UNE BONNE COR­REC­TION

Vous avez pro­ba­ble­ment lu cet ex­trait de East Vil­lage Blues, de Chan­tal Tho­mas, dans le pré­cé­dent nu­mé­ro de Lire. Las ! de­puis lors, neuf co­quilles s’y sont glis­sées. Les re­pé­re­rez-vous sans coup fé­rir ?

Lire - - LANGUE FRANÇAISE / JEUX -

« En fait, c’est toute la ville – ses bars, ses ma­ga­sins, son mé­tro – qui est un hâvre pour les noc­tam­bulles. Elle réus­sit cet ex­ploit, elle réunit ces deux qua­li­tés nor­ma­le­ment sé­pa­rées : vous in­non­der chaque ma­tin de la clar­té d’un com­men­çe­ment, fré­mir d’une éner­gie diurne in­fa­ti­guable et ne ja­mais se cou­cher, pro­cu­rer aux in­som­niaques, à toutes heures de la nuit, le ré­con­fort d’une pré­sence réelle. La carte est la même. Ain­si que l’at­mo­sphère du lieu et sa dis­po­si­tion : il y a le cô­té bar et le cô­té tables. Les deux vous as­surent une égale solitude, qu’elle vous soie chère ou qu’elle vous en­robe d’une bar­rière aus­si in­vi­sible qu’in­fran­chis­sable, comme dans un ta­bleau d’Ed­ward Hop­per. J’ai une ten­dresse pour les di­ners, je suis triste de sa­voir que c’est une ca­té­go­rie d’éta­blis­se­ments, gé­né­ra­le­ment te­nus par des grecs, en voix de dis­pa­raître. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.