Une fable poi­gnante

Lire - - Bd - Le Voyage de Phoe­nix par 320 p., Les Edi­tions Soleil, 19,99 P.O.

Jung a ren­con­tré un large pu­blic avec son au­to­bio­gra­phie Cou­leur de peau : miel. Il choi­sit cette fois la fic­tion pour re­ve­nir sur le thème qui le hante, en même temps qu’il le struc­ture, ce­lui de la double iden­ti­té. Chez lui comme chez ses hé­ros cette dua­li­té est, au reste, elle-même double : iden­ti­té fa­mi­liale des en­fants adop­tés, mais iden­ti­té cultu­relle aus­si puisque Jung est né en Co­rée et a gran­di en Eu­rope. Fon­dée sur des faits réels réunis dans une même in­trigue, l’his­toire qu’il nous ra­conte est une fable, un tan­ti­net trop exem­plaire, où se croisent les des­tins de Co­réens du Sud, de Co­réens du Nord et d’Amé­ri­cains de par­tout. Le des­sin est à la fois net et peu sou­li­gné, son noir et blanc tend vers le gri­sé, avec une vraie science de la pé­nombre et du contre-jour. Au coeur du ré­cit, le retour en ar­rière sur la Co­rée du Nord est d’une atro­ci­té sans nom. Le contraste entre ce qui nous est dit et la fi­nesse du des­sin est sans doute la seule so­lu­tion gra­phique qui per­mette d’évi­ter l’im­pu­deur. Trou­blant.

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