Vé­ro­nique Oval­dé

Lire - - Vu De - À l’oc­ca­sion de la sor­tie au ci­né­ma de l’adap­ta­tion de Et mon coeur trans­pa­rent *, Vé­ro­nique Oval­dé re­vient sur cette pre­mière aven­ture ci­né­ma­to­gra­phique.

Au mo­ment de l’écri­ture de votre ro­man, en­vi­sa­giez- vous dé­jà une éven­tuelle adap­ta­tion ci­né­ma­to­gra­phique ?

> Vé­ro­nique Oval­dé. Non, je n’y pense ja­mais. Si­non, j’ai l’im­pres­sion que ce­la « m’em­pê­che­rait ». Ce que j’aime dans l’écri­ture, c’est son champ des possibles et sa ma­gni­fique éco­no­mie. Si je pen­sais « ci­né­ma » , ce­la chan­ge­rait consi­dé­ra­ble­ment mes pro­jets. Le ci­né­ma m’in­fluence, tout comme les livres, les sé­ries, la mu­sique. Il m’abreuve. C’est for­cé­ment le cas quand on écrit de la fic­tion. À mon sens, il est fon­da­men­tal de ne pas confondre les deux. Il y a des par­ti­cu­la­ri­tés nar­ra­tives spé­ci­fiques, des en­jeux dif­fé­rents, des langages dis­tincts. Lire des livres bour­rés de scènes ci­né­ma­to­gra­phiques me lasse in­fi­ni­ment.

Ra­con­tez- nous votre ren­contre avec les réa­li­sa­teurs Da­vid et Ra­phaël Vi­talDu­rand : pour­quoi eux ?

> V.O. Les frères Vi­tal-Du­rand cher­chaient une his­toire, une am­biance, quelque chose qui pou­vait al­lier leur goût de l’étrange à leur dé­sir de ra­con­ter en fil­mant. Ils ont con­tac­té mon édi­teur. Je les ai ren­con­trés. C’était en 2010. J’ai tout de suite été sé­duite par leur fer­veur. Je me suis sen­tie ac­cueillie dans leur pro­jet. Ils ne vou­laient pas gom­mer la bi­zar­re­rie de cer­tains per­son­nages, leur opa­ci­té. Ils ne vou­laient pas en faire un simple thril­ler avec mys­tère à ré­soudre et dé­voi­le­ment fi­nal. Je leur ai donc confié mon livre avec joie.

L’écri­ture pour le ci­né­ma, une aven­ture qui vous tente ?

> V.O. Je m’in­ter­roge sou­vent à ce pro­pos. Ce­la m’in­té­resse parce que, si j’ai une écri­ture très vi­suelle, elle ne semble pas au pre­mier abord adap­tée au tra­vail ci­né­ma­to­gra­phique. Ce­la m’ef­fraie sans doute aus­si un peu car les en­jeux fi­nan­ciers sont très dif­fé­rents de ceux de la pu­bli­ca­tion d’un livre. Écrire un livre, c’est être la ma­jo­ri­té du temps seul avec soi-même. Alors par­fois, je suis ten­tée par le ci­né­ma – les pos­si­bi­li­tés du col­lec­tif, les po­ten­tia­li­tés d’une écri­ture es­sen­tiel­le­ment vi­suelle qui sau­ra jouer sur ce qui est mon­tré et sur ce qui ne l’est ja­mais. J’ima­gine un film avec très peu de mots, très peu de pa­roles, mais des gestes et des faits.

Pro­pos re­cueillis par Ilan Ferry

* En salles le 16 mai.

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