Gus­tave AKAKPO,

dra­ma­turge et ac­teur to­go­lais, co­or­di­na­teur du co­mi­té de lec­ture du Tar­mac.

Lire - - Francophonie - Pro­pos re­cueillis par G.M.

QUEL RÔLE A JOUÉ LE TAR­MAC DANS VOTRE CAR­RIÈRE ?

Un rôle de tar­mac, de piste d’en­vol. Au sens ar­tis­tique et hu­main. Je suis ve­nu pour la pre­mière fois en France en 2002, lors des Fran­co­pho­nies en Li­mou­sin, grâce à la bourse Beau­mar­chais. Puis j’ai tra­vaillé entre la France et le To­go. Un jour, Va­lé­rie Ba­ran est ve­nue écou­ter la lec­ture d’un de mes textes, à Pa­ris. Ça l’a in­té­res­sée et nous avons tra­vaillé en­semble. En 2005, il y a eu un chan­ge­ment po­li­tique au To­go. Mes amis ont été ar­rê­tés. J’étais en ré­si­dence d’écri­ture en France et je ne pou­vais pas ren­trer. Le Tar­mac m’a ai­dé à ré­gu­la­ri­ser ma si­tua­tion et m’a pro­po­sé de co­or­don­ner son co­mi­té de lec­ture. Le théâtre fran­co­phone est un en­ga­ge­ment qui va au-de­là du simple « votre pièce m’in­té­resse, on va la jouer ». Dans mon cas, con­crè­te­ment, si j’étais ren­tré au To­go, j’au­rais été ar­rê­té. D’une cer­taine fa­çon, ma ren­contre avec le Tar­mac m’a ai­dé à vivre.

QUE DIT CETTE DÉ­CI­SION DE FER­ME­TURE SUR LA RE­LA­TION DE LA FRANCE À LA FRAN­CO­PHO­NIE ?

Cette dé­ci­sion, c’est du mé­pris pour le théâtre fran­co­phone. Le pro­blème est que la France ne se sent pas fran­co­phone : cet es­pace de par­tage que de­vrait être la fran­co­pho­nie n’existe pas. Que fe­rait la France sans son ima­gi­naire fran­co­phone ? C’est ça, la vraie ques­tion.

QUE DE­VIEN­DRAIT LE THÉÂTRE EN FRANCE SANS LE TAR­MAC ?

Le Tar­mac per­met à la fois au pu­blic d’avoir ac­cès à toutes les créa­tions en fran­çais, et aux ar­tistes des pays fran­co­phones de se ren­con­trer. C’est au Tar­mac que j’ai connu Marc-An­toine Cyr, un au­teur de théâtre qué­bé­cois avec le­quel j’ai tra­vaillé. Sans le Tar­mac, le théâtre en France s’ap­pau­vri­rait très cer­tai­ne­ment.

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