An­dreas Alt­mann

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On dit de lui qu’il est le Sylvain Tes­son al­le­mand. Né en Ba­vière au len­de­main de la Se­conde Guerre mon­diale, An­dreas Alt­mann a sillon­né le monde. De ses voyages, il rap­porte des reportages pour de pres­ti­gieux ma­ga­zines, avant de s’ins­tal­ler à Pa­ris, en 1992, où il adopte un mode de vie mi­ni­ma­liste. Si l’on peut dire qu’An­dreas Alt­mann re­vient de loin, c’est à cause de son en­fance, ter­rible, dé­crite dans ce pre­mier ou­vrage tra­duit en fran­çais. Haut lieu de pè­le­ri­nage ca­tho­lique, Altöt­ting est un « trou per­du au fin fond de la Ba­vière », où le père du nar­ra­teur, ven­deur de ro­saires psy­chi­que­ment dé­truit par tout ce qu’il a vu et com­mis sur le front, exerce une em­prise ty­ran­nique sur son épouse et ses en­fants. An­dreas gran­dit pri­vé d’af­fec­tion, al­lant jus­qu’à s’au­to­mu­ti­ler pour attirer le re­gard ma­ter­nel. La bru­ta­li­té du ré­cit, ir­ra­die mal­gré tout de la lueur d’es­poir de ce­lui qui a réus­si à s’ex­traire de la vio­lence ini­tiale. Laë­ti­tia Fa­vro

 La Vie de merde de mon père, la vie de merde de ma mère et ma jeu­nesse de merde à moi (Das Scheiß­le­ben meines Va­ters, das Scheiß­le­ben mei­ner Mut­ter und meine ei­gene Scheiß­ju­gend) par An­dreas Alt­mann, tra­duit de l’al­le­mand par Ma­thieu Du­mont, 336 p., Actes Sud, 22, 50 €

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