IL FAUT FAIRE PAR­TA­GER LE CONSTAT QUE LA BIO­DI­VER­SI­TÉ EST PLUS IM­POR­TANTE QUE LE PÉ­TROLE IDRISS ABER­KANE

L'Informaticien - - RENCONTRE - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR STÉ­PHANE LAR­CHER

En­sei­gnant et cher­cheur, ti­tu­laire de trois doc­to­rats ( à 31 ans), Idriss Aber­kane pré­pare l’ou­ver­ture d’une fon­da­tion consa­crée à la bio­di­ver­si­té. En marge du sa­lon Roomn, qui se te­nait à Mo­na­co, il a com­plé­té sa confé­rence et ré­pon­du à nos ques­tions sur les en­jeux de l’IA, de la re­cherche, des po­li­tiques édu­ca­tives et autres su­jets.

QU’AP­PE­LEZ- VOUS L’IA HU­MAINE ? ❚ Idriss Aber­kane : Lorsque vous de­man­dez à Si­ri de di­vi­ser 0 par 0, il vous fait une ré­ponse qui est de la mau­vaise IA. Le rap­port A/ I est mau­vais dans la me­sure où il s’agit d’in­tel­li­gence hu­maine em­bar­quée. La blague est hu­maine, la re­con­nais­sance vo­cale est ti­rée de la re­cherche hu­maine. Il en va de même pour de nom­breuses ap­pli­ca­tions pré­sen­tées comme de l’IA. Lorsque Ga­ry Kas­pa­rov a été bat­tu par Dee­per blue, il s’agis­sait de par­ties jouées par des hu­mains, par­ties qui étaient en­re­gis­trées. Dee­per blue a bat­tu M. Kas­pa­rov car il avait un gros disque dur. C’est tout. Toutes les stra­té­gies pour le battre sont des tech­niques pen­sées, in­ven­tées par des hu­mains. A contra­rio, la nou­velle IA que l’on voit ar­ri­ver au­jourd’hui, sur­tout dans l’Ar­mée, est une IA créa­tive qui crée des so­lu­tions non pen­sées par des hu­mains. LA PEUR DE L’IA EST- ELLE JUS­TI­FIÉE ? ❚ L’IA, certes, ce­la fait peur mais en fait c’est comme un chien. Nous pou­vons faire beau­coup de choses avec un chien : un chien d’at­taque, des vi­déos de chiots qui gé­nèrent des mil­lions de vues, un la­bra­dor qui sauve un noyé, un saint- ber­nard. Ou en­core un chien qui va al­ler po­ser des mines pour faire sau­ter un char, comme l’ont fait les Russes. L’IA c’est pa­reil. Va- t- elle faire des morts ? La ré­ponse est oui. Mais elle fe­ra aus­si des choses po­si­tives. LES CONSÉ­QUENCES SUR L’EM­PLOI ? ❚ Le chien n’a pas fait dis­pa­raître le mé­tier de ber­ger mais l’ap­pa­ri­tion du chien a ré­duit le nombre de ber­gers pour gar­der le troupeau de mou­tons. Est- ce que ce­la a dé­truit le nombre d’em­plois de ber­gers ? Per­sonne ne le sait ! Pas plus moi que les ar­chéo­logues ? En ef­fet, ils constatent plu­tôt une aug­men­ta­tion de la taille des trou­peaux. Donc on ne peut pas af­fir­mer que la do­mes­ti­ca­tion du chien a dé­truit l’em­ploi. QUELLES AP­PLI­CA­TIONS CI­VILES OU MI­LI­TAIRES VOYEZ- VOUS ? Vla­di­mir Pou­tine pré­cise que « l’IA est le fu­tur de la Rus­sie et de tout le genre

