Gé­rer le Cloud hy­bride

L'Informaticien - - SOMMAIRE - JACQUES CHEMINAT

DE PLUS EN PLUS D’EN­TRE­PRISES EN­VI­SAGENT LEUR STRA­TÉ­GIE CLOUD EN MODE HY­BRIDE. FACE À LA COM­PLEXI­TÉ DE LA TÂCHE, ELLES SONT À LA RE­CHERCHE D’OU­TILS DE GES­TION COM­PLETS ET IN­TÉ­GRÉS. LES OFFRES DU MAR­CHÉ SONT AU­JOURD’HUI TRÈS HÉTÉROGÈNES, MAIS TENDENT À SE RAP­PRO­CHER POUR RÉ­PONDRE AUX BE­SOINS DU CLIENT.

Se­lon une étude de For­res­ter Re­search, 65 % des en­tre­prises s’orientent vers une ap­proche hy­bride du Cloud : 56 % des en­tre­prises in­ter­ro­gées par IDC uti­lisent le Cloud pri­vé et le Cloud pu­blic pour la même charge de travail. Pour Gart­ner, 50 % des work­loads adop­te­ront le Cloud hy­bride d’ici à 2020, elles re­pré­sentent pour l’heure 20 %. Mais con­crè­te­ment qu’est- ce que ce fa­meux Cloud hy­bride qui fas­cine tant les or­ga­ni­sa­tions ? La dé­fi­ni­tion la plus com­mune est un en­vi­ron­ne­ment cloud fai­sant ap­pel à une com­bi­nai­son de ser­vices en Cloud pri­vé sur site et en Cloud pu­blic, avec une ca­pa­ci­té d’or­ches­tra­tion entre les deux plates- formes. Mais il suf­fit de de­man­der la dé­fi­ni­tion à un pa­nel de res­pon­sables in­for­ma­tiques pour avoir au­tant de ré­ponses que d’en­tre­prises. Er­wan Ma­ré­chal, ex­pert cloud hy­bride chez IBM, le confirme, « Le Cloud hy­bride est un faux ami. » Alors que le pre­mier usage ap­pa­ru était le dé­bord dé­bor­de­ment vers le Cloud pu­blic d’un pic de charge ou d’ac­ti­vi­té, « l’hy­bri­da­tion est es main­te­nant por­tée par l’ap­pli­ca­tion en com­bi­nant plu­sieurs Cloud » , pour­su pour­suit le spé­cia­liste d’IBM. Même ap­proc ap­proche pour Charles Hen­ry, ser­vice line ma­na­ger m chez HPE France, qui consta constate : « Nous sommes plu­tôt dans une log lo­gique de ca­ta­logue de ser­vices à

des­ti­na­tion des mé­tiers et ces ser­vices gé­rés par la DSI sont dans le Cloud pu­blic ou pri­vé en fonc­tion de cri­tères d’éli­gi­bi­li­té fixés, coût, confor­mi­té, etc. » Si le ni­veau ap­pli­ca­tif de­vient im­por­tant dans la no­tion de Cloud hy­bride, il ne faut pas ou­blier « la pré­pon­dé­rance du le­ga­cy IT des clients, ce qui ap­porte une com­plexi­té forte » , rap­pelle Yan­nick Tri­caud, res­pon­sable des in­fra­struc­tures et da­ta ma­na­ge­ment chez Atos. Face à la dif­fi­cul­té de dé­fi­nir le Cloud hy­bride, sa ges­tion l’est tout au­tant et de­vient un en­jeu im­por­tant. En ef­fet, les ou­tils de ges­tion du Cloud hy­bride ré­pondent à un manque de com­pé­tences et de vi­si­bi­li­té des en­tre­prises sur la com­plexi­té de ces en­vi­ron ron­ne­ments en pleine évo­lu­tion ( conten conte­neurs, mi­cro- ser­vices, ser­ver­less). Con­fro Confron­tées à un éco­sys­tème hé­té­ro­gène, les le en­tre­prises sont à la re­cherche de so­lu­tions so­lu com­plètes et friandes de sys­tèm sys­tèmes au­to­ma­ti­sés. C’est donc tout na­tu­rel na­tu­rel­le­ment que l’on as­siste à un en­ri­chis­se­ment des so­lu­tions et la si­gna­ture d’al­liances entre les dif­fé­rents ac­teurs IT au­tour de ser­vices de ma­na­ge­ment plus in­té­grés. De quoi sé­duire les en­tre­prises qui pour la plu­part s’in­ter­rogent en­core sur leur stra­té­gie de Cloud hy­bride.

