Ré­vé­la­tion France

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Ja­ku­ta ALI­KA­VA­ZO­VIC L’Avan­cée de la nuit (L’Oli­vier)

A la fin de L’Avan­cée de la nuit, dans les re­mer­cie­ments, on peut ap­prendre que « la chaîne Elisse n’existe pas » . C’est pour­tant dans l’un des éta­blis­se­ments hô­te­liers de cette en­seigne mon­dia­li­sée que tra­vaille Paul, jeune étu­diant qui a trou­vé là un job de gar­dien noc­turne. Il ob­serve les gens qui passent et, sur­tout, une ré­si­dente un peu par­ti­cu­lière: Amé­lia Dehr. Cette jeune femme mys­té­rieuse va à la fac, comme lui, et ses al­lers et ve­nues à l’hô­tel in­ter­pellent le gar­çon, fas­ci­né, qui laisse alors di­va­guer son ima­gi­na­tion. Qui est donc l’oc­cu­pante de la chambre 313? Et quelle est la re­la­tion qui unit cette belle ca­ma­rade à sa pro­fes­seure, An­ton Al­bers ? Ces ques­tions se po­se­ront lors­qu’Amé­lie dis­pa­raî­tra du jour au len­de­main. Peu­têtre pour re­trou­ver sa mère, Na­dia, et se confron­ter à un uni­vers de ruines, dans l’Eu­rope de l’Est… Il y a quelque chose de pro­fon­dé­ment sub­ju­guant dans la ma­nière qu’a Ja­ku­ta Ali­ka­va­zo­vic de sai­sir l’ar­chi­tec­ture et le chaos. Dans son ad­mi­rable qua­trième ro­man, elle s’em­pare des mou­ve­ments de l’His­toire en bras­sant les tem­po­ra­li­tés dans une langue souple, in­ven­tive et vir­tuose. D’ailleurs, a-t-on lu plus belle écri­ture cette an­née? Rien n’est moins sûr… Dans cette at­mo­sphère sombre et né­bu­leuse, l’au­teure a su com­po­ser, l’air de rien, l’une des plus poi­gnantes his­toires d’amour qui soit.

NOM­MÉS

par Ni­na Le­ger l Mise en pièces (Gal­li­mard) par Pierre Adrian l Des âmes simples (Equa­teurs)

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