LE MOT DU MOIS « ochlo­cra­tie »

Lire - - LANGUE FRANÇAISE / LEÇONS -

On peut dire que le Pe­tit La­rousse a eu le nez drô­le­ment creux en al­lant tout ré­cem­ment (il ne fi­gu­rait pas dans l’édi­tion 2017) ex­hu­mer ce vo­cable qui, de­puis belle lu­rette, sem­blait s’être ré­si­gné tant bien que mal à l’ano­ny­mat. Avant que le chef de l’État, rat­tra­pé par l’ac­tua­li­té que l’on sait, ne pro­fi­tât en ef­fet de ses voeux pour le sor­tir, fût-ce im­pli­ci­te­ment, de la naph­ta­line, le terme était ré­gu­liè­re­ment bou­dé par nos dic­tion­naires usuels. Il faut dire que nos im­mor­tels avaient mon­tré le mau­vais exemple, l’in­té­res­sé étant ap­pa­rem­ment sor­ti des radars de la Cou­pole

de­puis… près d’un siècle ! Il faut dire en­core que le­dit terme n’a pas grand-chose pour plaire et que plus pé­jo­ra­tif que lui, tu meurs dans d’atroces souf­frances : gou­ver­ne­ment par la foule, la po­pu­lace, voire la ca­naille (le grec okh­los est le pen­dant du la­tin vul­gus, dont il se­rait vain de rap­pe­ler la pos­té­ri­té… vul­gaire). On com­prend qu’un Em­ma­nuel Ma­cron, échau­dé par le par­ler-vrai, se soit bien gar­dé d’y faire nom­mé­ment ré­fé­rence dans son al­lo­cu­tion de la Saint-Syl­vestre, re­fi­lant de fait la pa­tate chaude aux ha­bi­tuels exé­gètes de la presse, les­quels, dans l’af­faire, ont moins à perdre que lui...

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.