LANGUE FRAN­ÇAISE

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Voi­là un mot dont on n’a ja­mais tant usé et abu­sé : dans les rangs du gou­ver­ne­ment no­tam­ment, la moindre grève sus­cite des consi­dé­ra­tions à n’en plus fi­nir sur le sort des in­for­tu­nés qui sont « pris en otages », qu’il soit ques­tion de voya­geurs blo­qués à la gare Mont­par­nasse, d’au­to­mo­bi­listes re­tar­dés par une opé­ra­tion es­car­got, ou en­core d’as­pi­rants ba­che­liers in­dû­ment pri­vés de leurs notes. Pas­sons sur l’exa­gé­ra­tion ma­ni­feste, bien com­pré­hen­sible dans un contexte pas­sion­nel, mais tou­jours mal­ve­nue et cri­ti­quée par qui­conque en­tend que soit res­pec­té le sens

des mots : qui ne se sou­vient que Fran­çois Fillon s’était vu ver­te­ment tan­cer pour avoir af­fir­mé qu’il n’était pas au­tiste ? Ce­la dit, l’éty­mo­lo­gie nous offre de l’otage ori­gi­nel une vi­sion moins noire : ne dé­rive-t-il pas du mot hôte ? Et pas n’im­porte le­quel, qui plus est, puis­qu’il s’agis­sait de l’en­voyé que lo­geait le mo­narque dans ses propres ap­par­te­ments pour s’as­su­rer de l’exé­cu­tion du trai­té que l’on venait tout juste de si­gner. Évi­dem­ment, ces condi­tions d’hé­ber­ge­ment se sont sin­gu­liè­re­ment dur­cies par la suite, au point de de­ve­nir celles que l’on sait, les­quelles n’ont plus grand-chose de royal !

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