« La pré­pon­dé­rance du le­ga­cy IT des clients ap­porte une com­plexi­té forte » Yan­nick Tri­caud Atos

Maî­tri­ser la com­plexi­té du Cloud hy­bride

Sur le pa­pier, bas­cu­ler dans un en­vi­ron­ne­ment cloud hy­bride se­rait simple. Les bé­né­fices sont connus :

« L’au­to­ma­ti­sa­tion est un moyen pour vé­ri­fier la confor­mi­té » Yann Guer­nion CA Tech­no­lo­gies

un dé­ploie­ment plus ra­pide des ap­pli­ca­tions, une meilleure agi­li­té et des coûts ré­duits. Mais dans le dé­tail, l’exer­cice s’avère plus com­pli­qué qu’at­ten­du. Dans un rap­port in­ti­tu­lé Le kit de sur­vie du Cloud hy­bride, KPMG dresse, en in­fo­gra­phie, le ta­bleau de l’en­semble des ou­tils et des pro­ces­sus né­ces­saires pour gé­rer le Cloud hy­bride. La com­plexi­té est plus ou moins im­por­tante se­lon le de­gré de ma­tu­ri­té de l’in­fra­struc­ture IT. Une start- up dans les nou­velles tech­no­lo­gies est na­ti­ve­ment cloud en mi­sant sur des in­fra­struc­tures hy­per­con­ver­gées et une mé­thode agile de dé­ve­lop­pe­ment des ap­pli­ca­tions en mode DevOps. Mais pour les en­tre­prises dis­po­sant d’un hé­ri­tage in­for­ma­tique im­por­tant, le che­min vers le Cloud hy­bride est plus com­pli­qué. La com­plexi­té est avec la per­for­mance, les deux dé­fis sou­le­vés par les DSI. Pour au­tant, qu’est ce qui se cache der­rière cette com­plexi­té ? Elle est de plu­sieurs na­tures. Sur l’in­fra­struc­ture, la ques­tion de l’évo­lu­tion du sto­ckage et du ré­seau est pri­mor­diale. La ques­tion de la mo­der­ni­sa­tion des équi­pe­ments se pose avec la pos­si­bi­li­té d’al­ler vers des so­lu­tions de conver­gence ou d’hy­per­con­ver­gence orien­tées vers le Cloud. Sur le sto­ckage, les in­ter­ro­ga­tions portent sur les moyens de mi­grer les don­nées d’une in­fra­struc­ture SAN ou NAS tra­di­tion­nelle vers le Cloud pu­blic. Sur le ré­seau, les pro­blé­ma­tiques de la­tence et de bande pas­sante sont cru­ciales pour ac­cé­der à l’ap­pli­ca­tion et bé­né­fi­cier de la per­for­mance du Cloud. Sur la par­tie ap­pli­ca­tive, les ré­flexions dé­pendent de la ca­pa­ci­té à l’ap­pli­ca­tion d’être adap­tée au Cloud. Est- ce que l’ap­pli­ca­tion est trans­po­sable di­rec­te­ment dans le Cloud ( mo­dèle lift and shift) ? Faut- il ré­écrire l’ap­pli­ca­tion ( re­plat­for­ming) ou re­par­tir de zé­ro ? Doit- on pas­ser par des conte­neurs ou des mi­cro- ser­vices pour mo­der­ni­ser son pa­tri­moine ap­pli­ca­tif ? Sur les couches d’in­té­gra­tion, la ges­tion des API est un point à re­gar­der pour qua­li­fier les connec­teurs né­ces­saires. Pour la par­tie ma­na­ge­ment, le pé­ri­mètre d’in­ter­ven­tion est à ré­flé­chir. Sur quels par­te­naires s’ap­puyer, édi­teurs ou in­té­gra­teurs ? Sur la par­tie sé­cu­ri­té, la ges­tion des iden­ti­tés et de la confor­mi­té est de­ve­nue in­con­tour­nable. Quelles so­lu­tions choi­sir ? Au­tant d’in­ter­ro­ga­tions aux­quelles les ges­tion­naires de Cloud hy­bride doivent ré­pondre de ma­nière glo­bale et in­té­grée.

