Poé­sie amou­reuse de Sap­pho à Re­né Char. Dit par Daniel Mes­guich et Ca­the­rine Ber­riane, Au­dio­lib, 1 CD

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n en­re­gis­tre­ment de Daniel Mes­guich est tou­jours un évé­ne­ment. Il y a dans cette an­tho­lo­gie les poèmes que l’on dé­couvre et ceux que l’on connaît. On se sou­vient de Ron­sard, on re­trouve avec plai­sir Vic­tor Hu­go : « Je vis ve­nir à moi, dans les grands ro­seaux verts, / La belle fille heu­reuse, ef­fa­rée et sau­vage. » Des sou­ve­nirs de ly­cée re­font sur­face. Il fal­lait com­men­ter le sen­ti­ment de l’au­teur, dire en quoi, dire pour­quoi, dire com­ment. C’était un exer­cice. Que ne nous a-t-on fait en­tendre Daniel Mes­guich lire « Union libre » de Bre­ton. « Ma femme aux fesses de grès et d’amiante », « Ma femme à la langue d’hos­tie poi­gnar­dée. » Sartre a rai­son, « che­val de beurre » ça ne marche pas ! « Ma femme aux fesses de prin­temps, au sexe de glaïeul », c’est dé­jà mieux. « Ma femme au sexe d’algue et de bon­bons an­ciens », pour­quoi pas. « Ma femme aux yeux d’eau pour boire en pri­son », c’est simple et beau comme de l’Eluard. Mais Mes­guich s’en moque. Les sur­réa­listes veulent dé­gon­der la rai­son ? Eh bien, qu’à ce­la ne tienne ! L’ac­cé­lé­ra­tion de sa lec­ture est si ver­ti­gi­neuse que Bre­ton de­vient l’ac­cu­sa­teur dé­li­rant de toute im­puis­sance à dire la fo­lie d’ai­mer. Jé­rôme Ser­ri

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