John Van Si­clen ( CEO de Dy­na­trace) : « En 3 ans, tout a ra­di­ca­le­ment chan­gé ! »

Avec son pro­fil aty­pique dans le pay­sage de l’in­for­ma­tique, le CEO de Dy­na­trace, an­cien uni­ver­si­taire ( études d’his­toire), nous confie son ap­proche de la di­rec­tion d’une en­tre­prise dans le sec­teur de la high tech.

L'Informaticien - - SOMMAIRE - BER­TRAND GARé

John Van Si­clen peut re­ven­di­quer une longue car­rière dans l’in­for­ma­tique avec des res­pon­sa­bi­li­tés im­por­tantes dans dif­fé­rentes so­cié­tés. No­tam­ment Net­frame, pion­nière dans le mo­ni­to­ring ré­seau, In­ter­vo­wen, Ades­so sys­tems, Com­pu­ware puis Dy­na­trace, après la séparation de ces deux en­ti­tés suite au ra­chat de Com­pu­ware par le fonds Tho­ma Bra­vo. En 2014, il se re­trouve à la tête de Dy­na­trace à cette oc­ca­sion. Quand on lui de­mande comment de­vient- on CEO d’une telle en­tre­prise, il prend un temps de ré­flexion puis ré­pond : « En fait vous ap­pre­nez à l’être tout au long de votre car­rière. Je ne sup­porte pas la mé­dio­cri­té et je me suis tou­jours dis que je pou­vais faire mieux que ce que je voyais dans les en­tre­prises où j’étais, ou que je pou­vais fran­chir l’étape sui­vante. La route est dif­fi­cile car les dé­fis sont nom­breux et les em­ployés sont le pre­mier. C’est sou­vent un travail d’équipe avec le CTO qui est aus­si un fon­da­teur de l’en­tre­prise. Il a cette sorte de vi­sion tech­no­lo­gique et de ce qui est pos­sible. Ma col­la­bo­ra­tion est sur­tout dans le pen­sez- vous que l’on peut faire ce­la ! »

UN MONDE EN DÉ­COM­PO­SI­TION ?

De­puis tout ce temps pas­sé dans la Si­li­con Valley et dans l’in­dus­trie in­for­ma­tique, comment voit- il l’évo­lu­tion ac­tuelle ? « En trois ans, tout a ra­di­ca­le­ment chan­gé ! D’une in­for­ma­tique s’ap­puyant sur du ma­té­riel et des bases de don­nées ap­por­tant une struc­ture ri­gide, tout a bas­cu­lé par- des­sus tête pour al­ler vers l’agi­li­té et la flexi­bi­li­té pour faire face à l’éphé­mère. Le maître mot est main­te­nant le lo­gi­ciel et la mise en place de com­po­sants. Les ou­tils changent car ceux sim­ple­ment ré­pli­qués sur ceux du pas­sé ne fonc­tionnent pas, ou plus. Il faut reconstruire et al­ler vers de nou­velles ar­chi­tec­tures qui ré­pondent mieux à ce nou­veau monde, d’au­tant plus qu’ils doivent ré­pondre à de nou­veaux dé­fis d’échelle dans un en­vi­ron­ne­ment ex­trê­me­ment dy­na­mique. C’est sur ces pistes que nous avons ré­flé­chi il y a plu­sieurs an­nées pour ré­in­ven­ter Dy­na­trace. Notre vi­sion vi­sait 2020 et nous vou­lions que notre plate- forme soit fon­dée sur ces com­po­sants et que l’en­semble puisse être to­ta­le­ment au­to­ma­ti­sé. De ce fait l’ap­pli­ca­tion est une nou­velle couche qui fonc­tionne in­dé­pen­dam­ment de l’in­fra­struc­ture et du ré­seau, mais en re­la­tion avec eux du fait de dé­pen­dances évi­dentes. On passe d’ou­tils de mo­ni­to­ring à une plate- forme ou­verte pour ré­pondre à ces nou­velles in­fra­struc­tures évo­lu­tives John Van Si­clen a pris les rênes de Dy­na­trace en 2014 et mis en place un vaste plan de trans­for­ma­tion de l’édi­teur créé en Au­triche en 2006. Au­jourd’hui, 72 des For­tune 100 uti­lisent les lo­gi­ciels de Dy­na­trace pour suivre et op­ti­mi­ser la per­for­mance de leurs ap­pli­ca­tions. L’en­tre­prise qui connaît une crois­sance spec­ta­cu­laire a an­non­cé une