Un pa­nel d’ou­tils très va­riés

Dans le monde de la ges­tion du d Cloud hy­bride, hy­bride l’hé­té­ro­gé­néi­té est l la règle. Chaque ac­teur in­ter­ve­nant dans la chaîne de va­leurs s’est em­ployé à pro­po­ser sa so­lu­tion de ma­na­ge­ment : les spé­cia­listes de la vir­tua­li­sa­tion, les four­nis­seurs de sto­ckage et de ré­seau, les Cloud Pro­vi­ders et les ex­perts du da­ta­cen­ter, les édi­teurs, le monde de l’Open Source, ain­si que les in­té­gra­teurs. Pen­dant quelques an­nées, cha­cun a joué sa par­ti­tion alors que les DSI at­ten­daient des so­lu­tions ho­mo­gènes et in­té­grées. Une re­quête qui com­mence à être en­ten­due à tra­vers des par­te­na­riats entre les ac­teurs pour sim­pli­fier la tâche des res­pon­sables in­for­ma­tiques.

Des suites en quête de col­la­bo­ra­tion

En pre­mière ligne, les ac­teurs de la vir­tua­li­sa­tion ont très tôt com­pris l’in­té­rêt de s’im­pli­quer dans la ges­tion du Cloud hy­bride pour ac­com­pa­gner les en­tre­prises sou­hai­tant mi­grer des ins­tances de leur da­ta­cen­ter vers un Cloud pu­blic. Pour le spé­cia­liste de la vir­tua­li­sa­tion, VM­ware, l’aven­ture com­mence il y a quelques an­nées en orien­tant les so­cié­tés vers le soft­ware de­fi­ned da­ta­cen­ter ( SDDC), avec plu­sieurs élé­ments pour le pi­lo­tage, vS­phere ( pour la par­tie ser­veur), vSan ( pour la par­tie sto­ckage) et NSX ( pour la par­tie ré­seau), la ges­tion est as­su­rée par la suite vRea­lize. Au­jourd’hui, cette brique lo­gi­cielle se nomme Cloud Foun­da­tion, in­té­grant vS­phere, VSAN, NSX, vCen­ter 6.5, la suite vRea­lize ( Log In­sight, Au­to­ma­tion et Ope­ra­tion), ain­si que SDDC Ma­na­ger. Beau­coup d’en­tre­prises dis­posent d’en­vi­ron­ne­ments in­for­ma­tiques sous VM­ware. Il sem­blait lo­gique que ce der­nier noue des par­te­na­riats avec des ac­teurs du Cloud pu­blic pour que les ad­mi­nis­tra­teurs se trouvent en ter­rain connu. VM­ware l’a donc fait avec IBM ( de­puis 2016) et AWS en 2017 afin de connec­ter les deux mondes, on pre­mise et Cloud pu­blic. Dans l’ac­cord avec Big Blue, la so­lu­tion HCX a été mise en place pour ma­na­ger et au­to­ma­ti­ser l’en­semble des pro­ces­sus du Cloud hy­bride. Dans le cadre d’AWS, les clients re­trouvent les élé­ments de Cloud Foun­da­tion pour ac­com­pa­gner la mi­gra­tion des work­loads. En­fin, VM­ware a pas­sé der­niè­re­ment un ac­cord avec Mi­cro­soft pour ap­por­ter à Azure les bé­né­fices des der­nières avan­cées de la vir­tua­li­sa­tion du ré­seau au­tour de NSX Cloud Net­work. Mi­cro­soft est éga­le­ment un ac­teur im­por­tant dans le Cloud hy­bride à tra­vers son offre de vir­tua­li­sa­tion

