Love on the BYSTS

Libération - - MUSIQUE -

Il y a ceux, as­sez rares, qui dès les ful­gu­rants pre­miers «1, 2, 3, 4» en­ton­nés dans leur ga­rage, ont trou­vé illi­co la bonne for­mule. Et puis il y a ceux, beau­coup plus nom­breux, qui, au fil des ré­pé­ti­tions, tâ­tonnent la­bo­rieu­se­ment entre les sons, hé­sitent entre les genres. Ce duo ba­sé au­jourd’hui à Los An­geles, mais ori­gi­naire de Salt Lake Ci­ty, ap­par­tient à la se­conde ca­té­go­rie de ces be­so­gneux die­sels du rock’n’roll. Mais sans au­cun doute les plus at­ta­chants. En­fin, si on sait se mon­trer.

Leurs pre­miers mor­ceaux, en 2015, lou­voient entre post­punk go­thique et elec­tro­dream pop, rien en­core de bien cap­ti­vant. La mon­tée en pre­mière ligne de gui­tares sur­sa­tu­rées sur les com­po­si­tions sui­vantes laisse quand même en­tre­voir la pos­si­bi­li­té d’un style plus per­son­nel. Confir­mé à fond par leur bouillant EP Dream­land, qui vient de pa­raître. Une dé­cons­truc­tion so­nore dé­mo­niaque conduite avec vis­ta par les jeunes Bryan Hol­brook (gui­tare, voix, ma­chines) et Ste­fa­nie Mar­low (basse, voix, ma­chines). Les sons dis­tor­dus de six-cordes en fu­sion s’étirent ad vi­tam ae­ter­nam, pla­qués sur le fracas de basses énormes, tan­dis que ré­sonne la ca­val­cade gran­diose des beats. Vi­sion fu­rieuse d’une apo­ca­lypse brui­tiste certes, mais ou­tra­geu­se­ment sexy. Es­quisse fu­meuse d’un Je­sus and Ma­ry Chain qui au­rait nour­ri ses fracas aux coups de bou­toirs de la tech­no. Les dé­buts hé­si­tants de ces Bon­nie & Clyde de la fuzz, aux har­mo­nies vo­cales chu­cho­tantes, semblent loin der­rière. Ça va­lait le coup d’at­tendre.

PA­TRICE BAR­DOT BYSTS Dream­land EP, dis­po­nible sur bysts.band­camp.com

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