hu­main car elle amène des op­por­tu­ni­tés co­los­sales mais aus­si des me­naces dif­fi­ciles à pré­voir. Le lea­der de ce do­maine se­ra le maître du monde. » S’il n’y connaît rien en IA, M. Pou­tine s’y connaît en géo­po­li­tique et il sait que la force d’une ar­mée est – comme le di­sait Na­po­léon – sa masse mul­ti­pliée par sa vi­tesse. Aus­si, lorsque vous avez un drone qui com­prend le champ de ba­taille, qui sait où sont les en­ne­mis, qui peut prendre des dé­ci­sions et est ca­pable de faire quelque chose de nou­veau. La balle de de­main c’est la dé­ci­sion. Et c’est beau­coup plus dan­ge­reux. L’IA tire non pas des balles mais des dé­ci­sions. Donc, l’IA conduit à une course aux ar­me­ments. Le casque d’un pi­lote de F35 coûte 400 000 dol­lars et per­met de prendre les dé­ci­sions plus ra­pi­de­ment. Le pou­voir de des­truc­tion du sol­dat est plus grand. Dans le monde ci­vil, c’est iden­tique : faire plus de choses. Si l’on de­mande des choses un peu com­plexes à une IA, ce­la ne marche pas. Mais ce­la va chan­ger très vite. Pre­nons cet exemple : trou­ver pour ma fille un job d’été à Sin­ga­pour, pré­pa­rer des CV dif­fé­rents se­lon les en­tre­prises, lui trou­ver des vê­te­ments pour ses en­tre­tiens, adap­ter ces vê­te­ments aux cou­leurs pré­fé­rées des re­cru­teurs. Gé­rer les billets d’avion et la lo­ca­tion d’un ap­par­te­ment. Ces tâches prennent plu­sieurs se­maines. Avec une IA ce­la se fe­rait tout seul. No­tez bien « fe­rait » , car nous n’y sommes pas en­core.

POUR­QUOI SE­LON VOUS ? ❚ Lais­sez- moi prendre un autre exemple. Par­mi toutes ces tâches, quelle est la plus dif­fi­cile ? Cal­cu­ler la ra­cine trei­zième d’un nombre à 200 chiffres, faire une mayon­naise, faire un noeud de cra­vate, jouer au go ou aux échecs, ré­soudre des équa­tions dif­fé­ren­tielles sto­chas­tiques ou en­core jouer à Star­craft 2 ? Le plus dur – et de très loin – c’est le jeu vi­déo. En ef­fet, la dé­fi­ni­tion de la com­plexi­té, d’un point de vue ma­thé­ma­tique, c’est la lon­gueur du pro­gramme mi­ni­mal pour réa­li­ser la tâche. Com­bien de lignes de pro­grammes ? Pour la ra­cine trei­zième c’est fa­cile. Pour les équa­tions, en tout cas pour faire des ap­proxi­ma­tions, Wol­fram Al­pha vous le fait très bien. Échecs et go, il n’y a plus un seul homme sur Terre pour battre les meilleures ma­chines. Le noeud de cra­vate, c’est dif­fé­rent. Il peut faire le noeud, mais comment per­son­na­li­ser ? Quelles sont les bonnes cou­leurs, les ten­dances ? La mayon­naise, ce­la de­vient beau­coup plus com­plexe. Et voi­là la dif­fé­rence entre al­go­rith­mie et phy­sio­rith­mie. Phy­sio c’est la vie en grec. La pro­gram­ma­tion du vi­vant, c’est très com­plexe. Un al­go­rithme est une sé­rie d’ins­truc­tions à faire sans ré­flé­chir. C’est non am­bi­gu. L’hu­main est tout le contraire. Le vi­vant passe son temps dans l’am­bi­guï­té, or les IA ac­tuelles ne savent pas gé­né­rer ce­la.

ET POUR­QUOI LE JEU VI­DÉO EST EN­CORE PLUS COM­PLEXE ? ❚ Pre­nons quelques chiffres. Le nombre de par­ties pos­sibles aux échecs, c’est 10 puis­sance 120. Pour le go, c’est de l’ordre de 10 puis­sance 800. Une par­tie de Star­craft 2 dure 30 mi­nutes. Les meilleurs joueurs ef­fec­tuent 400 ac­tions par mi­nute, soit en­vi­ron 85 puis­sance 400 x 30. C’est pour ce­la que Elon Musk em­bauche ces per­sonnes pour en­traî­ner son Open AI. Ces per­sonnes ont des sa­laires de foot­bal­leurs pro­fes­sion­nels. Ce­la se compte en mil­lions d’eu­ros ou de dol­lars par an