( Hy­per- V) et de Cloud pu­blic Azure. La ges­tion du Cloud hy­bride est d’abord adres­sée dans le cadre « de la mo­der­ni­sa­tion du da­ta­cen­ter à tra­vers des ou­tils comme Sys­tem Cen­ter et Win­dows Ser­ver » , avoue Fré­dé­ric Aatz, di­rec­teur de la stra­té­gie in­ter­opé­ra­bi­li­té et Open Source & Res­pon­sable des offre In­fra­struc­tures et Cloud Hy­bride chez Mi­cro­soft France. Il ajoute que la pro­chaine ver­sion de « Win­dows Ser­ver 19 se­ra très orien­tée vers le dé­ploie­ment du Cloud hy­bride à tra­vers le pro­jet Ho­no­lu­lu qui jette un pont entre le on pre­mise et le Cloud » . Pré­sen­té à Ignite en 2017, ce pro­jet, connu main­te­nant sous le vo­cable Ad­min Cen­ter, est une ap­pli­ca­tion de ges­tion ba­sée sur le na­vi­ga­teur où les ad­mi­nis­tra­teurs peuvent gé­rer les ins­tances Win­dows 10 et Win­dows Ser­ver dans un en­vi­ron­ne­ment clas­sique, vir­tuel ou cloud. Il prend en compte cer­taines fonc­tion­na­li­tés comme Azure Site Re­co­ve­ry pour pro­té­ger les ma­chines vir­tuelles ou Azure Ac­tive Di­rec­to­ry pour le contrôle d’ac­cès via des au­then­ti­fi­ca­tions mul­ti- fac­teurs. Pour au­tant, comme pour VM­ware, le mar­ché est en at­tente de so­lu­tions plus in­té­grées. « Au fur et à me­sure que la ma­tur ité des en­tre­prises se construit sur l’inf ra­struc­ture, il y a un travail de mo­der­ni­sa­tion du pa­tri­moine ap­pli­ca­tif » , constate Fré­dé­ric Aatz. C’est dans ce cadre que Mi­cro­soft pousse Azure Stack, un pa­ckage lo­gi­ciel à des­ti­na­tion des en­tre­prises pour dé­ployer Azure sur leur propre in­fra­struc­ture. Il s’adresse à ceux qui veulent « ou­vrir les ap­pli­ca­tions au Cloud, mais sou­haitent les gar­der chez eux pour des ques­tions de confor­mi­té » , pour­suit le res­pon­sable. Par ailleurs, pour ac­com­pa­gner les nou­velles mé­thodes de dé­ve­lop­pe­ment au­tour des conte­neurs et des mi­cro- ser­vices, Mi­cro­soft s’est as­so­cié avec Red Hat pour por­ter OpenS­hift sur Azure et Azure Stack. Il s’agit d’une ver­sion ma­na­gée du PaaS de Red Hat pour créer des ap­pli­ca­tions conte­neu­ri­sées fa­ci­le­ment por­tables. De son cô­té, Mi­cro­soft pré­voit de pla­cer en conte­neur sa base de don­nées re­la­tion­nelle SQL Ser­ver et de la gé­rer avec OpenS­hift. Cette so­lu­tion de PaaS est clai­re­ment « la pierre phi­lo­so­phale » pour Red Hat, confie Her­vé Le­maitre, CTO de Red Hat France. « Les clients veulent s’éman­ci­per des in­fra­struc­tures qui sont de­ve­nues im­ma­té­rielles, ils sont donc dans une ap­proche ap­pli­ca­tive in­dé­pen­dante » , pour­suit- il. Et le fu­tur du Cloud se dé­cline clai­re­ment au­tour des conte­neurs et OpenS­hift à tra­vers l’im­plé­men­ta­tion de Ku­ber­netes en est le chef d’or­chestre. Une offre qui évo­lue à tra­vers le ra­chat de Co­reOS, spé­cia­liste des conte­neurs. Lors de la Ku­beCon/ CloudNa­ti­veCon, Red Hat a pous­sé au­près de la com­mu­nau­té le fra­me­work Ku­ber­netes Ope­ra­tor, une ex­ten­sion de la ges­tion de Ku­ber­netes, une sorte de su­per ma­na­ger d’OpenS­hift. Pour la ges­tion du Cloud hy­bride, Red Hat dis­pose d’un ou­til spé­ci­fique, CloudForms. L’offre de Cloud Ma­na­ge­ment Plat­form est née en 2012 et elle a évo­lué de­puis, « le Cloud est né sur le on pre­mise et le Cloud pu­blic a for­te­ment in­no­vé, même le ma­na­ge­ment s’est trans­for­mé en mode SaaS » , constate Her­vé Le­maitre. Le fu­tur, se­lon lui, est de rendre Cloudforms « com­po­sable en ac­ti­vant dif­fé­rents élé­ments, té­lé­mé­trie, res­sources, les coûts... » .

