« Il faut s’ac­cro­cher du­rant l’ap­pren­tis­sage au­tant que pen­dant la re­cherche d’em­ploi »

Ca­mille Au­bert, dé­ve­lop­peur Full stack

L'Informaticien - - ACTIV'IT - CH­RIS­TOPHE GUILLEMIN

Après plu­sieurs an­nées en tant que com­mer­cial dans le sec­teur du tou­risme, Ca­mille Au­bert cherche à se re­con­ver­tir sur un sec­teur por­teur. Il dé­cide alors de de­ve­nir dé­ve­lop­peur web et in­tègre la prin­ci­pale for­ma­tion de WebForce3 en no­vembre 2015. « J’ai beau­coup ap­pré­cié la qua­li­té des cours, le sé­rieux des for­ma­teurs et la di­men­sion très pra­tique du cur­sus. Mais il faut bien com­prendre qu’il s’agit d’une énorme quan­ti­té d’in­for­ma­tions à as­si­mi­ler en très peu de temps. C’est par­fois un peu beau­coup. Il faut vrai­ment s’ac­cro­cher » , tient- il à pré­ci­ser. Après la for­ma­tion, il cherche un poste qu’il met­tra un mois à trou­ver. « Ce n’était pas si fa­cile. J’ai en­voyé cent cin­quante CV, réa­li­sé quinze en­tre­tiens et re­çu deux offres. Il faut res­ter très mo­ti­vé après la for­ma­tion, les ef­forts ne sont pas ter­mi­nés. » Il ac­cepte une des deux pro­po­si­tions et tra­vaille au­jourd’hui pour la so­cié­té As­ser­car, dans le do­maine de l’as­su­rance au­to­mo­bile. « Je suis dé­ve­lop­peur Full stack. Je réa­lise des ou­tils mé­tier pour les ré­pa­ra­teurs, les as­su­reurs, etc. Je gère éga­le­ment les flux d’in­for­ma­tions en Back End » . Son bi­lan : « C’est un boot­camp ef­fi­cace, mais il faut une mo­ti­va­tion à toute épreuve pen­dant et après la for­ma­tion. » for­ma­tion en pro­pose 490. On ap­prend donc au­tant, mais plus vite » , ex­plique Alain As­sou­line. Et les ré­sul­tats sont là : grâce à un ré­seau d’une cin­quan­taine d’en­tre­prises par­te­naires, la plu­part des étu­diants de WebForce3 trouvent un poste dans les six mois sui­vant la for­ma­tion. Plus pré­ci­sé­ment : 60 % dé­crochent un CDI ou un CDD, 15 % sont au­toen­tre­pre­neur, 15 % en­chaînent sur une autre for­ma­tion ou un stage en en­tre­prise, et seule­ment 10 % ne trouvent pas de poste dans ce dé­lai, in­dique l’école.

Une for­ma­tion très in­ten­sive

Se for­mer en trois mois et de­mi au dé­ve­lop­pe­ment et à l’in­té­gra­tion web est un « par­cours du com­bat­tant » pré­vient WebForce3. « Nous comp­tons sur un en­ga­ge­ment to­tal de nos étu­diants. Il faut donc être prêt à mettre sa vie entre pa­ren­thèses pen­dant trois mois et de­mi » , pour­suit Alain As­sou­line. Les

re­cru­te­ments s’ef­fec­tuent sur tests de culture gé­né­rale web et de lo­gique, com­plé­tés par un en­tre­tien in­di­vi­duel. La mo­ti­va­tion des can­di­dats est le prin­ci­pal cri­tère. Il n’y a au­cun pré­re­quis en termes de ni­veau sco­laire ou de di­plôme dé­jà ob­te­nu. La for­ma­tion re­pose en­suite sur le prin­cipe du « blen­ded lear­ning » , com­bi­nant du pré­sen­tiel et de l’ap­pren­tis­sage en ligne. En jour­née, les pro­fes­seurs pré­sentent les tech­no­lo­gies de dé­ve­lop­pe­ment web en moins d’une heure et lancent ra­pi­de­ment des tra­vaux pra­tiques. Le soir, les étu­diants peuvent vé­ri­fier ou com­plé­ter leurs com­pé­tences sur la plate- forme web. Elle in­tègre no­tam­ment des QCM, des fiches de ré­vi­sions et des cours en vi­déo. « Si un étu­diant rate un QCM, la plate- forme l’oriente au­to­ma­ti­que­ment vers la bonne fiche de ré­vi­sion. Nous tra­vaillons ain­si avec la start- up Da­mos­cio, spé­cia­li­sée dans les tech­niques d’“adap­tive lear­ning ”, pour dé­ve­lop­per des al­go­rithmes per­met­tant à notre plate- forme d’ac­com­pa­gner de ma­nière in­tel­li­gente nos étu­diants. » La for­ma­tion couvre près d’une di­zaine de lan­gages et tech­niques de pro­gram­ma­tion web : HTML 5, CSS3, Ja­vaS­cript, Jque­ry & AJAX, SQL, MySQL, PHP, POO et Word­press. À l’is­sue de la for­ma­tion, les étu­diants doivent réa­li­ser un site web com­plexe avec une di­men­sion ap­pli­ca­tive. Ils ob­tiennent des cer­ti­fi­ca­tions de dé­ve­lop­peur et d’in­té­gra­teur ju­nior, re­con­nues par la Com­mis­sion na­tio­nale de la cer­ti­fi­ca­tion pro­fes­sion­nelle ( CNCP). No­tons que le coût de la for­ma­tion est en gé­né­ral nul pour l’étu­diant, car WebForce3 éla­bore un dos­sier de fi­nan­ce­ment ex­ploi­tant les aides dis­po­nibles. Moins de 10 % des étu­diants paient les 4 000 eu­ros de for­ma­tion.