QUELS AUTRES EXEMPLES TI­REZ- VOUS DU VI­VANT ET QUE L’ON PEUT AP­PLI­QUER À LA PRO­GRAM­MA­TION ? ❚ Le test d’in­tel­li­gence su­prême, dans le vi­vant, c’est la sur­vie. Ré­sis­ter à l’éra­di­ca­tion, comme les rats. Pour l’ins­tant ce n’est pas le cas de l’IA. L’al­go de Waze est ba­sé sur les four­mi­lières. On ap­pelle ce­la la « stig­mer­gie » . C’est un mé­ca­nisme de co­or­di­na­tion in­di­recte entre les agents. Le prin­cipe est que la trace lais­sée dans l’en­vi­ron­ne­ment par l’ac­tion ini­tiale sti­mule une ac­tion sui­vante, par le même agent ou un agent dif­fé­rent. Les four­mis marchent à la même vi­tesse grâce à des phé­ro­mones dé­po­sées sur le che­min. Dans Waze, c’est plus quand on ac­cé­lère et moins quand on freine. Et ses cartes et donc ses cal­culs d’iti­né­raires sont meilleurs que ceux de Google car s’ins­pirent des four­mi­lières. Donc, ils ont été ra­che­tés par

Google. C’est pa­reil pour cer­tains cham­pi­gnons ca­pables de faire des connexions. Une ex­pé­rience as­sez épous­tou­flante a été réa­li­sée par un cher­cheur d’Ox­ford. Il a pris une carte de l’An­gle­terre et a po­si­tion­né des flo­cons d’avoine sur les grandes villes an­glaises : après 48 heures, il avait une carte ex­trê­me­ment pré­cise du ré­seau fer­ré bri­tan­nique. Meilleure que la carte exis­tante. Donc 48 heures pour un cham­pi­gnon face à 150 ans pour des gé­né­ra­tions d’in­gé­nieurs. Je peux mul­ti­plier les exemples à foi­son. La tour Eif­fel, qui s’ins­pire de la concep­tion d’un os de fé­mur, de nou­veaux pneus créés par Mi­che­lin, de nou­velles de struc­ture de pro­téines ont été dé­cou­vertes par des al­go­rithmes. LA DON­NÉE A PRIS LE POU­VOIR. EST- CE UNE BONNE CHOSE ? ❚ Nous vi­vons dans la « da­ta­cra­tie » : les don­nées sont plus im­por­tantes que le pé­trole et c’est pour cette rai­son qu’une so­cié­té comme Fa­ce­book vaut 5 fois une en­tre­prise comme To­tal. Les da­ta sont bien, mais il ne faut pas s’y te­nir. La va­leur se fait dans la connais­sance. Puis, en­suite, vous avez la com­pré­hen­sion et en­fin la sa­gesse. Une ci­vi­li­sa­tion qui pro­duit beau­coup de connais­sances et peu de sa­gesse est vouée à l’ex­tinc­tion, di­sait Isaac Asi­mov. C’est pour­quoi il faut main­te­nir le bon ra­tio entre ces quatre élé­ments. QUE PEN­SEZ- VOUS DES PO­LI­TIQUES PU­BLIQUES AU­TOUR DE L’IA ? ❚ J’ai été au­di­tion­né par Cé­dric Villa­ni. Sur l’IA tout le monde a tort « et » rai­son. La vé­ri­té est un mi­roir bri­sé où cha­cun dé­tient un pe­tit mor­ceau. Il n’est pas pos­sible de prendre le point de vue d’une seule