Torn Hawk, lo-fi du fin

Après une pa­ren­thèse sym­pho­nique, le gui­ta­riste amé­ri­cain re­vient au son ins­pi­ré et dé­rou­tant de ses dé­buts : une ré­sur­rec­tion.

Libération - - CULTURE/MUSIQUES - Smoke

Sou­vent, pour en­tendre de la belle mu­sique, il convient de suivre un ar­tiste jusque dans les re­coins les plus tor­tueux de son es­prit. Ain­si Luke Wyatt alias Torn Hawk, ar­tiste amé­ri­cain dé­jà au­teur d’une oeuvre lar­ge­ment énig­ma­tique, af­fiche-t-il une fas­ci­nante ten­dance à tou­cher au su­blime quand il se laisse al­ler sans am­bage au­cun à ses plus bas ins­tincts – fé­ti­chisme, es­prit d’es­ca­lier à co­li­ma­çon, so­los de gui­tares dé­bri­dés dignes de ceux d’un ado des 90’s dans sa chambre. Time Is a Scam, son cin­quième al­bum, pa­raît presque trois ans après Union and Re­turn, ten­ta­tive dé­rou­tante de se dé­faire de ces mau­vaises ha­bi­tudes, et s’écoute à la fois comme un aveu d’échec, puisque l’Amé­ri­cain y re­vient à l’ins­pi­ra­tion en roue libre et au lo-fi en so­li­taire après avoir ta­qui­né le clinquant sym­pho­nique, et une sa­crée ré­sur­rec­tion puis­qu’on ne l’avait pas en­ten­du si ins­pi­ré et exu­bé­rant de­puis Let’s Cry and Do Pu­shups at the Same Time en 2014. Le seul préliminaire né­ces­saire pour ap­pré­cier cette for­mi­dable ga­be­gie consiste à se re­mettre en tête ce que le mot su­blime veut dire dans le jar­gon de la phi­lo­so­phie es­thé­tique, à sa­voir une beau­té qui se si­gnale par sa ca­pa­ci­té à sub­mer­ger et à se te­nir à dis­tance de l’in­tel­li­gence. Comme an­non­cé

PHO­TO DR

La po­chette pein­tur­lu­rée de Time Is a Scam.

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