« TA­LON » OU « TEN­DON » D’ACHILLE ?

Lire - - Biographie -

Les deux, mon gé­né­ral ! Pour­vu que ce ne soit pas sur le même champ de ba­taille… L’un et l’autre ren­voient à ce hé­ros grec que la nymphe Thé­tis, sa mère, avait plon­gé dans les eaux du Styx afin de le rendre in­vul­né­rable. On connaît la suite, et no­tam­ment cette flèche de Pâ­ris ve­nue, lors du siège de Troie, se fi­cher dans le ta­lon de l’in­té­res­sé, la seule par­tie du corps qui ne fût pas à l’abri d’un coup mor­tel : c’est qu’il avait bien fal­lu le te­nir par quelque cô­té ! Donc, dès que l’on veut sou­li­gner le point faible de quel­qu’un et lo­ca­li­ser le dé­faut de sa cui­rasse, c’est bien du ta­lon qu’il faut par­ler. Le poète et cri­tique an­glais Sa­muel Co­le­ridge se­rait, pa­raît-il, le pre­mier à l’avoir fait, en 1810, à pro­pos d’une Irlande qu’il consi­dé­rait comme le « ta­lon vul­né­rable de l’Achille

bri­tan­nique ». Le ten­don, pour sa part, est plu­tôt l’apa­nage des ana­to­mistes et de ceux qui en souffrent, qu’il s’en­flamme ou se rompe ! Mais qui n’a ja­mais hé­si­té au mo­ment d’uti­li­ser l’un ou l’autre de ces pa­ro­nymes ? L’iné­nar­rable Achille Ta­lon, peut-être, mais là, on n’est plus très loin du dé­lit d’ini­tié...

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.