per­sonne, qu’il s’agisse de Laurent Alexandre, Cé­dric Villa­ni, Elon Musk, Zuck, ni moi- même bien- sûr ou d’autres. Il faut faire la moyenne des opi­nons des gens. Villa­ni men­tionne les consé­quences éco­no­miques et il a rai­son. Ce­pen­dant, je dé­plore que l’on semble par­tis sur un nou­veau plan Cal­cul et que ce­la ne mar­che­ra pas. Il faut que ce­la vienne du bas. In­ter­ro­gé en 1984 par le pré­sident Mit­ter­rand sur les rai­sons du suc­cès de la Si­li­con Val­ley, Steve Jobs avait ré­pon­du : « C’est la culture de l’échec. Quand vous échouez ici – en France – c’est très grave. Dans la Si­li­con Val­ley, on passe notre temps à échouer, jus­qu’à réus­sir. Par ailleurs, vous avez une re­cherche de bon ni­veau en Eu­rope, mais vous ne vous pré­oc­cu­pez pas as­sez de leurs ap­pli­ca­tions concrètes. » On conti­nue à al­ler de plan Cal­cul en plan Cal­cul, lors­qu’il s’agit de com­prendre l’In­ter­net, la té­lé­pho­nique mo­bile, le Cloud Com­pu­ting, l’IA ou les cryp­tos… Dans ce der­nier do­maine, le fait que l’on man­date un re­pré­sen­tant de la banque de France pour faire le point sur ces tech­no­lo­gies, c’est comme in­vi­ter un des in­ven­teurs du Mi­ni­tel pour faire le point sur In­ter­net. Et c’est d’ailleurs ce qui a été fait. VOUS CONSIDÉREZ QUE LA R & D N’EST PAS AS­SEZ SOU­TE­NUE ? ❚ Je suis bien pla­cé pour vous le confir­mer, étant don­né que la par­tie in­dus­trielle n’est pas consi­dé­rée en France comme de la re­cherche par beau­coup d’uni­ver­si­taires. Et c’est pour­tant ce qui se passe. Dans la R & D fran­çaise, le R est très bon, y com­pris sur le plan bud­gé­taire. Le CNRS dis­pose de 3,6 mil­liards. Le R consiste à trans­for­mer de l’ar­gent en connais­sance ; le D à trans­for­mer la connais­sance en ar­gent. Et là nous sommes mau­vais. L’im­pri­mante 3D est une in­ven­tion fran­çaise. Per­sonne ne le sait. La ma­gné­to­ré­sis­tance géante ; les écrans à cris­taux li­quide re­posent sur une tech­no­lo­gie fran­çaise. CRISPR c’est 2 mil­liards de dol­lars et la France a été éva­cuée dès le dé­but. QUE PEN­SEZ- VOUS DES RÉ­FORMES PRO­PO­SÉES PAR M. BLANQUER ? ❚ Je ne suis pas ob­jec­tif, car c’est un ami. La ré­forme du bac est une très bonne chose. La li­si­bi­li­té du par­cours aca­dé­mique, il faut l’amé­lio­rer et c’est le cas. J’es­père sim­ple­ment qu’il va y ar­ri­ver. Et je pense qu’il va y ar­ri­ver car il a eu l’oc­ca­sion de re­gar­der le mo­teur de l’au­to­mo­bile Édu­ca­tion na­tio­nale avant d’en prendre le vo­lant. De mon point de vue, c’est le meilleur mi­nistre de l’EN de­puis 40 ans.

