Ra­dio El­vis

Ces gar­çons-là Le La­bel/PIAS

Les Inrockuptibles - - Musiques - Fran­çois Mo­reau

Sous la dé­li­ca­tesse des ar­ran­ge­ments pointe une âpre­té in­édite.

Ils posent fa­çon bande du drug­store, main pré­cieuse pour l’un, che­mises de bow­ling six­ties pour les deux autres, au­tour d’un ba­by-foot. Si ces gar­çons-là ont le re­gard ca­naille, c’est parce qu’ils ont fait main basse sur le rock hexa­go­nal avec une classe dé­con­cer­tante. L’équi­pée sau­vage, me­née par le ta­len­tueux song­wri­ter Pierre Gué­nard, a tro­qué le style Pe­tit Ba­teau des Conquêtes, pre­mier al­bum sor­ti en 2016, pour un style plus af­fir­mé, entre les Outsiders de Cop­po­la et le Du­tronc des an­nées Vogue, à l’image d’une em­preinte mu­si­cale qui prend, avec ce deuxième al­bum, une di­men­sion in­édite dans la courte his­toire de Ra­dio El­vis. In­sou­ciant à l’époque, le groupe, pas­sé par les In­rocks Lab en 2014 et au­réo­lé d’une Vic­toire de la mu­sique en 2017, ca­té­go­rie Al­bum ré­vé­la­tion, s’ins­crit ici dans la fi­lia­tion rock du par­cours ini­tia­tique ado­les­cent, mar­qué au fer rouge par Ces gar­çons-là, pre­mier single en forme de ca­val­cade. En dé­coulent toutes les pro­blé­ma­tiques de com­bat (La Sueur et le Sang, 23 mi­nutes) et d’er­rance (New York, Noc­tu­ra­ma, Prières per­dues) d’un al­bum plus âpre et plus com­plexe que la dé­li­ca­tesse de ses ar­ran­ge­ments et la beau­té de son écri­ture ne laissent pré­sa­ger.

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