La France, terre d’écueil des ré­fu­giés

De­puis le dé­but de la se­maine et l’affaire de «l’Aqua­rius», l’Ita­lie et la France s’ac­cusent de ne pas prendre leurs res­pon­sa­bi­li­tés sur les ré­fu­giés. CheckNews dresse le bi­lan de trois an­nées de ges­tion de la crise mi­gra­toire dans l’Union eu­ro­péenne.

Libération - - LA UNE -

Alors qu’Em­ma­nuel Ma­cron re­çoit Giu­seppe Conte après une se­maine de ten­sions sur le sort de l’Aqua­rius, CheckNews dresse le bi­lan de trois ans de ges­tion de la crise mi­gra­toire. D’où il res­sort que Pa­ris est loin der­rière ses voi­sins eu­ro­péens.

Ce ven­dre­di, le chef du gou­ver­ne­ment ita­lien, Giu­seppe Conte, et Em­ma­nuel Ma­cron doivent par­ta­ger un dé­jeu­ner. Fin de brouille entre les deux di­ri­geants? C’est ce qu’af­firment les chan­cel­le­ries des deux cô­tés des Alpes. De­puis le dé­but de la se­maine, l’Ita­lie et la France se sont ac­cu­sées de ne pas prendre leurs res­pon­sa­bi­li­tés sur l’ac­cueil des ré­fu­giés. Tout part du re­fus du nou­veau gou­ver­ne­ment ita­lien d’ou­vrir ses ports à l’Aqua­rius et aux 630 mi­grants à son bord, se­cou­rus au large de la Li­bye pen­dant le wee­kend. En dé­but de se­maine, le si­lence est de mise cô­té fran­çais. Mar­di ma­tin, en­fin, les mots tombent : sans pour au­tant pro­po­ser un havre au bâ­ti­ment hu­ma­ni­taire, Pa­ris re­proche au gou­ver­ne­ment ita­lien son «cy­nisme» et son «ir­res­pon­sa­bi­li­té». Im­mé­dia­te­ment, Rome exige des ex­cuses. Le mi­nistre de l’In­té­rieur d’ex­trême droite, Mat­teo Sal­vi­ni, ac­cuse Ma­cron de ne pas te­nir ses pro­messes sur l’ac­cueil des ré­fu­giés (lire ci­des­sous). Fi­na­le­ment, la paix vient par voie de com­mu­ni­qués. Quant aux res­ca­pés de l’Aqua­rius, ils dé­bar­que­ront à Va­lence, sur pro­po­si­tion du Pre­mier mi­nistre so­cia­liste es­pa­gnol.

De­puis trois ans, l’af­flux de mi­grants pèse sur la diplomatie eu­ro­péenne. Sur les scènes po­li­tiques na­tio­nales aus­si, y com­pris dans les pays les plus ac­cueillants. Comme en Allemagne, où Mer­kel a dû re­voir à la baisse sa po­li­tique en­vers les ré­fu­giés, sous la pres­sion des plus durs de sa ma­jo­ri­té. D’ailleurs, au creux de la crise de l’Aqua­rius, le très droi­tier mi­nistre de l’In­té­rieur au­tri­chien, Se­bas­tian Kurz, a pro­po­sé que Ber­lin, Vienne et Rome forment un «axe» contre l’immigration illé­gale. Cette ten­sion po­li­tique, conju­guée à la baisse du flux mi­gra­toire (qui avait at­teint son pic en 2015), ex­plique la di­mi­nu­tion nette de l’ac­cueil des mi­grants et ré­fu­giés en Eu­rope. En 2016, les pays de l’UE ac­cor­daient 700 000 pro­tec­tions in­ter­na­tio­nales. En 2017, c’était un quart de moins. La ten­dance va-t-elle se pour­suivre ? Le Con­seil eu­ro­péen des 28 et 29 juin, qui por­te­ra sur les ques­tions mi­gra­toires, de­vrait per­mettre de ré­pondre à cette ques­tion. En at­ten­dant, on peut dres­ser le bi­lan de trois an­nées de ges­tion de la crise mi­gra­toire en Eu­rope. Et consta­ter, chiffres à l’ap­pui, que la France fait moins que nombre de ses voi­sins eu­ro­péens.

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