« EN SI­LI­CON VAL­LEY, ON PASSE NOTRE TEMPS À ÉCHOUER… JUS­QU’À RÉUS­SIR ! »

STEVE JOB À FRAN­ÇOIS MIT­TER­RAND EN 1984.

« LA NA­TURE EST LE PLUS GRAND GISEMENT DE CONNAIS­SANCES AU MONDE »

Si la France est une ré­pu­blique de la connais­sance, il faut que sa politique édu­ca­tive soit en phase et ce n’était pas le cas. Un mi­nistre al­le­mand di­sait que la France était un pays qui vou­lait voya­ger en 1re classe avec un billet de 2de. En ma­tière édu­ca­tive, c’est très vrai. Un autre pro­blème est que nous n’avons pas de classe moyenne dans le do­maine des ma­thé­ma­tiques. Nous avons des gens qui dé­testent les maths et des Cé­dric Villa­ni. D’un point de vue éco­no­mique, c’est in­ac­cep­table ! L’EN a dans son ADN d’une peur de la sé­ces­sion et elle est donc très cen­tra­li­sée et très py­ra­mi­dale. A contra­rio, la Suisse a un prin­cipe de sub­si­dia­ri­té. Le plus pe­tit éche­lon de la chaîne est prio­ri­taire par rap­port au conseiller fé­dé­ral ou ré­gio­nal – il n’y a pas de mi­nis­tère de l’EN en Suisse. Cette grande sou­plesse amène d’ex­cel­lents ré­sul­tats. POUR­QUOI LE CHOIX DE LA SUISSE ? ❚ Tout d’abord parce que les in­ves­tis­seurs prin­ci­paux s’y trouvent. La fon­da­tion Bio­ni­ria, dans la­quelle j’ai in­ves­ti no­tam­ment les droits d’au­teur de mon der­nier livre, est en cours de fi­na­li­sa­tion. J’ai vou­lu créer une fon­da­tion dans le but qu’elle me sur­vivre. Le su­jet est de faire par­ta­ger le constat que la bio­di­ver­si­té est plus im­por­tante que le pé­trole. C’est une ex­pé­rience me­née à l’Île Mau­rice sous l’in­fluence de la pré­si­dente. Bio­ni­ria est là pour ac­com­pa­gner les dé­ci­deurs et leur faire com­prendre qu’un gisement de bio­di­ver­si­té est très pro­fi­table d’un point de vue éco­no­mique et de PIB. Lorsque le pré­sident bré­si­lien Lul­la a dé­cou­vert d’im­menses gi­se­ments pé­tro­liers, il a dé­cla­ré que c’était la deuxième in­dé­pen­dance de son pays. Je ne suis pas d’ac­cord. Étant d’ori­gine al­gé­rienne, j’ai conscience que l’Al­gé­rie c’est du pé­trole avec un pays, et non pas un pays avec du pé­trole. Et lorsque tel est le cas, comme l’Al­gé­rie ou la Rus­sie, ce n’est pas une in­dé­pen­dance que de dé­cou­vrir un gisement. L’ar­gu­men­taire de la fon­da­tion est de dire que la connais­sance vaut plus cher que le pé­trole. La na­ture est le plus grand gisement de connais­sances au monde. Donc, une forêt n’est pas sim­ple­ment un bel en­droit qu’il faut pré­ser­ver pour des rai­sons mo­rales. C’est aus­si et sur­tout un gisement de connais­sances. ET CHRÉAGE ? ❚ C’est un pro­jet qui date de Stan­ford, en 2007, sur les uni­vers mer­leau- pon­tiens. Elle po­sait une ques­tion toute bête : que se se­rait- il pas­sé si l’in­for­ma­tique avait été in­ven­tée par les phi­lo­sophes eu­ro­péens : Hus­serl, Berg­son, Mer­leau- Pon­ty ?… L’in­for­ma­tique vient du mou­ve­ment des po­si­ti­vistes lo­giques qui consi­dèrent que le lan­gage est la forme su­prême de l’es­prit. Ils étaient convain­cus que tout se ré­duit au lan­gage. On sait au­jourd’hui que c’est faux mais cette lo­gique a ame­né l’in­for­ma­tique. Si ces gens qui pensent au­tour du mou­ve­ment avaient ga­gné que se se­rait- il pas­sé ? On a avan­cé avec l’iPad sans cla­vier ou les in­ter­faces na­tu­relles, la RV et la réa­li­té aug­men­tée. Ma convic­tion est que In­ter­net au­rait été spa­tia­li­sée. Parce que l’on re­tient mieux ce qui est spa­tia­li­sé. D’où l’idée de chan­ger le sys­tème d’on­glets et d’in­ven­ter le sand­wich de connais­sances. J’ai vou­lu sim­pli­fier ce sys­tème d’on­glet pour re­trou­ver sim­ple­ment tout ce qui est au­tour d’un su­jet. Voi­là le prin­cipe de Chréage qui se­ra lan­cé très pro­chai­ne­ment.

QU’AVEZ- VOUS AP­PRIS DE LA CONTRO­VERSE AU SU­JET DE VOS ÉTUDES ET DI­PLÔMES ? ❚ J’en ai ti­ré qu’il ne faut pas don­ner d’im­por­tance à ce­la.

POUR­TANT ON VOUS SENT BLES­SÉ ? ❚ Non, je suis bles­sé pour eux. Ils ont men­ti. Robert Laf­font a en­voyé des mises en de­meure pour que ces men­songes soient sup­pri­més. J’ai in­sis­té pour qu’il n’y ait pas de plainte en jus­tice. J’ai at­ten­du la pres­crip­tion. Ce­la m’a coû­té de ne pas le faire. J’ai en­ca­dré vingt mas­ters, j’ai en­sei­gné sept an­nées. J’ai pu­blié tous mes di­plômes. Et ja­mais per­sonne ne s’en est fait écho. Tou­te­fois, il y a une consé­quence po­si­tive, c’est que ces pro­pos dif­fa­mants ont fait ex­plo­ser les ventes de mon livre. Si j’ai pu bâ­tir la fon­da­tion, c’est grâce à ce­la ! ❍

2016 Doc­to­rat en sciences de ges­tion

2013 Doc­to­rat en re­la­tions in­ter­na­tio­nales & di­plo­ma­tie

2014 Doc­to­rat de lit­té­ra­ture gé­né­rale & com­pa­rée

Mars 2018 Dé­buts de Chréage & de la fon­da­tion Bio­ni­ria

Oc­tobre 2016 Pu­bli­ca­tion de l’ou­vrage : Li­bé­rez votre cer­veau

« Ce cham­pi­gnon est plus fort que des gé­né­ra­tions d’in­gé­nieurs pour op­ti­mi­ser le tra­cé d’un ré­seau fer­ro­viaire. »

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