DANS LA BI­BLIO­THÈQUE DE...

TRÈS RE­MAR­QUÉE AU DER­NIER FES­TI­VAL DE CANNES AVEC LA FEMME DE MON FRÈRE*, SON ÉNER­GIQUE PRE­MIER LONG-MÉ­TRAGE EN TANT QUE RÉA­LI­SA­TRICE, LA CO­MÉ­DIENNE QUÉ­BÉ­COISE PAR­TAGE CE MOIS-CI AVEC GRÉ­GO­RY GA­DE­BOIS L’AF­FICHE DE L’ADAP­TA­TION CI­NÉ­MA­TO­GRA­PHIQUE DE PAUVRE

Lire - - CONTENTS - Mo­nia Cho­kri

« Quand j’étais pe­tite, ma mère m’avait abon­née non pas à Lire mais à J’aime lire. C’est par ce men­suel que j’ai dé­ve­lop­pé le goût de la lec­ture. Avec, tou­jours à la fin, la ré­com­pense Tom Tom et Na­na ! Mais le livre dans le­quel, jeune, j’ai spé­cia­le­ment ai­mé me plon­ger – et que l’on aime par­ti­cu­liè­re­ment étu­dier à l’école (au col­lège, ou au ly­cée…) –, c’était La Peste d’Al­bert Camus. Ce ro­man m’a ob­sé­dée. Pour une rai­son qui m’échappe au­jourd’hui, si ce n’est que c’est as­su­ré­ment un chef-d’oeuvre. Je l’ai lu quatre fois du­rant mon ado­les­cence et ai réa­li­sé deux tra­vaux dessus – en­fin, j’avais choi­si ce même livre à deux re­prises… »

« Par­mi mes re­gistres lit­té­raires pré­fé­rés, il y a for­cé­ment la poé­sie, à la­quelle j’ai été sen­sible très tôt. Les poètes sont en ef­fet les pre­miers à avoir tou­ché en moi la fibre de l’écri­ture. Sans mar­quer de pré­fé­rence – à quoi bon ? –, je ci­te­rais Apol­li­naire, Pes­soa, Pré­vert, Ne­ru­da, Mi­chaux, Mi­ron, Éluard, Nel­li­gan, Ara­gon, Rim­baud. Et puis Mar­gue­rite Du­ras, tou­jours. Ab­so­lu­ment. » « Il y a in­va­ria­ble­ment des ou­vrages dont on se dit qu’ils fe­raient des films for­mi­dables. Par­mi ceux-ci, il y en a un que j’au­rais par­ti­cu­liè­re­ment ai­mé por­ter à l’écran, même s’il n’est pas for­cé­ment très connu. Il s’agit de L’In­ven­tion de la mort d’Hu­bert Aquin. Ce livre, au pro­pos ré­so­lu­ment mo­derne pour l’époque où il a été écrit – 1959 –, n’a été dé­cou­vert que dans les an­nées 1990. Les pre­mières phrases des ro­mans d’Aquin sont tou­jours d’une beau­té vio­lente. Le livre ici com­mence par : “Tout est fi­ni.” Quel dé­but par­fait ! » « On peut à la fois re­con­naître qu’un livre est un chef-d’oeuvre et avouer qu’il ne vous touche pas du tout. Dans mon cas, je dois confes­ser que j’ai trou­vé ab­so­lu­ment ma­gni­fique les

Mé­moires d’Hadrien de Mar­gue­rite Your­ce­nar, mais la lec­ture de cet ou­vrage m’a été fort pé­nible [rires]. C’est sans doute moins aca­dé­mique, mais j’adore les BD d’Édi­ka [albums que l’on voit d’ailleurs dans La Femme de mon frère] et les tri­bu­la­tions du malheureux Jean-Claude Ter­gal de Tron­chet. Et j’aime beau­coup tout ce que des­sine Riad Sat­touf. »

« Les livres sont éga­le­ment une af­faire de ca­deaux. Ain­si, tous les hommes dont j’ai été amou­reuse ont re­çu L’Homme ra­paillé du poète qué­bé­cois Gas­ton

Mi­ron. Mais on peut aus­si pen­ser à soi et, ré­cem­ment, j’ai beau­coup ap­pré­cié L’Évan­gile se­lon You­ri de To­bie Na­than et, dans un re­gistre com­plè­te­ment dif­fé­rent, Rup­ture(s), un essai pas­sion­nant de la philosophe Claire Ma­rin. »

* La Femme de mon frère de Mo­nia Cho­kri (en salles) ** Pauvre Georges ! de Claire De­vers (en salles le 10 juillet)

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