OLI­VIER MAU­LIN LE RIEUR JAUNE

Lire - - EN COUVERTURE - L.-H.L.R.

L’au­teur de La fête est fi­nie et de Gueule de bois par­tage avec Houel­le­becq la vi­sion désa­bu­sée (et co­mique) d’une so­cié­té au bout du rou­leau. Un cou­si­nage qui ne date pas d’hier, Mau­lin l’ayant dé­cou­vert dès 1994 à la pa­ru­tion d’Ex­ten­sion du do­maine de la lutte, « ro­man hy­per contem­po­rain et très no­va­teur » qui lui avait fait « une très grande im­pres­sion ». Par ailleurs cri­tique littéraire, Mau­lin dé­crypte ain­si le phé­no­mène : « Son am­bi­guï­té, qui ex­plique en par­tie le for­mi­dable suc­cès de ses livres sui­vants, était tan­gible dès ce pre­mier ro­man, car deux lectures étaient pos­sibles : une lec­ture com­plai­sante, celle des In­ro­ckup­tibles,

par exemple, qui trou­vait à son uni­vers désen­chan­té un charme cré­pus­cu­laire, et une lec­ture cri­tique, qui es­ti­mait que l’écri­vain était au fond un mo­ra­liste et qu’il dé­non­çait un monde abhor­ré. Cette der­nière lec­ture a été la mienne dès le dé­but. J’ajoute qu’il est au­jourd’hui de plus en plus dif­fi­cile de lire Houel­le­becq comme un chro­ni­queur fes­tif du li­bé­ra­lisme et que la se­conde lec­ture est en train de s’im­po­ser chez ceux qui sont de bonne foi. » Que pen­ser de ses hé­ri­tiers ? « Il a in­con­tes­ta­ble­ment mar­qué une gé­né­ra­tion de ro­man­ciers, dont beau­coup, hé­las, n’ont conser­vé que le cy­nisme et le désen­chan­te­ment sans l’acui­té de son re­gard sin­gu­lier. Si une hi­ron­delle ne fait pas le prin­temps, une piz­za sur­ge­lée de­vant un por­no ne fait pas le Houel­le­becq. »

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