char­bon est pro­duit à l’est de l’Ié­nis­seï, et c’est aus­si là que se concentren­t tous les pro­jets à ve­nir, tous pri­vés.

Le rôle de l’État reste tou­te­fois ma­jeur. En 2012, l’UE ab­sor­bait les deux tiers des ex­por­ta­tions russes de char­bon. Six mil­lions de tonnes seule­ment étaient des­ti­nées aux mar­chés asia­tiques (10). Ces der­niers (Inde, Chine, Ja­pon Co­rée, Taï­wan) re­pré­sentent plus des trois quarts de l’im­por­ta­tion mon­diale de char­bon (11). Par rap­port à eux, la pro­duc­tion russe, réa­li­sée à l’est de l’Ié­nis­seï, est bien pla­cée, mais à condi­tion que les ca­pa­ci­tés fer­ro­viaires et por­tuaires le per­mettent. Or l’une et l’autre sont dé­faillantes, et pour tout ou par­tie à charge de l’État. Le Plan 2030 pré­voit une ca­pa­ci­té d’ex­por­ta­tion de 155 mil­lions de tonnes dans les ports de l’Ex­trême-Orient russe. Vos­totch­nyi se­ra le prin­ci­pal. Sa ca­pa­ci­té, dé­jà pas­sée à 30 mil­lions de tonnes en 2018, doit être por­tée à 60 d’ici 2020. D’im­por­tants tra­vaux sont par ailleurs me­nés sur la ligne Ma­gis­trale Baï­kal-Amour pour y dou­bler la ca­pa­ci­té de tran­sit à l’ho­ri­zon de 2023. Le pri­vé par­ti­cipe. Deux ports char­bon­niers s’ap­prêtent ain­si à ap­pa­raitre dans l’Arc­tique. Un ter­mi­nal char­bon­nier est en­tré en fonc­tion en 2017 à Dik­son et vise une ca­pa­ci­té de 10 mil­lions de tonnes en 2019. Plus à l’est, Beh­ring doit com­men­cer à ex­por­ter en 2018 pour at­teindre à terme une ca­pa­ci­té de 8 mil­lions de tonnes. Des ca­pi­taux aus­tra­liens sont im­pli­qués dans ce der­nier pro­jet. Dans l’ile de Sa­kha­line, deux ports sont en cours d’amé­na­ge­ment près du bas­sin char­bon­nier d’Ou­gle­gorsk. L’un est une ex­ten­sion de 3 à 12 mil­lions de tonnes d’un port exis­tant (avec ca­pi­taux ja­po­nais), l’autre est une créa­tion, d’une ca­pa­ci­té de 10 mil­lions de tonnes (avec ca­pi­taux in­diens). D’autres pro­jets im­por­tants sont éloi­gnés du lit­to­ral. Leur des­ti­na­tion unique se­ra l’ex­por­ta­tion par voie fer­rée vers l’Asie. Le plus im­por­tant vise à ex­traire 36 mil­lions de tonnes de trois grands gi­se­ments au­tour de Ky­zyl (Ré­pu­blique de Tou­va) à l’ho­ri­zon 2020. Il né­ces­site, mais va donc per­mettre, le désen­cla­ve­ment de la ré­pu­blique par une voie fer­rée la rac­cor­dant au trans­si­bé­rien. L’un d’eux, Me­je­gheï (7 mil­lions de tonnes), im­plique des ca­pi­taux chi­nois, qui par­ti­cipent par ailleurs aux pro­jets de Gher­bi­ka­no-Ogor­chin (20 mil­lions de tonnes, oblast de l’Amour) et de Ka­ra­kan (Kouz­bass) (K12XII12). Des groupes russes ont pré­vu l’ex­pan­sion de l’ex­trac­tion en 2018 à Né­rioun­gri, Tchoul­man (Sud Ia­kou­tie), et à Our­gal (kraï de Kha­ba­rovsk).

