Le roi des Arts DÉ­CO

Vi­site pri­vi­lé­giée de l’ex­po­si­tion Dior, cou­tu­rier du rêve en com­pa­gnie de ses deux com­mis­saires, FLO­RENCE MÜLLER et OLI­VIER GA­BET. Sui­vez les guides.

L'Express (France) - L’Express diX - - L’epoque -

Il n’y avait pas eu d’ex­po­si­tion consa­crée à Ch­ris­tian Dior, à Pa­ris, de­puis trente ans. Or­ga­ni­sé par les Arts dé­co­ra­tifs, l’évé­ne­ment qui cé­lèbre les 70 ans de la mai­son de cou­ture mé­rite tous les su­per­la­tifs, avec plus de 300 robes de haute cou­ture, conçues de 1947 à nos jours, si­gnées de son fon­da­teur comme des six di­rec­teurs ar­tis­tiques qui lui ont suc­cé­dé. D’Yves Saint Laurent à Ma­ria Gra­zia Chiu­ri, en pas­sant par Marc Bo­han, Gian­fran­co Fer­ré, John Gal­lia­no ou Raf Si­mons, la mai­son Dior n’a ja­mais ces­sé de faire corps avec son époque. Toiles, cro­quis, pho­to­gra­phies d’époque, ta­bleaux et ob­jets d’art sou­lignent les liens qu’elle a tis­sés avec toutes les formes ar­tis­tiques : « Cette ex­po­si­tion est la plus ex­haus­tive pos­sible, car elle est nour­rie par un dia­logue avec des oeuvres d’art, le tout dans un lieu que Ch­ris­tian Dior a par­ti­cu­liè­re­ment ai­mé, ex­plique Oli­vier Ga­bet, di­rec­teur du mu­sée des Arts dé­co­ra­tifs. J’ai sou­hai­té que l’on offre un ter­rain d’ex­pé­ri­men­ta­tion in­édit dans l’his­toire du mu­sée : consa­crer près de 3 000 mètres car­rés à une ex­po­si­tion sur les deux es­paces prin­ci­paux, nous ne l’avions ja­mais fait. Chaque siècle n’a pas for­cé­ment un nombre ex­ten­sible de grands créa­teurs. Pour le xx e siècle, l’un des plus grands créa­teurs est Ch­ris­tian Dior. » Pour le fon­da­teur de la mai­son, la mode était « l’art de re­nou­ve­ler le sen­ti­ment amou­reux ». Aux Arts dé­co­ra­tifs, Oli­vier Ga­bet et Flo­rence Müller, conser­va­trice des arts du tex­tile et de la mode au Den­ver Art Mu­seum, ont ima­gi­né des cor­res­pon­dances in­édites et in­times entre les robes et des oeuvres ex­cep­tion­nelles, prê­tées par les plus grands mu­sées du monde. Qu’il s’agisse d’un por­trait de La­dy Al­ston par Gains­bo­rough ou d’une toile de Ster­ling Ru­by, re­prise sur une robe de Raf Si­mons. Ch­ris­tian Dior était un homme de culture et d’art, comme le furent tous les di­rec­teurs ar­tis­tiques de la mai­son. Un sub­strat ex­cep­tion­nel à mon­trer dans cette ex­po­si­tion. « Notre res­pon­sa­bi­li­té est énorme, ad­met Oli­vier Ga­bet. Beau­coup de per­sonnes risquent de ve­nir pour la pre­mière fois dans un mu­sée, at­ti­rées par le nom de Dior. Ces gens vont peut- être dé­cou­vrir par la même oc­ca­sion des oeuvres comme celle de Bol­di­ni ou de Vi­gée Le Brun. Nous avons es­sayé de construire une ex­po­si­tion exi­geante, mais aus­si très po­pu­laire, dans le sens noble du terme, avec des textes clairs et des in­for­ma­tions nettes. Pour qu’un pu­blic d’ama­teurs puisse en­trer sans crainte de ne pas com­prendre. » Grâce à la chro­no­lo­gie, le vi­si­teur est pris par la main dans un monde fée­rique et éru­dit : c’est toute la ma­gie du nom Dior et de son uni­ver­sa­li­té. « Dans une ex­po, on es­saie d’at­teindre deux buts, ex­plique Flo­rence Müller : faire en sorte que les gens ap­prennent quelque chose, mais aus­si qu’ils res­sentent une émo­tion. Avec Ch­ris­tian Dior, une robe est une sculp­ture. On y dé­couvre des vo­lumes, des ombres, des lu­mières… » « Les robes ne sont pas de vieux chif­fons, pour­suit le di­rec­teur des Arts dé­co­ra­tifs. C’est une pré­sence vi­vante, qu’il faut sa­voir écou­ter. A la fin de votre par­cours, vous au­rez peut- être été mar­qué par quelques mo­dèles. Sans par­fois re­te­nir le nom de son créateur. Mais vous al­lez sur­tout re­te­nir un ef­fet d’éblouis­se­ment. » G kA­RINe PORReT

Flo­rence MÜLLER et Oli­vier GABET.

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