À l’ami dis­pa­ru

L’écri­vain Bru­no Gi­bert re­vient ici sur les sou­ve­nirs des mo­ments com­plices et heu­reux qu’il a partagés avec l’ex­cen­trique Édouard Levé, par­ti trop tôt.

Lire - - LITTÉRATUR­E FRANÇAISE - A.F.

Le nou­veau livre de Bru­no Gi­bert est dé­dié « À la mé­moire de mon ami Édouard Levé ». Un ar­tiste et écri­vain ma­jeur qui s’est don­né la mort, en 2007, à 42 ans. Juste après avoir re­mis à son éditeur le ma­nus­crit d’un texte in­ti­tu­lé : Sui­cide… L’au­teur de Claude et de Réus­sir sa vie se sou­vient d’un per­son­nage pour le moins ex­cen­trique. Ren­con­tré à une soi­rée chez une connais­sance com­mune, Ed était d’as­cen­dance bour­geoise. Le na­tif de Neuilly-sur-Seine avait fait l’Es­sec mais ne tra­vaillait pas, pré­fé­rant fré­quen­ter les bi­blio­thèques et les mu­sées. Il dis­po­sait d’une mai­son de fa­mille dans la Creuse, jouait

plu­tôt bien au ping­pong, s’in­té­res­sait aux armes et ré­pé­tait qu’il ne croyait pas au sen­ti­ment amou­reux. « In­secte ex­pé­ri­men­tal et ré­jouis­sant », ra­din et en­clin à la din­gue­rie, Ed était du genre à ne ja­mais re­cu­ler, à al­ler jus­qu’au bout. « Nous étions hors de tout, nous vi­vions dans un temps sus­pen­du comme les ac­teurs d’un film sans nar­ra­tion », écrit Gi­bert. En évo­quant d’une plume te­nue l’époque où les deux com­pères n’ai­maient rien tant que faire mar­cher leur re­gard. Comme de vé­ri­tables « for­çats de l’oeil ». Des au­to­di­dactes tou­jours par­tant pour l’ex­pé­ri­men­ta­tion.

HHHII Les For­çats par Bru­no Gi­bert, 160 p., L’Oli­vier, 16 €

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