La Rus­sie, lea­der mon­dial du mar­ché du nu­cléaire

Le sec­teur nu­cléaire ci­vil russe est en­tiè­re­ment sous contrôle de l’État. Ro­sa­tom et ses très nom­breuses fi­liales em­ploie 250 000 per­sonnes dans le pays (12). Le groupe a sur­vé­cu à la chute de l’URSS en se tour­nant vers l’ex­por­ta­tion de com­bus­tible pour les cen­trales nu­cléaires (ura­nium en­ri­chi) et d’iso­topes ra­dio­ac­tifs à usage mé­di­cal, ain­si qu’à dif­fé­rents types de ser­vices. Dans le do­maine du com­bus­tible, Ro­sa­tom af­firme four­nir 17 % du mar­ché mon­dial. Il vise 22 % pour 2030.

Avec ses cen­trales de nou­velle gé­né­ra­tion VVER 1000 et 1200, d’un ni­veau de sû­re­té égal à ce­lui des cen­trales oc­ci­den­tales,

L’offre de Ro­sa­tom couvre l’en­semble de la fi­lière (fi­nan­ce­ment, construc­tion, ap­pro­vi­sion­ne­ment en com­bus­tible, re­prise des dé­chets), ce qui ex­plique en grande par­tie son suc­cès à l’ex­por­ta­tion.

Ro­sa­tom s’est im­po­sé sur le mar­ché mon­dial. Elles sont de prix in­fé­rieur à ce­lui des concur­rents oc­ci­den­taux et, avec le sou­tien de l’État, Ro­sa­tom offre à ses clients des cré­dits four­nis­seurs cou­vrant 90 % du prix d’achat. Le gou­ver­ne­ment a par ailleurs mo­di­fié la Consti­tu­tion pour pou­voir re­prendre les dé­chets, les sto­cker sur son sol et les re­trai­ter (13). L’offre de Ro­sa­tom couvre donc l’en­semble de la fi­lière (fi­nan­ce­ment, construc­tion, ap­pro­vi­sion­ne­ment en com­bus­tible, re­prise des dé­chets), ce qui ex­plique en grande par­tie son suc­cès à l’ex­por­ta­tion.

Au dé­but de 2015, son por­te­feuille d’ex­por­ta­tion se mon­tait à 19 tranches nu­cléaires, des­ti­nées à 9 pays. À la fin de 2015, il at­tei­gnait 34 tranches, des­ti­nées à 13 pays. Fin 2016, entre les mar­chés in­té­rieurs et ex­té­rieurs, le mon­tant des com­mandes en­gran­gé par le groupe se monte à 133 mil­liards de dol­lars (14). L’Afrique du sud, qui a re­non­cé au nu­cléaire en 2017, a an­nu­lé son contrat, mais Ro­sa­tom est tou­jours en dis­cus­sion avec sept pays (Bul­ga­rie, Tché­quie, Ar­gen­tine, In­do­né­sie, Al­gé­rie, Ka­za­khs­tan, Ni­gé­ria).

En Rus­sie, avec la crise de 2008, le pro­gramme de construc­tion de cen­trales a été ré­duit. En aout 2010, il ne pré­voyait plus que 11 nou­velles tranches jus­qu’en 2030, soit moins d’une par an, contre 2 à 3 par an dans le pro­jet pré­cé­dent. Compte te­nu que 4800 MW nu­cléaires vont être re­ti­rés du ser­vice d’ici 2030, en en­core 3600 d’ici 2027, la pro­duc­tion d’élec­tri­ci­té d’ori­gine nu­cléaire va peu pro­gres­ser. D’au­tant qu’en sep­tembre 2017, le bud­get de Ro­sa­tom a été ré­duit de 20 %, je­tant le doute sur le rythme de mise en ser­vice de nou­velles uni­tés. En 2016, les cen­trales nu­cléaires ont four­ni 18 % de la pro­duc­tion d’élec­tri­ci­té (soit 196 mil­liards de kWh) (France : 74 %, 408 mil­liards de kWh).

