Texte : pho­tos :

Pour sa 9e édi­tion, le fes­ti­val Ame­ri­ca, qui se dé­rou­lait en sep­tembre à Vin­cennes, a, une fois de plus, ac­cueilli les meilleurs écri­vains des Etats-Unis. L’oc­ca­sion de prendre le pouls d’une na­tion tou­jours sous le choc du phé­no­mène #Me­Too et de l’élec­ti

L'Express (France) - L’Express diX - - La Une -

del­phine per­as fred kihn pour l’ex­press diX co­mé­die noire sur la haine de la dif­fé­rence et des mi­no­ri­tés sexuelles, se­rait vite da­té. Or le su­jet reste per­ti­nent et on ré­édite mon livre : ce n’est pas une bonne nou­velle !

Que vous ins­pire l’élec­tion de Trump ?

Je vi­vais à New York lorsque Trump s’est af­fi­lié au par­ti dé­mo­crate, quand il construi­sait des buil­dings et ne payait pas les gens. C’était un bu­si­ness­man mal­hon­nête, un mau­vais dé­mo­crate aus­si. Il a tou­jours été un bad guy, nar­cis­sique et van­tard. Même s’il fait l’ob­jet d’un im­peach­ment en no­vembre pro­chain, dans la fou­lée des élec­tions de mi-man­dat [qui re­nou­vellent les deux chambres du Congrès amé­ri­cain], son vice-pré­sident Mike Pence le rem­pla­ce­ra et ce se­ra plus ter­rible en­core. Pence est un ch­ré­tien fon­da­men­ta­liste, bien plus fin po­li­tique que Trump, un idéo­logue re­dou­table. Ce n’est pas à moi de dire aux Eu­ro­péens que le fas­cisme n’est pas nou­veau. Mais il re­vient, par­tout. Trump au­rait sans doute ai­mé être un Mus­so­li­ni, un Hit­ler. Ce der­nier a eu beau­coup de suc­cès en ac­cu­sant tout le monde : c’est la faute des juifs, des bol­che­viques, des ho­mo­sexuels. Trump fait pa­reil : c’est la faute des Mexi­cains, des mu­sul­mans, etc. Les gens iso­lés, peu in­for­més, sont ré­cep­tifs à son dis­cours. Heu­reu­se­ment, Trump n’est pas as­sez bon pour de­ve­nir Hit­ler. Nous avons de la chance ! Je ne crois pas qu’il va du­rer. Les al­ter­nances entre gauche et droite, que l’Amé­rique a en­chaî­nées de­puis Rea­gan, montrent que qui­conque de­vient pré­sident, de­vient im­po­pu­laire. Un homme élé­gant, com­pé­tent comme Oba­ma a été re­je­té. Par ra­cisme aus­si, en par­tie. L’Amé­rique est di­vi­sée comme elle l’a tou­jours été. Les Etats-Unis ne sont pas unis. C’est un ter­ri­toire où les ha­bi­tants d’Ala­ba­ma ont peur des NewYor­kais, où ceux du Texas craignent les Ca­li­for­niens et ceux du Mid­west ne veulent pas des gens de l’Ohio. Par chance, le pays compte de nom­breuses femmes brillantes en po­li­tique, mais si l’une d’elle se pré­sente à nou­veau à l’élec­tion pré­si­den­tielle d’ici vingt ans, elle échoue­ra. Hilla­ry Clin­ton a per­du parce que 6,5 mil­lions de dé­mo­crates ne sont pas al­lés vo­ter pour elle. L’Amé­rique pro­fonde reste conser­va­trice, sus­pi­cieuse. Elle n’aime pas les femmes in­tel­li­gentes et in­dé­pen­dantes ».

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