Dé­cli­nai­son au­tour de la cy­ber­sé­cu­ri­té, des drones et la VR

De­puis un an, l ’ école a dé­ci­dé de trans­po­ser le prin­cipe du Boot­camp à d’autres do­maines du nu­mé­rique. Elle pro­pose ain­si les for­ma­tions : Concep­teur in­té­gra­teur de cy­ber­Sé­cu­ri­té, Com­mu­ni­ty

ma­na­ger, HTM- Elles ( for­ma­tion au dé­ve­lop­pe­ment web uni­que­ment dé­diée aux femmes), Dé­ve­lop­peur JA­VA EE, Dé­ve­lop­peur Sym­fo­ny, Té­lé­pi­lote de drones ci­vils, Des­si­na­teur Au­to­CAD ( ni­veau dé­bu­tant) et Des si­na­teur Au­to­CAD ( ni­veau avan­cé). En fé­vrier, l’école a éga­le­ment pas­sé un par­te­na­riat avec Startx, so­cié­té de ser­vice spé­cia­li­sée dans la for­ma­tion Red Hat, JBoss, Li­nux et l’in­té­gra­tion des lo­gi­ciels libres. Cet ac­cord lui per­met de pro­po­ser la « pre­mière for­ma­tion DevOps pour les de­man­deurs d’em­ploi d’Île- de- France, la­bel­li­sée par la Mai­rie de Pa­ris » , sou­ligne l’école. Ce cur­sus s’ap­puie sur le conte­nu of­fi­ciel de l’édi­teur Red Hat pour for­mer des de­man­deurs d’em­ploi sur les tech­no­lo­gies Li­nux, OpenS­hift et An­sible. Et ce n’est qu’un dé­but : « Notre am­bi­tion est de pro­po­ser un ca­ta­logue de for­ma­tions ac­cé­lé­rées cou­vrant l’en­semble des do­maines du nu­mé­rique » , in­dique Alain As­sou­line. Pour ac­com­pa­gner ce dé­ve­lop­pe­ment d’ac­ti­vi­tés, l’école vient de le­ver 3 mil­lions d’eu­ros au­près d’Odys­sée Ven­ture et d’Im­pact Par­te­naires. Par­mi les pro­chains do­maines de for­ma­tion fi­gurent la réa­li­té vir­tuelle, la do­mo­tique ou en­core la Smart Ci­ty. Cette le­vée de fonds doit aus­si per­mettre à l’école de dé­ve­lop­per sa plate- forme d’e- lear­ning qui a vo­ca­tion à suivre les étu­diants après leur for­ma­tion, dans une pers­pec­tive d’ap­pren­tis­sage tout au long de la vie. « Nous al­lons mettre en place un ac­cès per­ma­nent et gra­tuit pour les an­ciens élèves qui pour­ront ain­si conti­nuer à se for­mer en ligne. Pour nous, ce­la va per­mettre de fi­dé­li­ser notre clien­tèle, en leur pro­po­sant de nou­velles for­ma­tions. Et aus­si de connaître les grands ten­dances du mar­ché en fonc­tion de re­mon­tées uti­li­sa­teurs » , ex­plique- t- on chez WebForce3. En­fin, WebForce3 sou­haite dou­bler ses im­plan­ta­tions d’ici à la fin 2018. L’école dis­pose au­jourd’hui de « centres en propre » à Pa­ris, Lille, AixMar­seille et Lyon. Le reste du ré­seau est com­po­sé d’une ving­taine de centres fran­chi­sés. Un dé­ve­lop­pe­ment à l’in­ter­na­tio­nal est éga­le­ment pré­vu. « Nous sommes dé­jà pré­sents au Luxem­bourg. Mais d’ici à cinq ans, nous sou­hai­tons être im­plan­tés dans une di­zaine de grandes villes eu­ro­péennes » , conclut Alain As­sou­line. ❍

D’ici à cinq ans nous sou­hai­tons être im­plan­tés dans une di­zaine de grandes villes eu­ro­péennes Alain As­sou­line, pré­sident fon­da­teur de WebForce3

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