First Man de Da­mien Cha­zelle

Lire - - DE L’ÉCRIT À L’ÉCRAN - (En salles le 17 oc­tobre)

Il l’a fait ! Neil Arm­strong est en ef­fet le pre­mier homme à avoir mar­ché sur la Lune, le 20 juillet 1969. De quoi créer une lé­gende. Mais qui était vrai­ment cet Amé­ri­cain sou­dain de­ve­nu un hé­ros mon­dial ? C’est tout l’en­jeu de First Man, le der­nier long- mé­trage du pro­dige Da­mien Cha­zelle qui, après Whi­plash et La La Land, réus­sit une nou­velle prouesse ci­né­ma­to­gra­phique en dé­pas­sant le simple bio­pic bien exé­cu­té. En se ba­sant sur la bio­gra­phie au­to­ri­sée d’Arm­strong, si­gnée James R. Han­sen, le ci­néaste se concentre sur la di­men­sion humaine de l’in­di­vi­du, à ja­mais trau­ma­ti­sé par la mort de sa fille et qui, avec une obs­ti­na­tion sans faille, va cher­cher à conqué­rir la Lune. Comme s’il de­vait dé­fier

Dieu. Cette quête de l’in­at­tei­gnable semble être la pro­jec­tion du dé­fi im­pos­sible – pour­tant brillam­ment re­le­vé – du met­teur en scène à faire res­sen­tir phy­si­que­ment, jus­qu’au ma­laise, le voyage spa­tial au spec­ta­teur. On songe alors à Ku­brick, Spiel­berg – à The Tree of Life de Ma­lick, aus­si, dans les pas­sages fa­mi­liaux… L’ex­ploit ci­né­ma­to­gra­phique est donc au ren­dez-vous (la pho­to­gra­phie, le mon­tage et le tra­vail so­nore ont de quoi im­pres­sion­ner), mais Cha­zelle n’ou­blie ja­mais les en­jeux hu­mains (la sub­ti­li­té du jeu de Ryan Gos­ling n’y est pas pour rien). On par­don­ne­ra une mu­sique trop pré­sente et quelques scènes in­ti­mistes re­don­dantes pour mieux sa­luer First Man, ce grand pas pour le ci­né­ma…

Ryan Gos­ling dans le rôle de Neil Arm­strong.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.