Le re­tour de l’hy­dro-élec­trique

La pro­duc­tion hy­dro-élec­trique a at­teint 187 mil­liards de kWh en 2016, dont 16 ont été ex­por­tées. Après l’équi­pe­ment de la Vol­ga et de la Ka­ma, au coeur du « pays utile », qui four­nissent 35 à 39 mil­liards de kWh se­lon l’hy­drau­li­ci­té de l’an­née, le ré­gime so­vié­tique a amé­na­gé les cas­cades de l’An­ga­ra (bar­rages de Bratsk et Oust Ilim­sk) et de l’Ié­nis­séï (Kras­noïarsk et Saïansk) à par­tir des an­nées 1960, avec quatre cen­trales géantes pro­dui­sant cha­cune entre 20 et 25 mil­liards de kWh par an. Dans ces ré­gions vides d’hommes, l’ob­jec­tif était de créer sur cette base le plus grand com­plexe de pro­duc­tion d’alu­mi­nium du monde, une in­dus­trie très vo­race en élec­tri­ci­té. Les pos­si­bi­li­tés de dé­ve­lop­pe­ment res­tent im­menses à l’est de l’Ié­nis­seï. Le sou­ci est que ce fleuve se trouve dé­jà à plus de 2000 km de la chaine de l’Ou­ral, à l’ouest de la­quelle se trouvent les trois quarts de la po­pu­la­tion, donc de la consom­ma­tion élec­trique. Les pertes en ligne se­raient consi­dé­rables. Des pro­jets ont pour­tant re­sur­gi au dé­but du XXIe siècle.

La construc­tion du troi­sième bar­rage de la cas­cade de l’An­ga­ra, ce­lui de Bo­gout­cha­ny, avait été ar­rê­tée en 1991. Elle a re­pris en 2005, avec la par­ti­ci­pa­tion de ca­pi­taux pri­vés, une pre­mière dans l’hy­dro-élec­tri­ci­té en Rus­sie. Elle est gra­duel­le­ment en­trée en ser­vice entre 2012 et 2015. Avec une puis­sance ins­tal­lée de 3000 MW, elle four­nit une di­zaine de mil­liards de kWh par an.

Deux pro­jets géants étaient à l’étude avant la crise de 2008. La cen­trale d’Evensk de­vait être amé­na­gée sur la Basse-Toun­gouns­ka. Sa puis­sance de 12 000 MW doit four­nir 40 mil­liards de kWh. Mais son lac de re­te­nue doit sub­mer­ger 8500 km2 et obli­ge­rait à dé­pla­cer 5500 per­sonnes, soit plus du quart de la po­pu­la­tion de l’okroug au­to­nome, la qua­si-to­ta­li­té de celle de la ca­pi­tale, Tou­ra. L’op­po­si­tion lo­cale est donc vi­ru­lente et le pro­jet blo­qué. Les tra­vaux du pro­jet de Sud-Ia­kou­tie, avec cinq cen­trales d’une puis­sance de 9000 MW, four­nis­sant 40 mil­liards de kWh par an grâce à une hau­teur de chute plus im­por­tante, de­vaient dé­mar­rer en 2010 pour s’ache­ver en 2030. Dès 2009, ils étaient re­por­tés à une date in­dé­ter­mi­née. L’es­sen­tiel de la pro­duc­tion de­vait être ex­por­tée vers la Chine.