Les construc­teurs IT à l’as­saut du Cloud hy­bride

En de­hors des spé­cia­listes de la vir­tua­li­sa­tion ou des four­nis­seurs de Cloud, les ac­teurs de l’in­fra­struc­ture en­tendent bien s’in­vi­ter dans le po­ten­tiel du Cloud hy­bride. Ils ont par­fois la double cas­quette en étant four­nis­seur de Cloud pu­blic et of­frant des

« Win­dows Ser­ver 19 se­ra très orien­té vers le dé­ploie­ment du Cloud hy­bride » Fré­dé­ric Aatz Mi­cro­soft France

so­lu­tions pour créer un Cloud pri­vé. IBM est dans ce cas- là. En ce qui concerne la ges­tion du Cloud hy­bride, Big Blue s’en re­met à la so­lu­tion Cloud Or­ches­tra­tor uti­li­sant des mo­dèles prêts à l’em­ploi pour ac­cé­lé­rer la confi­gu­ra­tion, le pro­vi­sion­ne­ment et le dé­ploie­ment. Mais pour Er­wan Ma­ré­chal, ex­pert en Cloud hy­bride chez IBM, « Il faut dé­pas­ser la ges­tion du Cloud hy­bride par le prisme de l’in­fra­struc­ture, pour al­ler sur la pro­blé­ma­tique de la mo­der­ni­sa­tion des ap­pli­ca­tions. » Dans ce cadre, il est es­sen­tiel de s’in­té­res­ser « au pa­tri­moine ap­pli­ca­tif et à leur ex­po­si­tion au Cloud via les API » , en épou­sant les mé­thodes du Cloud, « ré­si­lience, une mise sur le mar­ché plus ra­pide… » , constate le spé­cia­liste. Il n’écarte pas la brique in­fra­struc­ture, mais s’en re­met « aux so­lu­tions d’au­to­ma­ti­sa­tion via Cloud Au­to­ma­tion Ma­na­ger qui s’ap­puie sur des ser­vices open source comme Ter­ra­form, Chef, Pup­pet, etc. » Sur la par­tie ap­pli­ca­tive, la ten­dance est clai­re­ment vers les tech­no­lo­gies de conte­neurs et IBM a noué des par­te­na­riats en ce sens. Ré­cem­ment, Big Blue s’est as­so­cié à Red Hat sur l’in­té­gra­tion d’OpenS­hift aux so­lu­tions de Cloud pri­vé d’IBM. Ce type d’ac­cord s’ins­crit « dans la vo­lon­té de sim­pli­fier et d’ai­der les clients à tra­vers des stan­dards in­ter­opé­rables » , ex­plique Er­wan Ma­ré­chal, en pré­ci­sant, « Nous sommes dans une dé­marche de co­opé­ti­tion plu­tôt que de rap­pro­che­ment » . L’hé­té­ro­gé­néi­té des so­lu­tions de­meurent. Pour HPE, le Cloud hy­bride s’en­tend plus comme une pro­blé­ma­tique d’ « IT hy­bride » , avoue Charles Hen­ry, ser­vice line ma­na­ger chez HPE France avec « une dé­marche de ca­ta­logue de ser­vices » . Pour jouer le rôle du