pro­gres­sion de 1 305 % du CA lors de l’an­née écou­lée avec 421 nou­velles si­gna­tures et des re­ve­nus proches de 500 mil­lions de dol­lars. Dy­na­trace em­ploie 1 700 sa­la­riés ac­tuel­le­ment. La so­cié­té est clas­sée en tête du qua­drant ma­gique de Gart­ner de sa ca­té­go­rie de­puis huit ans. Elle fut pion­nière dans bien des sec­teurs comme le DevOps avec, dès 2007, un lan­gage Pu­rePath com­pris par les dé­ve­lop­peurs et les équipes de pro­duc­tion. Dy­na­trace s’est en­ri­chie de plu­sieurs ac­qui­si­tions au fil des ans, dont celle de Key­note en 2015 qui lui ap­porte le mo­ni­to­ring web et mo­bile sur plus de 2 mil­liards de me­sures quo­ti­diennes. L’an­née der­nière, Dy­na­trace a mis la main sur Qum­ran, une en­tre­prise spé­cia­li­sée dans le re­play de ses­sions web et mo­bile.

et dy­na­miques. Au­jourd’hui nous ne fai­sons pas que re­gar­der le code en pro­duc­tion, la plate- forme suit to­ta­le­ment les pré­ceptes du DevOps qui fait par­tie de cette nou­velle culture, orien­tée vers les mé­tiers. C’est une bonne part de notre suc­cès. » Cet en­semble ne fonc­tionne pas de ma­nière to­ta­le­ment in­dé­pen­dante. John Van Si­clen tient à sou­li­gner l’im­por­tance de l’ou­ver­ture pour la plate- forme et la pré­pon­dé­rance des plug- ins et des API afin de créer une in­for­ma­tique au­to­nome ( self- dri­ven). Sur cette no­tion un peu opaque à pre­mière vue de l’en­tre­prise au­to­nome, il pré­cise qu’elle re­pose sur toutes les pos­si­bi­li­tés au­tour des tech­no­lo­gies d’Intelligence artificielle et d’ap­pren­tis­sage ma­chine. Elles sont la pierre de touche de l’au­to­ma­ti­sa­tion. Les sys­tèmes neu­ro­naux peuvent ain­si fa­ci­li­ter le travail des ad­mi­nis­tra­teurs en cas d’in­ci­dents et de ci­ter l’exemple d’un client qui grâce à ce­la met dé­sor­mais un temps moyen de trois mi­nutes pour trou­ver une cause ini­tiale d’un in­ci­dent au lieu de plu­sieurs heures au­pa­ra­vant. L’im­por­tance du sa­voir

L’IM­POR­TANCE DU SA­VOIR

John Van Si­clen évoque aus­si le RPA, pour Ro­bot Pro­cess Au­to­ma­tion, qui per­met d’au­to­ma­ti­ser des tâches à faible va­leur ajou­tée par un ro­bot. Que ceux qui n’ont pas ou­blié un mot de passe un lun­di ma­tin jettent la pre­mière pierre à cette tech­no­lo­gie ! Ces tech­no­lo­gies com­bi­nées avec les jeux d’API aux mains des dé­ve­lop­peurs au­to­risent des in­té­gra­tions à des ni­veaux très fins et des ap­ports im­por­tants des tech­no­lo­gies d’Intelligence artificielle dans les ou­tils grâce au vo­lume d’in­for­ma­tions in­gé­ré dans les lo­gi­ciels. « C’est la pro­chaine étape ou le pro­chain grand bond que vont faire les lo­gi­ciels » , ajoute le di­ri­geant de Dy­na­trace. Il pour­suit : « Mais qu’est- ce que l’Intelligence artificielle au fond ? Un jeu d’al­go­rithmes qui ont un sa­voir sur des do­maines bien pré­cis. L’IA va être une vé­ri­table avan­cée dans notre sec­teur d’ac­ti­vi­té car elle ap­porte le sa­voir, mais doit être d’une fia­bi­li­té sans faille si­non ce­la ne fonc­tion­ne­ra pas. Le sa­voir est un ou­til puis­sant ain­si que les ou­tils dont je viens de par­ler mais leurs connais­sances dé­pendent aus­si d’une carte ou d’une to­po­lo­gie des dé­pen­dances entre les sys­tèmes. C’est là qu’est le vrai fon­de­ment de l’adap­ta­tion pos­sible de ces tech­no­lo­gies vers nos clients et comment l’en­tre­prise va pou­voir de­ve­nir au­to­nome. Avec l’In­ter­net des Ob­jets ( IoT) ce­la de­vra même être qua­si­ment en temps réel. » ❍

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