Pé­trole et gaz re­pré­sentent 53 % des ex­por­ta­tions russes en 2016 (et le char­bon 3,2 %). Ro­sa­tom est le lea­der du mar­ché mon­dial du nu­cléaire ci­vil. Pour pré­ser­ver ces ca­pa­ci­tés, le Krem­lin comme les en­tre­prises sont en­clins à ré­duire la consom­ma­tion in­té­rieure, qui bé­né­fi­cie de prix bas. C’est sur le gaz que le mar­ché in­té­rieur pèse le plus. D’après des cal­culs de 2013, il couvre 53,2 % de la consom­ma­tion d’éner­gie en Rus­sie (699 mil­lions de tonnes équi­valent pé­trole), ce qui a ab­sor­bé 70 % de la pro­duc­tion en 2016. Le pé­trole en as­sure 21,9 %, l’hy­dro-élec­tri­ci­té 5,9 % le nu­cléaire, 5,6 %. En 2016, le so­laire et l’éo­lien n’ont four­ni que 0,02 % de la pro­duc­tion élec­trique. Leur dé­ve­lop­pe­ment est une piste pour dé­ga­ger plus de res­sources pour l’ex­por­ta­tion. La lutte contre le gas­pillage d’éner­gie dans tous les sec­teurs en est une autre, la Rus­sie consom­mant trois fois plus d’éner­gie à PIB égal que l’Eu­rope.

Les pos­si­bi­li­tés de dé­ve­lop­pe­ment hy­dro­élec­trique res­tent im­menses à l’est de l’Ié­nis­seï, mais ce fleuve se trouve dé­jà à plus de 2000 km de la chaine de l’Ou­ral, à l’ouest de la­quelle se trouvent les trois quarts de la po­pu­la­tion, donc de la consom­ma­tion élec­trique.

Pho­to ci-des­sus :Avan­ce­ment du chan­tier du pro­jet Ya­mal LNG, une sta­tion de pro­duc­tion de gaz na­tu­rel li­qué­fié construite au nord-est de la pé­nin­sule de Ya­mal, pour un cout es­ti­mé à 27 mil­liards de dol­lars et cha­peau­té par le russe No­va­tek, à la tête du con­sor­tium in­ter­na­tio­nal. Éri­gé dans des condi­tions cli­ma­tiques et géo­lo­giques ex­trêmes, il a été inau­gu­ré en dé­cembre 2017. (© No­va­tek.ru)

Pho­to ci-des­sus : En dé­cembre der­nier, le pré­sident russe, Vla­di­mir Pou­tine, est re­çu au Caire par son ho­mo­logue égyp­tien Ab­del Fat­tah al-Sis­si, avec qui il va as­sis­ter à la si­gna­ture d’une tran­saction re­cord dans l’his­toire de l’in­dus­trie nu­cléaire mon­diale : un contrat de 21 mil­liards de dol­lars, por­tant sur la construc­tion de quatre ré­ac­teurs nu­cléaires d’ici 2026 par l’en­tre­prise russe Ro­sa­tom, pre­mier construc­teur de cen­trales nu­cléaires dans le monde. (© Krem­lin.ru)

Pho­to ci-des­sus : Bar­rage hy­dro­élec­trique de Kras­noïarsk. Si la pro­duc­tion élec­trique russe est lar­ge­ment do­mi­née par les éner­gies fos­siles, des cher­cheurs de l’Uni­ver­si­té de tech­no­lo­gie de Lap­peen­ran­ta, en Fin­lande, sont par­ve­nus à mo­dé­li­ser un nou­veau sys­tème éner­gé­tique pour la Rus­sie, ba­sé ex­clu­si­ve­ment sur la pro­duc­tion d’éner­gie verte, et qui pour­rait per­mettre, se­lon eux, de faire du pays l’une des ré­gions du monde les plus per­for­mantes éner­gi­que­ment par­lant. Avec un mix équi­li­bré com­pre­nant les éner­gies so­laire, géo­ther­mique, éo­lienne, hy­drau­lique et bio­masse, le pays pour­rait at­teindre une ca­pa­ci­té to­tale de550 gi­ga­watts, soit 162 de plus que sa ca­pa­ci­té ac­tuelle. Un long che­min reste ce­pen­dant en­core à par­cou­rir et un chan­ge­ment de cap éner­gé­tique semble peu pro­bable. (© Shut­ter­stock/ Dmi­triy Kan­dins­kiy)

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