chef d’or­chestre, HPE a pré­sen­té à la fin 2017, OneS­phere, qui per­met « de dé­cou­vrir et agré­ger l’en­semble des ser­vices IT dans un en­vi­ron­ne­ment mul­ti- cloud, ain­si que les élé­ments tech­niques – in­fra­struc­ture, midd­le­ware, or­ches­tra­tion, fac­tu­ra­tion. Le Ma­chine Lear­ning d’In­fo­sight peut être ajou­té pour ap­por­ter la main­te­nance pré­dic­tive des équi­pe­ments en da­ta­cen­ter » , ex­plique le res­pon­sable. Les spé­cia­listes du sto­ckage et de l’hy­per­con­ver­gence ne sont pas en reste en s’in­vi­tant dans le bal de la ges­tion du Cloud hy­bride. Les pre­miers pro­fitent de la pro­blé­ma­tique de la mi­gra­tion des don­nées et de leur sto­ckage dans le Cloud pour pro­mou­voir leur so­lu­tion, les se­conds, après avoir pous­sé leurs ap­pliances, veulent mon­ter dans la chaîne de la va­leur. Par exemple, un ac­teur comme NetApp conçoit le pi­lo­tage du Cloud hy­bride à plu­sieurs ni­veaux. Sur le plan tech­nique, la so­cié­té met en avant sa so­lu­tion OnTap Cloud, ca­pable de gé­rer le sto­ckage cloud sur n’im­porte quel four­nis­seur. La bonne ges­tion du Cloud hy­bride se pré­pare et se pla­ni­fie, NetApp a lan­cé une offre de conseil, Cloud Va­lue Ma­na­ge­ment. En­fin, le spé­cia­liste du sto­ckage mise sur les par­te­na­riats avec les four­nis­seurs de cloud pu­blic, AWS, Azure et très ré­cem­ment Google Cloud Plat­form, pour fa­ci­li­ter l’exé­cu­tion des work­loads. Dans le do­maine de l’hy­per­con­ver­gence, la stra­té­gie sur le Cloud hy­bride d’un ac­teur comme Nu­ta­nix se nomme Xi, une plate- forme per­met­tant d’étendre les ser­vices du da­ta­cen­ter vers le Cloud de fa­çon trans­pa­rente au tra­vers du lo­gi­ciel d’in­fra­struc­tures Prism. S’ap­puyant sur des ins­tances bare me­tal sur Google Cloud Plat­form, Xi de­vrait lan­cer un ser­vice de re­prise d’ac­ti­vi­té après si­nistre.

Pure Players et Open Source de­viennent in­con­tour­nables

In­dé­pen­dam­ment des dif­fé­rentes offres des grands édi­teurs et construc­teurs IT, il existe tout un

« Le Ma­chine lear­ning peut être ajou­té pour ap­por­ter la main­te­nance pré­dic­tive des équi­pe­ments en da­ta­cen­ter » Charles Hen­ry HPE France « Nous sommes dans une dé­marche de co­opé­ti­tion plu­tôt que de rap­pro­che­ment » Er­wan Ma­ré­chal

éco­sys­tème de ser­vices four­nis­sant de ser­vices de ma­na­ge­ment du Cloud hy­bride. Connu sous le vo­cable CMP, Gart­ner les dé­fi­nit comme « com­bi­nant a mi­ni­ma une in­ter­face de pi­lo­tage en self- ser­vice, un sys­tème de pro­vi­sio­ning, une console de sui­vi de la consom­ma­tion des Clouds et de la fac­tu­ra­tion as­so­ciée, ain­si qu’un mo­teur pour op­ti­mi­ser les trai­te­ments in­for­ma­tiques – ou work­loads – et in fine les coûts » . Par­mi les pure players, on peut ci­ter des so­cié­tés comme Scalr, Cloud­che­ckr, RightS­cale, Tur­bo­no­mic, Mor­pheus, Div­vy Cloud, Cloud­bolt ou Em­bo­tics vCom­man­der. Elles pro­posent toutes de fa­ci­li­ter et d’au­to­ma­ti­ser la mi­gra­tion des ap­pli­ca­tions du Cloud pri­vé vers le Cloud pu­blic. Les res­pon­sables in­for­ma­tiques peuvent mi­ser sur ces so­lu­tions pour avoir une vi­sion glo­bale et maî­tri­sée de leur consom­ma­tion du cC­loud, tout en ayant peu d’adhé­rence avec les four­nis­seurs et les édi­teurs. Le monde de l’Open Source a pris une forte op­tion dans le do­maine du Cloud et en par­ti­cu­lier dans le do­maine de l’or­ches­tra­tion et l’au­to­ma­ti­sa­tion. Sur la mo­der­ni­sa­tion des ap­pli­ca­tions, la tech­no­lo­gie des conte­neurs est de­ve­nue in­con­tour­nable avec Do­cker. Pour gé­rer les clus­ters de conte­neurs, Ku­ber­netes ( lire pages sui­vantes) pro­mu par Google ap­pa­raît comme un stan­dard et la ma­jo­ri­té des ac­teurs IT l’ont in­té­gré dans leur so­lu­tion de ges­tion du Cloud hy­bride. La plu­part des opé­ra­teurs du Cloud l’ont com­pris comme AWS qui vient de lan­cer une offre Ku­ber­netes as a ser­vice. IBM et Mi­cro­soft ont éga­le­ment adop­té Ku­ber­netes à tra­vers leur par­te­na­riat avec Red Hat et son PaaS OpenS­hift. Dans les ou­tils d’or­ches­tra­tion et d’au­to­ma­ti­sa­tion open source, on trouve éga­le­ment Chef, Pup­pet, Ans­sible mais aus­si un ser­vice en pleine crois­sance : Ter­ra­form. C’est un ou­til dé­ve­lop­pé pour créer fa­ci­le­ment des in­fra­struc­tures com­plexes dans le Cloud. Il abs­trait de nom­breux concepts, donne un moyen de dé­crire une in­fra­struc­ture dans un fi­chier texte et de dé­ployer cette in­fra­struc­ture grâce à ce fi­chier. Plu­sieurs ac­teurs in­tègrent Ter­ra­form dans leur por­te­feuille : OVH au sein de l’offre cloud pu­blic, Sky­loop, di­vi­sion en charge du Cloud de l’in­té­gra­teur New­lode l’in­tègre dans son ou­tillage à des­ti­na­tion des DevOps. De l’an­cien monde à la mo­der­ni­sa­tion des ap­pli­ca­tions et du da­ta­cen­ter, la ges­tion du Cloud hy­bride a eu du mal à se trans­for­mer en chef d’or­chestre unique. Conte­neurs, mi­cro- ser­vices, in­fra­struc­ture hy­per- conver­gente, ser­ver­less, les évo­lu­tions tech­no­lo­giques à coup d’au­to­ma­ti­sa­tion et dans un fu­tur proche d’Intelligence artificielle de­vraient ef­fa­cer pro­gres­si­ve­ment les fron­tières du Cloud hy­bride. La ges­tion s’orien­te­ra alors vers le mul­ti- cloud avec d’autres pré­oc­cu­pa­tions : API, coût, sé­cu­ri­té, confor­mi­té, com­pé­tence. Mais ce­ci est une autre his­toire. ❍

CloudForms de Red Hat a vo­ca­tion à de­ve­nir com­po­sable.

OneS­phere de HPE in­tègre du Ma­chine lear­ning pour la main­te­nance pré­dic­tive.

Après le pro­jet Ho­no­lu­lu, Win­dows Ad­min Cen­ter de­vient le ges­tion­naire du Cloud de Mi­cro­soft.

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